‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 24 sur 134 · GRANDE PLAINE DE LA BASSE ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

GRANDE PLAINE DE LA BASSE ALLEMAGNE

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le sable n'y est à nu; il se cache sous des forèls et des brayères» ou encore sous do pauvres champs et de maigres prairies, où butinent les abeilles et où se nourrissent misérablement les moutons de la lande, les légendaires haidschnuken, dont la laine grossière a pu être prise, dit-on, pour du poil de chien. L*autre phénomène caractéristique de la plaine saxonne sont ses immenses tourbières, qui couvrent une partie notabli* du pays compris cuire 1l' has W'eser et le Zuiderzée, et dont la plus côlôhre est le Bourlanirer-Moor sur la frontière du Hanovre et de la Hollande. Elles sont nées de la difficulté de Técoulement des eaux dans une plaine à peu près horizontale et présentent un spectacle unique en son genre par leur extension continue sur des centaines de kilomètres carrés, où, comme en pleine mer, rien ne vient interrompre la régularité parfaite d'un horizon circulaire. Pour y gagner des champs à la culture, le moyen le plus simple et le plus économique, analogue à celui qu'on emploie dans la forêt vierij^e, est de mettre le feu ; mais alors s'élèvent au-dessus de la tourbière en combustion des nuai^es de fumée nauséabonde, qui se propagent au loin en empestant L'air et qui, dans certaines conditions atmosphériques, sont capables de cacher le soleil à toute T Allemagne septentrionale. A côté -des landes et des tourbières, il y a naturellement aussi dans la section centrale de la basse Allemagne des cantons plus favorisés, dont quelques-uns sont à la fois plus fertiles, plus boisés et plus ondulés; tels sont [»rincî paiement les deux grands golfes de Munster et de Cologne, p,ir les(juels la plaine du nord j>énètre profondément dans l'AUenuigne nionliieuse. Mais, quelle que soit La nature parlicuLière du sol, la physionomie générale de la population n'en est que peu affectée; comme leurs voisins hessoiset frisons, les bas Saxons, dignes héritiers des vaillants adversaires de Gharlemagne et des franes-juges des tribunaux véhmiques, ont opiniAtrément maintenu leur caractère provincial et résisté de leur mieux aux influences extérieures; essentiellement conservateurs et doués d'un ilegine remarquable, ils ont le goût inné du droit,

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l'esprit ironique, la veine peu poétique, le tempérament réactionnaire et parlicularisle. Leurs villes oui presque toutes conservé un cachet antique, que dans l'Allemagne méridionale on ne retrouve guère qu'à Nuremberg et à Ualisbonne ; mais c*esl dans les campagnes surtout que les vieilles traditions se sont Iransmiscs patriarcalement de génération en génération. Comme au temps de Tacite, la ferme westpha- Tienne s*élève isolée au milieu des champs et des prairies qui en dépendent; elle passe à un seul des enfants, tantôt à Talné, tantôt au plus jeune, en vertu du dicton juridique que le paysan n*a qu'un enfant légitime et que tous les autres sonl dos l);\tards; néanmoins sa prospérité est l'unique ambition (le la famille entière, et toute autre considération est subditionnée à cet intérêt majeur : on juète bien à un paysan westplialien, qui sur son lit de mort songeait à restituer une prairie acquise par un parjure, cette réponse caractéristique ' aux remontrances de son fils, comme quoi elle était indispensable à la bonne exploitation de la ferme : « Ëh bien, garde-la; mon âme immortelle s*en tirera comme elle pourra! »

La plaine occidentale ou des Pays-Bas est, parmi les trois sections de la basse Allemagne, la moins considérable comme étendue et la moins accidentée comme relief; en revanche, elle est la plus uniformément fertile. Depuis le riebe pays de Colo^rne et de Juliers, à travers le Brabant et la Flandre, et jusqu'aux collines de la Picardie, se continue une seule et même [daine, alisolumenl unie, sans ombre d'élévations d'à u cune sorte, et qui ne doit quelque variété qu'aux créations de rbomme, villes et villages, bouquets d'arbres et haies, routes et canaux, ces derniers le plus souvent sans écluses sur un sol horizontal; mais ces campagnes monotones sont aussi plantureuses que peu poétiques ; elles nourrissent une population extrêmement dense, qui, aux prodoits de Tagriculture, ajoute de vieille date les bénéfices de Tindustrie et du commerce. La Belgique est le pays classique des cités municipales; sur sou sol uni, où les champs de bataille sont aussi nombreux que dans la plaine lombarde, a été tracé le pre-

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