EXTENSION BB L*ALLEIIA6NE AU NORD-EST
de la Marne et qui ce nonobslant avait pendant des siècles fait partie de la Lorraine et par suite de TAUemagne, passa en iSOi sous la mouvance française; au sud par contre, ainsi que nous Tavons dit plus haut, quelques provinces limitrophes des deux royaumes d* Arles et d'Italie maintinrent des relations plus ou moins directes et effectives avec la couronne germanique ; mais ces modifications territoriales dans les deux sens du recul et de l'avance de la frontière sont fort insignifiantes, quand on les ('nrn|»aro à rcxlension delà dorninalion germanique sur une partie notable de la grande plaine wende. En effet les tribus slaves, soit de la Halticpie méridionale, soit des bassins inférieurs de Tl^lbe el de TOder, attaquées depuis le commencement du xn"sii?clepar une croisade continue des Allemands, des Polonais et des Danois, durent
renoncer successivement, au profit à la fois de TEglise chrétienne et de leurs voisins qui s*en étaient faits les champions, tant à leurs vieilles idoles qu*à leur indépendance, et, par un concours heureux de circonstances, toutes les conquêtes des
trois nalious rivales tournèrent au profit exclusif de TAUemagne.
Les liéros de la propairation armée du christianisme dans ces vastes contrées appartiennent indistinctement aux trois nationalités, car sur leur liste on voit figurer, à côté du marquis de la Nordmark Albert TOurs, du duc de Saxe Henri le Lion et de l'archevêque de Magdebourg Wi< hrnarin, \o roi de Pologne Boleslas III le Victorieux et les rois danois Waldemar P' le Grand, Canut YI et Waldemar II; le Polonais Boleslas fut le protecteur de Févèque de Bamberg Otton, le principal missionnaire des Slaves de la basse Oder, et ce fut la crainte de ses armes autant que la parole de Tapôtre qui décida l'assemblée des Poméraniens à adopter la Ufi chrétienne (1127:; si Albert l'Ours et Wichmann furent seuls à conquérir le IJrandebouri; , l'œuvre de Henri le Lion dans la Vandalie ou Slavonie proprement dite, c'est-à-dire dans le Uolstein oriental et dans le Mecklembourg, fut achevée par les rois de Danemark, Canut VI et Waldemar II, dont le
|jiM'<' déjà avait eu riioiincur de dt'-triiirc le plus irrand des sancluaires païens, le temple qui s'élevait sur le proiiionloire d'Arcona dans l'île de Rugen en Thonneur du dieu à quatre têtes, Swiatowid ou Swantowit (i 168). Mais la mission religieuse fut presque exclusivement allemande, et ce fut à rÂllemagne que se rattachèrent tout d'abord à peu près tous les évèchés rétablis ou fondés à neuf dans les pays wendes. C'étaient, d*une part, ceux de Havelberg et de Brandebourg, créations d'Olton le Grand disparues après lui, et que rappela à la vie Albert TOurs en les subordonnant de nouveau h réalise métropolitaine de Maqdebourg: c'étaient, de Paulre, sous la métropolie de Hambourg-Brème, les trois évèchés de Lubeck, de Halzebourg et de Schwérin, dont le premier remplaça la fondation ottonienne d'Aldenbourg, tandis que le second et le troisième faisaient revivre les églises de Ralzebourg et de Mecklembourg, appelées à une existence éphémère dans le courant du xi* siècle par le prince obotrile Goltschalk; seul le diocèse de Cammin, qui prit la place du siège épiscopal fondé par Otton de Bamberg, «n face de Cammin, à Julin dans Plie de Wollin, fut un diocèse exempt. Un peu plus tard la région entière fut incorporée politiquement aussi au royaume de Germanie, les partages entre les princes polonais et la grande défaite du roi danois \\ aldemar 11 à Bornhœvde (1227) avant laissé libre jeu aux princes, évè(ju«'s e( comtes allemands. Le Holstein, le Mcckleinbourg, laPoniéranie redevinrent ou devinrent jiour la première fois terres d'empire, au même titre que la Misnie, la Lusacc et le Brandebourg qui n^avaient jamais cessé de l'être depuis leur organisation en marches; même la Silésie» pays polonais d'origine et converti au cbristianisme avec ou par la Pologne, se rattacha peu à peu à rAllemagne.
Et ce ne fut pas seulement une prise de possession politique : dans toutes ces provinces orientales, qu'elles fussent de vieille date conquises ou nouvellement annexées, la germanisation lit dès lors des progrès ra[tides; l'immigration continue de clercs, de chevaliers, de bourgeois et de paysans