LES ÉTATS DE LA PETITE- ALLEMAGNE
A côlé de la monarchie autrichienne, qui pendant des siècles a exercé l'inlluence prépondérante en Allemagne, et de la monarchie prussienne, qui s'en est emparée de nos jours, il subsiste sur le sol allemand un certain nombre d'états secondaires d'importance fort diverse, qu'on peut réunir sous le nom commun de Petite-Allemagne. Au temps du saint-empire, c'est-à-dire il y a moins d'un siècle, on les comptait par centaines; la suppression complète des principautés ecclésiastiques et des territoires de la noblesse d'empire, la médiatisation d'un grand nombre de principautés laïques et de presque toutes les villes libres, successivement opérées par la République française, par Napoléon I" et par la coalition victorieuse du protecteur de la Confédération du Rhin, en avait réduit le chiffre au-dessous de quarante à l'époque de la constitution de la Confédération germanique; ce nombre a encore été diminué depuis, soit par l'extinction et l'abdication de plusieurs dynasties princières, soit par l'annexion à la Prusse de quelques-uns des Etats allemands. Ce nonobstant, l'Allemagne continue à présenter à elle seule
une quantité plus considérable d'Etats réputés souverains que tout le reste de l'Europe ensemble; il est vrai que la plupart d'entre eux n'occupent qu'une place imperceptible sur la carte de notre continent, et que même les plus considérables ont cessé de jouer un rôle indépendant dans la politique européenne. Nous allons dans les pages suivantes résumer succinctement riiistoire territoriale de chacun des États de la Petite-AUemag-ne, tant de ceux qui pour le moment ont réussi à sauver l'apparence du moins de leur autonomie, que de ceux qui en 1866 ont été absorbés par la Prusse; mais auparavant nous ferons quelques observations générales sur leur nomenclature et leur importance respective, sur leur répartition géographique et leur groupement naturel : toutes ces questions ont leur intérêt propre, et de plus leur examen expliquera du coup la méthode que nous avons cru devoir suivre dans cette partie de notre travail.
Il y a aujourdliui dans l'Europe centrale, en dehors de la Prusse et de l'Autriche, de la Suisse, des Pays-Bas et de la Belgique, vingt-six États, tous de nationalité germanique, et qui tous aussi, à l'exception du Luxembourg et de Liechtenstein, font partie de l'Empire allemand. Ce sont, par ordre hiérarchique, les trois royaumes de Bavière, de Saxe et de Wurtemberg, les sept grands-duchés de Bade, de Hesse- Darmstadt, de Mecklembourg-Schwérin, de Saxe-Weimar, de Mecklembourg-Strélitz, d'Oldenbourg et de Luxembourg, les cinq duchés de Brunswick, de Saxe-Meiningen, de Saxe- Altenbourg, de Saxe-Cobourg et d'Anhalt, les huit principautés de Schwarzbourg-Sondershausen, de Schwarzbourg- Rudolstadt, de Waldeck, de Reuss-Greiz, de Reuss-Schleiz, de Schaumbourg-Lippe, de Lippe-Detmold et de Liechtenstein, et enfin les trois villes libres de Lubeck, de Brème et de Hambourg.
Les titres différents attribués aux vingt-trois Etals monarchiques correspondent assez exactement à leur importance respective, sauf en ce qui concerne les grands-duchés, dont quelques-uns ne doivent ce titre supérieur qu'aux relations