CHAPITRE I
LA OBNKAIIIB ET LES BÊSIONB ▲▼OlfllMAMTBS A L'ÈPOaUB BOKAIMB
L'Europe centrale est aujourd'hui occupée en majeure partie par la race g^ermanique; il en était déjà de même à
Tépoque où les Romains y firent luire, pour la première fois, le grand jour de l'histoire, en portant leurs armes victorieuses dans les régions situées au delà des Alpes. Les Germains iTen ont pas cependant été les premiers habitants; ils y ont été précédés par les Celtes, qui eux-mêmes avaient pris la place d'autres populations, plus anciennes encore ; mais ce que l'on peut aftirmer avec quelque certitude des établisse ments des uns et des autres dans les contrées centrales de TEurope se réduit à fort peu de chose. On ne connaît que par leurs tombeaux, et peut-être par leurs habitations lacustres, les précurseurs des Celtes, que Térudition moderne préten d rattacher à la souche finnoise; quant aux Celtes eux-mêmes, leur séjour dans l'Europe du centre est établi tant par les témoignages des auteurs grecs et latins, que par les noms T. I. 14
d'un certain nombre de montagnes et de ileuves ernprunlés à leur idiome; mais leurs pérégrinations, leurs luUesavec les Germains, qui, sortis comme eux de la souche aryenoc, les ont refoulés vers le couchant, restent couvertes d*un voile épais. Toutefois de vieilles traditions, corroborées par quelques faits à peu près constants, paraissent prouver que, dans les cinq ou six siècles <]ui précédèrent la naissance du Christ, il y eut, le lon^ du Danube surtout, comme un flux et reflux des populations celtiques et germaniques, et nous pouvons inférer des récits des historiens de l'invasion cimbrique, mieux encore de ceux de César, qu'au premit r siècle avant notre ère la race celtique avait presque entièrement été rejetée par la race rivale au delà du Rhin et du Danube. Si certaines de ses tribus se maintenaient encore à cette époque au centre de notre continent, comme par exemple les Bolens en Bohème, d*autre part les Germains avaient dès lors commencé à s*étabKr sur la rive gauche du Rhin : les Belges, que César nous dépeint comme des Germains émigrés, étaient pour le moins des (iaulois à demi germanisés; les Vangions, les Némètes et les Triboques, qui à ce moment même francInssai<Mil le moyeu Kbiu, élaieul des peuplades de pur sang germanique.
La conquête de la Gaule transalpine par César entraîna à sa suiterenvahissement par les années romaines de TËurope centrale aussi. 11 se fit à la fois par Touest et par le sud, et eut pour résultat Tincorporation à Fempire romain d*un certain nombre de provinces voisines du Rhin et des Alpes. César luimême, non content de subjuguer avec le reste de la Gaule les populations germaniques établies en de(;à du Uhin, alla punir les (lermains d'outre-lUiin de la tentative prématurée qu'avait faite le Suève Ariovisle de conquérir la vallée de la Saône, en franchissant à deux reprises (55 , o3 avant Jésus-Christ) le fleuve au milieu de son cours, et on faisant affronter à ses légionnaires les horreurs de la forêt hercynienne. Sous Auguste, Tibère et Drusus achevèrent (16 k 42 avant Jésus-Christ) la conquête précédemment ébauchée des pays compris entre les