LIVRE
GUAPITRË I
GARAGTÉIIBB OÊNËRAUX DS XJk. OÊOORAPBIB PHTBIClUE BB Ii*EUXiOPB ET BPJÊCSIALBIIEMT DB L'£0ROPB CEMTBAUB
L'Ëurope, doot les dix millions de kilomëlres carrés ne représentent pas même la treizième partie de la superficie totale, des terres de notre planète, n*est^ère par ses dimensions qu*une grande péninsule de TAsie, qu'elle prolonge au nord-ouest de Tancien monde. Historiquement elle n'en est pas moins un continent particulier, et même le continent principal; car depuis de lonj^s siècles elle est le CL'utrc réel du monde, la métropole du genre liuniain et le sol classique de la civilisation. Ce rôle privilégié, elle le doit, pour une part notable, à ses conditions géographiques, à sa position moyenne presque à égale distance de l'équateur et du pôle, T. I. i
à sa situalion intermédiaire entre les continents et les océans qui se partagent la surface du globe, et surtout à la variété infinie de sa structure horizontale et verticale, qui en fait le chef-d*œuvre artistique de la création.
Comprise presque entièrement dans la zone tempérée, elle ne connaît pas les contrastes absolus do climats, de flore et tic fauno naturels aux continents qui sï tendenl de la zone glaciale à la zone lorride. Conligui' à l'Asie, regardant face à face l'Afrique et l'Aniériquc, elle est au centre des masses continentales; éloignée du Grand Océan austral qui est le seul vrai océan, infini et sans bords, mais baignée par Tocéan Atlantique septentrional, dont les progrès de la navigation ont fait comme une autre Méditerranée du monde civilisé, elle n'est affectée oi de surabondance ni de pauvreté océaniques. Grâce à ce juste équilibre des terres et des mers qui l'entourent, son atmosphère lient heureusement le milieu entre 1 liuinide atmosphère maritime de I Allantiijue et la sèche atmosphère contineiilule de l'Asie. Ses découpures multiples, ses contours extrêmement tourmentés, sa membrure déliée et cependant rattachée à un torse solide, en font un corps savamment articulé, ionl les régions à la fois autonomes et solidaires ne se perdent pas dans une masse compacte, comme c'est le cas pour la plupart des autres continents, et ne se dispersent pas non plus en éclats isolés, à l'instar du monde insulaire océanien. Enfin Télonnant enchevôlrcment de ses iiuissifs, de ses phitoaux, (h^ ses terrasses et de ses plaines, où rien ne rappelle ni le boulevard de {daleaux qui en Asie s'interpose entre les régions maritimes, ni la muraille non interrompue de montagnes qui partage l'Âmérique en deux moitiés sévèrement tranchées, où au contraire les soulèvements et les dépressions se touchent et se combinent de la façon la plus diverse, laisse un libre jeu au développement individuel des différentes contrées, en même temps que l'abondance relativement extraordinaire de ses systèmes Hiiviaux, moins gigantesques qu'ailleurs mais plus inlimeuienl liés entre eux, facilite les