EXTRÉMITÉ SEPTENTRIONALE DE LA MER ADRIATIQUE
mier jjrand réseau de chemins de fer du continent européen.
En général, l'absence d'obstacles naturels et, par suite, la facilité des communications sont des caractères dislinclifs de la grande dépression du nord tout entière, et ils ont exercé une influence notable sur la marche de son histoire. La navigation fluviale n'y est nulle part interrompue par des rapides; les différents bassins, à peine séparés les uns des autres par des dos de pays imperceptibles, formaient, même avant une canalisation en partie fort ancienne, une chaîne presque non interrompue de voies aquatiq^ues depuis l'Kscaut jusqu'au Niémen. De là les grands mouvements d'armées, de populations riilières, d'un bout à l'autre de la basse Allema^^no; de là le flux et le reflux de la conquête slave et de la conquête germanique; de là surtout l'ex tension progressive de la monarchie prussienne pendant les derniers siècles. Comme centre et comme point de départ, elle a eu le Brandebourg, c'est-à-dire une contrée située presque au milieu de la plaine du nord, entre TËlbe et TOder, et dépourvue également de châteaux de montagnes et de villes importantes; la Prusse ducale et le pays de Glèves lui ont donné, il y a trois cents ans bientôt, sur le Prégel et sur le Rhin, ses bornes extrêmes à Test et à l'ouest; puis une série non interrompue d'acquisitions a successivement comblé les lacunes entre ces possessions éi)arses, et a réuni sous le sceptre des HohenzoUern à la fois la plaine, tant wende que saxonne, et les avenues de rAUemagnc montueuse qui débouchent sur la dépression septentrionale.
Le tableau que nous venons de tracer de la zone basse de TEurope centrale serait incomplet si nous n*y ajoutions une esquisse des deux mers intérieures qui la baignent au nord,
en la séparant de la Scandinavie et de la Grande-Bretagne; mais, avant de parler de leur conliguraiion géographique, de la nature de leurs cAtos, des traits distinctifs de leur population maritime, autant d'éléments indispensables d'une description raisonnée de la plaine de la basse Allemagne, nous T. I. 8
lU GÉOGRAPHIE PiiYSlQLE DE L EUUUPE CENTRALE.
intercalerons ici quelques mots sur une troisième mer qui, bien qu*elle appartienne en propre à FEurope méridionale, n*e8t pas complètement étrangère à l'Europe du centre. La
mer Adriatique, (jui s'interpose dans toute sa longueur entre la péninsule des Apennins et celle des Balkhans, pénètre en eiïct par son extrémité septentrionale jusqu'au pied des Alpes iUyriennes, où les deux golfes de Trieste cl de Ciuarnero découpent la prcsqu*ile dlslrie, et. ce fond de mer est comme une région neutre, où se rencontrent la plaine vénitienne, qui continue la grande dépression italienne du Pô, la formation des lies dalmates, qui, géographiquement, fait partie de la péninsule gréco-turque, et les pentes méridionales des Alpes de T Autriche, que nous pouvons attribuer à l'Europe centrale. Aussi, bien que le pays soit, au point de vue elhnogra})hique, slave ou italien, il esl, en partie du moins, rattaché politiquement depuis de longs siècles à la monarchie des Habsbourg, dont Trieste est le port de beaucoup le plus important. Cette ville, dont l'excellent port est surplombé par le plateau calcaire du Karst, a pris de nos jours un essor commercial qui rappelle les beaux temps de' Venise : sa flotte à vapeur, rivale de celle de Marseille, couvre l'Adriatique et la Méditerranée orientale, et pénètre, par le canal de Suez, dans l'océan Indien; et le chemin de fer qui l'unit k Vienne a réalisé, en une certaine mesure, la vieille fable géographique d'un embranchement méridional du Danube aboutissant au fond de la mer Adriatique.
Sans être, tant s*en faut, exclusivement allemandes, la mer Baltique et la mer du Nord, auxquelles nous revenons après cette digression, le sont du moins sur toute Tétendue de leurs rives méridionales, et, à ce titre, nous avons à les
examiner »le plus près.
La première des deux, la mer Suève des anciens, la mer Orientale des Alkmuntls et des Suédois, apparaît pour la première fois au xi" siècle, dans la chronique hambourgeoise d'Adam de Brème, sous le nom habituel pour nous de mer