‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 22 sur 134 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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Tandis quW la partie méridionale de TEurope du contre correspond le vaste massif des Alpes et que sa ré^^iun moyeane est parcourue par une multitude de chaînes et de massifs secondaires, sa zone septentrionale ne forme qu'une seule et même dépression le long des deux mers intérieures qui la séparent de TEurope du Nord. Cette grande plaine de k basse Allemagne n*a pas de limites naturelles dans le sens de la longueur, car à Test elle se perd dans la plaine russe et elle se soude à Tuuest à la dépression océanique de la France; mais en l'arrêtant aux frontières poliliques des deux régions voisines, France et Russie, on peut lui attribuer un développement longitudinal de 1 300 kilomètres environ. Quant à sa largeur, elle est extrêmement variable, selon que les montagnes qui la bordent au sud se rapprochent plus ou moins des mers septentrionales; normalement elle devient plus étroite à mesure qu*on avance du levant vers le couchant, et tandis que la distance de la Baltique aux Karpathcs et aux Sudètes est de 600 et de i'io kilomètres, les monts du Weser et les Ardennes ne sont qu'à 150 kilomètres de la mer du Nord; mais les avances et les retraits des massifs alleiiiands motivent de nombreuses ejLceplions à la règle générale : les

lOS GÉOGRAPHIE PHYSIQUE DE L'EUROPE CENTRALE.

deux grands golfes de plaine de la Weslphalîe et du bas Rhin par excniplo, ijui s'inU*rcaleiit entre les monts du Weser et les Ardeniies, lui donnent de nouveau une largeur de près de 300 kilomètres. Dans l(»ute son étendue, la dépression de rAUemagne du >îord représente uq ancien fond de mer, où prédominent, disposés en profondes couches horizontales, le sable, le gravier, Fargiie et la marne, mais où Ton rencontre aossi de fertiles couches d'humus; les plaines sablonneuses, les landes, les marais, les tourbières y abondent, entremêlés, surtout au pied des montagnes méridionales et le long des fleuves, de riches terres de culture qu'on appelle des ifartchen\ de nombreux blocs erratiques, utilisés dès les temps païens pour des aut<'ls et des tombeaux, y ont été transporlés depuis la Scandinavie aux époques antérieures du globe. Son relief total a naturellement un caractère extrêmenjent uniforme cl monotone; elle n'est pas, il est vrai, absolument horizontale et renferme des collines et des plaleaux^quî s'élèvent exceptionnellement jusqu'au delà de 300 mètres; mais ces ondulations du terrain sont de trop peu d'importance pour en accidenter Taspect d'une façon notable, tout comme elles n'ont pu exercer aucune influence sérieuse sur le climat, la culture et la civilisation de la région.

La grande plaine de la basse Allemagne peut se diviser, au point de vue à la fois de la géographie physique ot de rhistoire, en trois sections, aux(jueilcs les vallées de l'Elbe et du Rhin servent de lignes de démarcation plus ou moins exactes. A l'orient s'étend la plaine wende, qui au moyen Age était habitée exclusivement par la race slave, mais dont une bonne partie a été occupée depuis lors par des envahisseurs germaniques; au centre, la plaine saxonne ou, pour mieux dire, la plaine de la basse Saxe, appartient sans partage à la race tudesque; à l'occident enfin, la plaine des Pays-Bas, que dès les temps les plus reculés se disputaient les Gaulois et les Germains, reste partagée entre leurs descendants respectifs.

La plaine orientale ou wende, la plus considérable des trois

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