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LES ROYAUMES ANNEXES ET LA COURONNE IMPÉRIALE

En effet, les deux royaumes annexes d'Arles et dltalie furent, à partir de ce moment, séparés de fait de la Germanie et finirent par être désignés, même dans le langage officiel, comme des épaves de Tempiro, avulsa ref/iii; le tîlre impérial,

maintenu à l'Alleniag^no, ne servit plus qu'à hi moltre dans une dépendance plus directe de la vuno romaine.

Le royaume d'Arles, de tout lemi)-^ assez fail)Iemenl rattaché au reste de l'empire, lui devint de plus en plus étranger depuis la fin du xui* siècle, bien que l'empereur Charles IV y ait encore une fois été couronné en 13G5 par l'archevêque d'Arles, au retour de son entrevue d'Avignon avec le pape Urbain V; la vallée inférieure du Rh6ne passa, province par province, aux rois de France; dans la moitié septentrionale du royaume, où jusqu'aujourd'hui le peuple appelle la rive gauche de la SaÂne terre ^empire et la rive droite terre du roi, on n'ouhlia pruère moins complètement les anciennes relations d'ohédienecN tout en ne les rompant que bien plus tard ou en les laissant même subsister en apparence jusqu'au bout : la Suisse occidentale et la Franche-Comté n'ont été déOnitivement séparées de l'empire qu'au xvn° siècle; les noms des archevêques de Besançon et des ducs de Savoie figuraient, il y a un siècle encore, sur la liste officielle des princes ayant siège et voix à la diète ; les comtes de Montbéliard et les évêques de B&le ont même réellement hii partie du corps germanique jusqu*à la Révolution française.

Les choses se pass»«rent presque de même pour l'Italie. Abandonnée à elle-même pendant plus d'un demi-siècle par les successeurs immédiats des Hohenslaufen, (pii la comparaient, non sans raison, à la caverne du lion devant laquelle on voit les pas de ceux qui y entrent, non les traces de ceux qui en sortent, elle fut pour la dernière fois sérieusement revendiquée par Henri Vil, le fondateur de la maison impériale de Luxembourg, qui alla y chercher la mort (1313), comme tant d*autres rois de Germanie avant lui; depuis son expédition romaine il n'y eut plus que des simulacres d'expé-

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(lilions et des couronnements «le par;id<\ du moins jusqu'à l'époque de Charles-Quint, et, de même que les Etats du pape, les républiques muoicipalcs et les seigneuries de ritalie septentrionale acquirent leur pleine autonomie; seuls le ïyrol méridional et la partie du Frioul et de llstrie soumise à la maison d'Autriche restèrent incorporés à Feropire. Cependant on ne laissa jamais périmer complètement le droit impérial au royaume dltalie; les jurisconsultes des deux côtés des monts continuaient à le proclamer; des patriotes italiens, comme Dante dans son traité De monarchia ou Pétrarque dans les It-ltres qu'il adressa à Cliarles IV, rappelaient aux rois alleuuinds leurs droits et leurs devoirs royaux dans la péninsule; un Jean-(îaléas Visconti paya 100 OOl) ducats à l'empereur \\ enceslas pour en obtenir la concession du litre ducal à Milan. Aussi lorsque Charles-Quint put appuyer les vieilles prétentions de TAUcmagne de toute la puissance austro-espagnole, il se géra en suzerain effectif du Milanais, du Mantouan, de Parme, de Modène, de la Toscane; au zviu* siëde encore Tempereur Joseph prononça de son droit impérial la confiscation du duché de Mantoue, et fil exécuter la sentence par ses armées.

Quant à la dignité impériale elle-même, elle écbappa au naii fraise de l'ancien saint empire et resta l'apanage exclusif des rois d'Allomairne ; mais ce fut à titre «le concession gracieuse des souverains pontifes. Déjà Innocent lit en avait revendi(jué la libre disposition et en avait disposé eu elTet; ses successeurs firent comme lui ; BoniCace Ylli exigea d'Albert V' le serment pur et simple de vasselage; les papes d'Avignon manquèrent même faire passer la couronne d'empereur dans la maison royale de France, la première en puissance dans toute l'Europe depuis le xiv** siècle : mais ils ne réalisèrent pas leur menace en présence des protestations énergiques du corps germanique entier, et TAIlemagne conserva ce souvenir de sa grandeur passée. Une dernière fois Frédéric 111 renouvela à Home l'antique cérémonie du couronnement (1452) ; parmi ses successeurs, Cbarles-Quint seul

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