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LA CONFÉDÉRATION DU NORD BT LES ÉTATS DU SUD

Étals chacun une voix unique; niais j)ar cnnlre le roi de l*russe s'était réservé le pouvoir exéculif presque enlier. Kn sa double qualité de président héréditaire de la confédération et de chef de guerre fédéral» il était appelé à convoquer et à proroger le conseil fédéral et le parlement» à promulguer les lois fédérales, à surveiller leur exécution, à exercer le commandement permanent sur les forces de terre et de mer de la confédération, à la représenter à Tétranprer, h faire en son nom la «^^uorre et I;i paix, à signer pour rlU' les alliaiires d les trailés; la cheville ouvrière du nouveau nié<aiiisine j)nlili(|ue, le chancelier h'Miéral, ne dépendait que de lui. Si les |>rinces et Klals de la nouvelle union n'étaient pas complètement médiatisés, du moins ils avaient dù abdiquer au profit de la Prusse une partie notable de leurs droits souverains.

La paix de Prague, en vertu des stipulations de laquelle la Prusse avait pu s'annexer ou se subordonner la majeure partie des États qui jus(|u'en 1866 formaient la Confédération p^ermanique, avait, on se le rappelle, autorisé d*autre part les Klats de rAlleniagnc méridionale à se grouper de leur ciMé en une union fédéralive, lacjuelle pourrait coiilracler une alliance jilus ou moins intime avec la confédéralion du .Nord. Comme rAulriche, et par suite aussi son annexe, la petite principauté de Liechtenstein, étaient hors de cause, larticle en (Question du traité de paix ne pouvait s'appliquer qu'à quatre Etats, ou pour mieux dire à trois États et demi, les royaumes de Bavière et de Wurtemberg, le grand-duché de Bade et la partie méridionale de la Hesse grand-ducale. Ensemble ces quatre territoires formaient une masse compacte de 145 000 ki lomètres carrés, interrompue par la seule enclave prussienne de Ilohen/ollern, et leur population hilale dépassai! huit millions et demi d'âmes'; réunis en un seul corps politique, ils

I. Le recensemcnl du 3 Uéccinbrc «lonnr les rliilTrrs suivants :

Bavirre I s->i inm» iiah... sco kiiom. carrds.

Wurtomberg l '''<*^ — ... 1'» r><jo —

Hadc 1 -i:tr> (tmt — ... i5:uo —

Ilesse-DmnDStadi (partie mAridionale) .... 566 000 — . . , 4 370 —

8 003 000 hab. . . 115 040 kUom. carrés.

poiivaîrni par conséquent prétendre faire quelque figure à côté de l'union du Nord. Mais la Bavière elle-même, que sa superficie et le chiffre de sa population auraient forcément appelée à jouer le premier Me dans une Confédération du Sud, ne montra que peu d'enthousiasme pour la réaliser; les gouvernements et les pays voisins étaient moins disposés encore ù faire des sacrifices d'aulononiie jiour une création qu'un sentait ne pouvoir être que provisoire; après quehjues pourj)arlcrs, le projet (ruiie fédération méridiniiale fut abandonné. L'idée de faire entrer les Etats du Sud dans l'union septentrionale tentait davantage un certain nombre de patriotes allemands des deux côtés du Main; mais, sauf dans le pays de Bade, la majorité des populations de TAUemagne méridionale éprouvait tout aussi peu de sympathie pour le régime prussien que les gouvernements eux-mêmes, et une pression dans ce sens était interdite au cahinet de Berlin par la prévision d'une intervention de la France. M. de Bismarck dut donc patienter, et en dehors de la cnnsolidalion des traités d'alliance militaire qu'il avait inijKJsés aux fatals du Sud à la suite de la campagne victorieuse de 1860, la réorganisation du Zollverein fut dans les années suivantes le seul acheminement vers une union plus intime entre les deux moitiés de l'Allemagne. Le traité douanier de Berlin, conclu le B juillet 1867 pour une durée de dix ans, leur donna, au point de vue des intérêts économiques, une représentation commune, en constituant en conseil fédéral et en parlement douaniers les organes politiques de ce nom de la Confédération du Nord, renforcés par les délégués des gouveriuMuents méridionaux et par les représentants, élus au sufTrage universel, des populations du Sud; un premier parlement douanier fut en elîet ouvert à Berlin le 27 avril 1808; mais, contrairement à bien des prévisions, il se maintint strictement sur le terrain économique, et ne fit rien dans le sens de Tunification politique et nationale de TAUemagne.

Au commencement de Tannée 1870 le problème de Tunité allemande semblait donc plus éloigné de sa solution qu'au

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