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LA CONFÉDÉRATION DU NORD BT LES ÉTATS DU SUD

leiulemain des victoires prussiennes de 1866. La partie de beaucoup la plus considérable de l'Europe centrale, que les traités de 1815 avaient réunie dans le cadre de la Coofédération germanique, héritière de Tancien saint-empire, était divisée en trois tronçons, hostiles ou indifférents entre eux : des trente- trois États représentés quelques années auparavant à la diète de Francfort, deux (Autriche et Liechtenstein) étaient devenus complètement étrangers à l'Allemagne, à laquelle un troisième (Luxembourg) ne se rattachait plus que par le Zolinerein; trois Etals et demi (Bavière, Wurtemberg, Bade, liesse grand-ducale méridionale) formaient un second groupe, relié au troisième par des conventions militaires et économiques, mais de moins en moins disposé à se fondre en lui; ce troisième groupe enfin, la Confédération du Nord, présentait une unité beaucoup plus compacte que la Confédération germanique, la Prusse s'étant annexé cinq de ses anciens confédérés et ayant soumis les vingt et demi restants à sa haute autorité : mais la nouvelle union ne comprenait même pas les deux tiers de la superficie et de la population de l'ancienne; elle ne pouvait guère compter dans des circonstances critiques sur l'assistance elTcctive dr ses alliés de TAlltMiiagne méridionale; elle av;ut à se garder des rancunes de l'Autriche et elle devait craindre la jalousie de la France. La politique insensée de ^Napoléon 111 rendit à M. de Bismarck le service de jeter dans les bras de la Prusse les États du Sud; puis son incapacité militaire facilita à Tarmée prussienne une nouvelle série de victoires, qui se traduisirent à la fois par la résurrection de Tempire allemand au profit du roi Guillaume P% par la réconciliation de TAutriche avec le nouvel ordre de choses, et par Textension des limites occidentales de rAliemagne.

L'ouvernement impérial fran(;ais, en se lançant dans la guerre de 1870, s'était tlatté de l'espoir de voir les Elats du Sud rester neutres; ils se déclarèrent prêts à exécuter leurs traités militaires avec la Prusse, et durent, par conséquent,

être compris dans la di'claralinri do iruerre fraiiraiso <lu 19 juiilel 1870. De ce jour deviul inévilablc Tunion de l'Aiieroagne entière, qui fui consommée, pendant que les armées allemaades assi^eaient Paris, par les traités signés à Versailles et à Berlin (15 à 25 novembre 1870) entre le roi de Prusse d*une part, les souverains de Bade, de Hesse-Darmstadt, de Bavière et de Wurtemberg de Tautre. £n vertu de ces actes diplomatiques, les quatre Etats méridionaux entraient dans la (luniïMlrratinn du Nord pour IVnsomhl»' di* leurs lerriloiir-; un cituseil fédéral ol un parlcuiciil allfinands prenaient la placo tant du conseil fédéral et du parlement de runîou septentrionale que du conseil fédéral et du parlement douaniers; la ligne du Mein cessait d'être une frontière politique. Une convention particulière conservait, il est vrai, au roi de Bavière la direction souveraine et Tadministration indépendante de son armée; mais comme elle stipulait en même temps pour le roi de Prusse le droit d'inspection militaire en temps de paix, celui de commandement suprême en cas de p^uerre, celte restriction était au fond d inijtorlancc assez médiocre. Les quatre traités furent voh's presque à l'unaniniilé, (juoique sans onlliousiasine, par le parlement de i'I'nion du Aord, qui eût désiré une uniiication plus complète de rAlleniairne, mais qui se rendit au prudent avis du ministre d'État Delbruck « que plus d'une fois déjà il n*avait pas porté bonheur à TAIlemagne de sacrifier ce qui pouvait d*abord être obtenu à ce qui était souhaitable d (9 décembre 1870) ; puis les parlements des États du Sud les votèrent à leur tour, la chambre des députés de Munich h la stricte majorité des deux liers, requise par la consliluliun bavaroise (10 jau« vier 187 II.

A ce moinenl la nouvellt^ Confédération allemande, sans abdiquer ofiicicilement ce nom, avait reçu une autre dénomination encore qui ne devait pas tarder à supplanter la première : elle était devenue V Empire allemand^ en même temps que son président héréditaire, le roi de Prusse, prenait le titre d'empereur allemand. G*était le premier en rang parmi les

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