‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 60 sur 134 · AGONIE DU SAINT EMPIRE UOMAIN · texte numérisé non relu

AGONIE DU SAINT EMPIRE UOMAIN

sujets, étaient de langue française, refusaient de paraître aux diètes et de reconnaître la clianibre impériale, sauf à se réclamer de l'empire quand ils avaient besoin d'un secours contre les rois de France, leurs suzerains pour le duché de Bar; et à partir de l'époque de Richelieu, deux occupations françaises, prolongées l une de 1633 à lOGl, l'autre de 1670 à 1697, avaient été des acheminements à une annexion formelle. Occupée de nouveau au commencement de la guerre de succession de Pologne (1733), la Lorraine fut par les préliminaires de Vienne de 1735, qoe confirmèrent toute une série d'actes subséquents, assignée à l'ancien roi de Pologne Stanislas Leezinski avec réversion à son gendre Louis XV, et ainsi se trouva définilivcmenl consommée sa séparation d'avec rAlleiiKii;ne.

('es empiétements territoriaux des rois do France sur la frontière sud-ouest de l'ancien royaume de Germanie se continuèrent, dans les dernières années du xviii° siècle, dans des proportions beaucoup plus considérables et avec une rapidité beaucoup plus grande, du fait de la République française; le Rhin, qui au moyen &ge avait été Tarière centrale de PÂllemagne, en devint la limite extrême, que ne respecta même pas l'ambition démesurée de Napoléon I*'; et du même coup tomba complètement en ruines l'antique édifice du saint empire romain de nation germanique, qui depuis longtemps était battu en brèche du dehors et niiiir à l'intérieur jusque dans ses derniers fondements. Mais, avant que de passer à l'examen des grands mouvements territoriaux qui ont marqué pour l'Europe centrale la fin du xviu* et le commencement du xix" siècle, il nous faut exposer avec quelque détail quel était, dans ses complications étranges, Tétat politique et géographique de l'Allemagne à la veille du bouleversement général produit par la Révolution française; c^est ainsi seulement que nous pourrons faire comprendre les modifications incessantes qui finalement ont abouti à un ordre de choses tout nouveau.

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£a faisant abstraction de la Savoie et des pays italiens, qu*une TÎeille habitude seule mettait encore dans les limites

du saint empire, mais en tenant compte de la Silésie, bien que la Prusse prileiulil t ii posséder sa pari en toute souveraincl»', I ^'Uipire germanique était en 178Î) borné au nord par les deux mers et le Sclileswirk danois, au couchant par la république des Sept Provinces-L nies, la mer du Nord et la France, au sud par la Confédération helvétique, la république de Venise et la mer Adriatique, au levant cnfm par le royaume habsbourgeois de Hongrie et les pays polonais, en partie déjà annexés à l'Autriche et à la Prusse; les calculs plus ou moins exacts du temps lui attribuaient une superficie de 12000 lieues d'Allemagne carrées, soit 660000 kilomètres carrés, et une population de vin«^t-huil à trente millions d habitants. En théorie, il conliriiKiil à passer pour une < monarchie, la première même en dii^nité, au dire des Allemands; par le fait, son nom ne dési tenait plus qu'une fédération extrêmement lâche, qui d une multitude d'États souverains ou quasi souverains avait la prétention de faire un seul et même corps, le corps germanique. Ces États, dont Tori* gine et la nature variaient tout autant que la grandeur et la population, portaient les titres les plus divers; il y avait un royaume et un archiduché, des électorats et des duchés, des landgraviats et des margraviats, des comtés-princiers et des principautés, des comtés et des seigneuries, des archevêchés et des évèchés, des abbayes et des prévùlés, des villes libres et des villages d'empire, des terres de noblesse immédiate et des ganerbinals; mais tous ensemble ils formaient ce qu'on appelait l'enqiire, en opposition avec l'empereur.

L'empereur, qui se titrait empereur romain élu, toujours auguste, roi de Germanie, qui seul avait droit à la qualification de majesté, et qui dans ses armoiries continuait à porter Taigle noire à deux têtes en champ d'or, n'était plus guère que le président honoraire de la confédération : les eapituUh tion$ impériales ^ dont la première avait été rédigée avant l'élection de Charles-Quint, et qu'on avait depuis lors rendues

de plus en plus rigoureuses, avaient en effet réduit à fort peu de chose ses droits et ses prérogatives. Il convoquait la diëte, ratifiait et expédiait ses reca, donnait rinvestiture des fiefo et recevait Thommage des villes impériales; en vertu de ses réservatSf il pouvait élever à un rang supérieur de noblesse, conférer certains privilèges, nommer les conseillers de son conseil aulîque et certains membres de la chambre impériale ; comme protecteur des deux Églises, catholique et protestante, il assistait par commissaires aux élections épiscopales et exerçait le droit des premières prières^ c'esl-à-dire qu'il nommait au premier cauoiiicat devenu vacant dans chaqtio évùché à })artir de son avènement; enfin il avait comme revenu fixe la taxe sur les juifs de Francfort et de Worms et Tirnpôt annuel des villes impériales, en tout, établissait-on dans une pièce officielle de 1764, 13 B8i llorins et 32 kreutzers! Quant aux Ëtats et membres immédiats, dont Fensemble constituait Tempire, leurs droits variaient à Finfini, ainsi que leur puissance; mais en général ils avaient tous siège et vote à la diète en vertu de la possession d*un territoire d'empire; généralement aussi ils figuraient dans un ou plusieurs des dix cercles. Sans doute il y avait des exceptions de tout genre : quelques princes ou comtes siégeaient à la diète comme personalistes, c'est-à-dire sans posséder de territoire immédiat, tandis que certains États immédiats, et spécialement la noblesse d'empire, n'y étaient pas représentés; d*un autre côté, il était resté en dehors de la division par cercles des membres immédiats de l'empire, et cela tant parmi ceux qui paraissaient à la diète que parmi ceux qui en étaient exclus; néanmoins la participation à la diète et l'inscription dans un cercle étaient les deux grands signes caractéristiques de Vimmêdiateié d'empire.

La diète, organe politique de l'empire, se composait de trois collèges, inégaux en rang et en autorité, et dont chacun votait à part; c'étaient, par ordre de dignité et de puissance, le collège électoral, le collège des princes et le collège des villes libres. On trouvera ci-contre en la liste

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complète de leurs membres respectifs, telle qu'elle était ofDcieliemeiit ùxée vers la lin du xviii*' siècle l'analyse

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