‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centraleChapitre 59 sur 134 · AGO.NIE DU SAINT EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

AGO.NIE DU SAINT EMPIRE ROMAIN

s'était changée en une conférrace de diplomates où, à côté des plénipotentiaires impériaux, figuraient les représentants de quatre ou cinq tètes couronnées, les rois de Danemark étant d'empire comme ducs de Holslcin, ceux de Suède comme ducs de Pomérauie. et les trois électeurs de Saxe, de Brandebourtr el de Hi unswick-Iïanovre élaiil devenus successivemenl rois rlectifs ou héré<li(aires de Pologne, de Prusse et d'An^'^leterre. (chaque Etat de quelque importance suivait sa politique particulière; la maison d'Autriche avait souvent des intérêts étrangers, qucliiuefnis des inlérêls opposés à ceux de l'Allemagne; et en face d'elle Frédéric II commença dès ses débuts à grouper autour de la Prusse une opposition systématique recrutée principalement dans TAllemagne protestante du nord, mais qui & la fin de son règne réussit à englober momentanément la majorité des grands États g-crmaniques, quand les projets ambitieux do Joseph II lui permirent de former, sous prétexte de sauvegarder la conslilution de l'empire, le Furslfu/jNut/ ou association des princes allcMiiands fiisri). Du moins la monarchie prussionno était-elle par son vrai rentre, le BrandcI)Ourg, une puissance allemande; l'ingérence continuelle dans les affaires intérieures de l'empire, de la France el de la Suède au xvn* siècle, de la France, de l'Angleterre et de la Russie au xvm*, n'avait même pas cette excuse : elle ruina à fond Tindépendance nationale de rAllemagne et fit de son sol, pendant plus d'un siècle encore après la fin de la guerre de Trente Ans, le théâtre principal des grandes guerres européennes.

La France surtout fut pendant les deux longs règnes de Louis \ IV el de Louis XV un prolecleur hautain et un dangereux voisin [)our l'erjipire décrépit. De[»uis la l>i/i(e du lUiin conclue entre Mazarin et (juel(|ues-uns des princes de l'Allemagne occidentale (Ki.'jS), le cabinet de Versailles eut [iresque toujours à sa-solde une partie des jtetits souverains allemands, et leur connivence lui permit d'humilier à plaisir l'empereur et l'empire, tout on l'aidant à démanteler davantage encore les frontières occidentales de l'Allemagne. L'acquisition par

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la France, aux traités des Pyréaées (1050), d'Aix-la-Chapeile (1668) et de Ntmègue (1678), d*uiie partie des Pays-Bas espagnols et de la Franche-Comté entière, ne dépouilla pas, il est vrai, bien sérieusement Tempire, auquel depuis longtemps ces provinces n'appartenaient plus que de nom; mais il n*en fui pas de même de l*incorporalion h la monarchie des Bourbons (lu rosh' <!«' r VIsacc et de la r^nn aiiit', l»i(Mi qm» les princes et imiiiicipcs alsaciens ousseiil étr en réalité livr/'s à la France du jnur on l'empereur avait cédé au roi l'Alsace aiilricliieniie, et que de vieille date le duché de Lorraine ne tînt à l'empire que par des liens fort peu étroits : c'est qu'en assurant la domination française sur la rive gauche du moyen Rhin, la possession définitive et complète de ces deux provinces compromettait de la façon la plus grave la sécurité de toute r Allemagne rbénanc. Ce fut dès les premières années de son règne personnel que Louis XIY se préoccupa d*achever la* soumission de TAlsace, en y proclamant sa haute souveraineté exclusive, par une interprétation captieuse des stipulations de Munster. Il exigea successivement le serment de fidélité, pour h'urs poss(vssions alsaciennes, des évéques «le Straslunn u et de Spire, des ducs de Wurtemherir, des comtes de ilanau-Lichtenberg, des princes palatins et de la noblesse iounédiate de la basse Alsace, réduisit au rang de simples sujets les habitants des dix petites villes impériales de Haguenau, Rosheim, Obernai, Landau, Wissembourg, Schlestadt, Colmar, Kaysersherg, Turckheim et Munster, qui formaient la préfecture de Haguenau ou décapote alsacienne, et enfin força à capituler entre ses mains la grande ville libre de Strasbourg, l'antique boulevard de Tempire (1681). Plus tard, au traité de Ryswyk (n*»l>7), il restitua à l'Allemagne un certain nombre de villes el de seigneuries, que des réunions arbitraires avaient également annexées à la France ; mais Strasbourg et l'Alsace entière demeurèrent fran<;aises. Quant au duché de Lorraine, l'empire n'en fut officiellemcat dépouillé que sous le règne de Louis XV; mais depuis des siècles ses souverains, qui, comme la majeure partie de leurs

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