CONDITIONS GEOGRAPHIQUES GÉNÉRALES DE L'EUROPE
communications, que ne viennent entraver nulle part des déserts ou des forêts vierges rebelles à toute culture.
Parmi ces caractères dislinclifs de l'Europe, dont le merveilleux ensemble lui assure une incontestable supériorité géographique sur les autres continents, il en est deux (pii ont le plus contribué à lui permettre de se civiliser elle-même dans des proportions excepLiouneilcs et de porter son influence civilisatrice à travers le monde entier dans des proportions non moins considérables : c'est d'un côté la diversité et la richesse de son relief, de Fautre Theureuse irrégularité de ses contours et Tampleur du développement côtier qui en est le résultat naturel.
Pour parler d'abord des formes horizontales, il est impossible d(î regarder une carte d'Europe sans ôlre immédiatement fra[>pé des échancrures profondes que creusent, dans l'intérieur du continent, des mers nombreuses et étendues, les unes assez fermées pour ressembler à des lacs salés, les antres plus largement ouvertes aux eaux libres de Tocéan; puis un examen plus attentif de ces mers intérieures ne tarde pas à prouver qu*une loi constante a présidé & leur disposition respective : tandis que les golfes de la Méditerranée, mer d'Azof, golfe d'Odessa, mer Adriatique, golfe de Gi^nes, golfe du Lion, entament à peu près également la masse solide du continent et trouvent leur terminaison intérieure sinon sous le môme parallèle, du moins sous des parallèles fort rapprochés, ceux qui appartiennent à l'océan Glacial et à l'océan Atlantique, mer Blanche, mer Baltique, mer du Nord, golfe de Gascogne, s'avancent progressivement à des profondeurs plus grandes dans Tintérieur des terres, de façon à se rapprocher de plus en plus des échancrures correspondantes de la série méditerranéenne. De ces deux faits, le premier, qui est le plus apparent et le plus habituellement relevé, explique comment le développement côtier de la petite Europe est hors de toute proportion avec sa masse continentale; le second donne la clef de l'efOlement croissant de notre continent à mesure qu'on s'avance des frontières de TAsie vers
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l'oxlrémitr sud-ouest de la péninsule espairnoîe. Mais colle richesse en côt«*s et rd amincissement progressif comptent au premier rang parmi les avantages caractéristiques de l'Europe, el ils ont également contribué à ce que chacune de ses parties aliquotes pesât d'un poids bien plus lourd dans la balance des destinées humaines qu*une étendue pareille de tel autre continent.
Les 33000 kilomètres de côtes du continent européen, auxquels viennent s*ajouter H 000 kilomètres de côtes insa> laires, invitaient il aulanl plus impérieusement à la navigation, au commerce, à la colonisation, (jue presque j)arlout elles se présentent dans les conditions les plus favorables; au nord aeuletucnl elles sont de nature inhospitalière el sans côtes opposées ; k Touest et au sud au contraire, c*cst-à-dire sur la périphérie presque complète du continent, elles pouvaient devenir et elles sont devenues de puissants véhicules de civilisation. Les côtes méridionales, patrie des peuples maritimes de Tantiquité et du moyen âge, Grecs, Italiens, Provençaux et Catalans, compensent l'absence de marée par le rapprochement de la c6te opj)osée: les côtes occidentales, plus riches en ports, favorisées par la marée, tournées vers le Nouveau-Monde, ont provoqué l'essor des grandes nations maritimes des temps modernes, Scandinaves, llanséalcs, Hollandais, Français, Espagnols, Portugais et Anglais.
Quant à la transition graduée qui de la masse orientale de TEurope 8*opèrc vers sa pointe occidentale par une série successive d'échelons (on mesure 2 700 kilomètres du cap Nord de l'Oural à Astracan , i 800 de Riga à Constantinople , i 100 de Stettin à Trieste, 900 de Calais h Toulon), c'est elle qui donne h notre continent sa physionomie superlicielle, aussi massive à l'est (|ue déli<'>e au couchant. On peut à. volonté opposer au grand rectangle russe, qu'échancrent à peine la mer lilanche et le golfe de Finlande et qu'enrichit la seule Crimée, les nombreuses articulations de l'Europe occidentale, de tous côtés entrecoupées par les mers et rattachées entre elles par un tronc continental de plus en plus