‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 45 sur 168 · LES ÉTATS SECONDAIRES ALLEMANDS · texte numérisé non relu

LES ÉTATS SECONDAIRES ALLEMANDS

de famille de leurs souverains. Les royaumes ont quelques millions d'habitants chacun (Bavière cinq et demi, Saxe trois et demi, Wurtemberg- deux), les duchés se tiennent entre 404 000 âmes (Brunswick) et 171000 (Saxe-AUenbourg), les principautés entre 128 000 (Lippe-Detmold)et 39 000 (Schaumbourg--Lippe) ; mais, parmi les grands-duchés, si Bade avec un million deux tiers d'habitants se rapproche fort du dernier royaume, si Hesse-Darmstadt et Mecklembourg-Schwérin ont l'un près d'un million, l'autre près de 600 000 âmes, Oldenbourg-, Saxe-Weimar et Luxembourg- sont moins peuplés que certains duchés et Mecklembourg--Strélitz est même dépassé comme population par deux principautés. Quant aux villes libres, Hambourg- peut se classer avec les grandsduchés moyens, Brème avec les derniers duchés et Lubeck avec les principautés.

Géog-raphiquement, les Etats secondaires allemands sont fort inégalement répartis entre les différentes régions du pays. Tandis qu'autrefois, à l'époque du saint-empire, les contrées parcellaires par excellence du royaume de Germanie étaient celles du Rhin et de la Souabe, c'est dans la partie centrale de l'Allemagne, et plus spécialement aux environs de la Forêt de Thuringe et du Harz, que le vieux morcellement féodal a laissé les traces les plus profondes jusqu'à la fin du xix*^ siècle. Il n'y a que quatre Etats méridionaux, Bavière, Wurtemberg-, Bade et Liechtenstein; au nord, depuis que le Hanovre et le Holstein-Lauenbourg- ont été annexés par la Prusse, on n'en compte plus que six, Oldenbourg-, Brème, Hambourg-, Lubeck, Mecklembourg- Schwérin et Mecklembourg--Strélitz ; l'Allemagne centrale au contraire fournit encore un contingent de seize souverains, même après la disparition des États autonomes de Nassau, Francfort, Hesse-Cassel : ce sont les grands-ducs de Luxembourg et de Hesse-Darmstadt, les princes de Waldeck, de Lippe-Detmold et de Scbaumbourg-Lippe, les ducs de Brunswick et d'Anhalt, les princes de Schwarzbourg-Sondershausen et de Schwarzbourg-Rudolstadt, de Reuss-Greiz et

de Reuss-Sclileiz, les trois ducs saxons de Meiningen, de Cobourg- et d'Altenbourg, le grand-duc de Saxe-Wcimar, et enfin le roi de Saxe. Encore faut-il se hâter d'ajouter que la longue nomenclature qui précède est loin de donner une idée complète du morcellement inouï de certains cantons de TAllemagne centrale, du pays thuring-iên par exemple. Quelque petits qu'en soient comme superficie totale les duchés et les principautés, ils se composent presque tous de territoires non contig-us, qui se coupent les uns les autres de la façon la plus bizarre, tout en s'enchevètrant de tous côtés avec les pays prussiens. Ce sing-ulier lotissement, qui il y a cent ans était le régime territorial de l'Allemagne entière, s'explique par deux raisons historiques : la formation parcellaire des Etats et les partages de famille des dynasties. Les patrimoines respectifs des maisons souveraines se sont constitués par une série de petits héritages, de petits achats, de petites usurpations, portant sur des territoires isolés; et, d'autre part, ce n'est qu'à une époque assez rapprochée de nous que le droit d'aînesse a prévalu : or la jalousie naturelle entre cohéritiers faisait que le partage portait le plus souvent sur toutes les portions constitutives de l'héritage.

L'origine dynastique et le développement historique des différents Etals secondaires allemands permettent, de concert avec leur situation géographique, de les réunir en un certain nombre de groupes naturels; nous en avons établi six, entre lesquels nous répartirons non seulement les vingt-six Etats encore existants, mais aussi les territoires que la grande crise de l'année 1866 a engloutis dans l'unité de la monarchie prussienne. Ceux-ci en elTet, par cela même qu'ils ont continué leur existence autonome jusqu'à une époque fort rapprochée de nous, méritent une attention plus spéciale que les petits Etats disparus de la carte depuis longtemps; et surtout ils font presque tous, au point de vue dynastique et historique, corps avec les Etats encore existants : l'histoire territoriale du Brunswick ou de Hesse- Darmstadt par exemple ne saurait se séparer de celle du

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