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LA RÉGION DE L*BDHOPE CENTRALE

péenno, soit qu'elle empiélAt sur ses voisins ou qu'elle leur fournit leurs champs de bataille; sa science prétend, non sans quelque raison, à la gloire d*ètre cosmopolite ; et ses émigrants, qui inondent TEurope et le Nouveau-Monde, se laissent absorber par les nationalités au milieu desquelles ils 8*établissent avec une facilité inconnue aux autres races.

L'oroprrapliie et l'hydrographie de rEiirope centrale, qui doiv(Mil fournir leur matière aux cha|)ilres suivants, ne nous arrêteront guère pour le moment. Leur réguhiteur suprême est le massif des Alpes, noyau central du. continent entier, dont les pentes graduées se continuent ou se renouvellent au nord et au nord-est jusqu'à la diagonale européenne, tandis que leur versant méridional s'abaisse brusquement sur la plaine lombarde : une moitié de l'Europe centrale se trouve ainsi couverte d'un assemblage extrêmement varié de chaînes secondaires, de plaleaux et de dépressions locales, qui se coupent et se prolongent en tout sens, en affectant, comme les Alpes elles-mêmes, les caractères les plus divers. Beaucoup plus uniforme à la fois et plus facilement accessible, la vaste dépression de la basse Allemagne s'étend depuis la diagonale européenne jusqu'à la Baltique et à la mer du Nord, et sert dlntermédiaire entre là plaine russe et les fertiles terres d'alluvion des Pays-Bas. Des bassins fluviaux largement étendus, qui se touchent de très [)rès quand ils n'entrecroisent pas leurs nombreuses veines, unissent entre elles ces ditîérentes régions orographiques : des Alpes descendent, en brisant les verrous qu'elles leur opjK)stMil, h; Hhin, le Hhône et les grands affluents méridionaux du Danube ; dans la région intermédiaire prennent naissance, outre une foule de rivières qui après an cours tortueux rejoignent le Hhin et le Danube, d*une part ce dernier fleuve, qui longe les Âlpes par la ligne de plateaux qui s'y adosse au nord, de Tautre le Weser et TElbe, qui gagnent la plaine septentrionale en rompant la diagonale européenne; de cette diagonale enfin découlent prosaïquement l'Oder et la Vislule, simples fleuves de plaine comme leurs voisins les fleuves russes.

II suffira de quehjucs mois aussi pour appeler à l'avance ralteution sur un aulre ordre d'idées qui reviendra bien souvent sous noire plume : je veux parler de l'inlluence réciproque du sol sur les habilanls et des habilanls sur le sol, influence qui est aussi manifeste dans l'Europe centrale que dans aucune autre contrée du globe. C'est presque un lieu commun que de dire que la nation helvétique ne se conçoit pas sans son boulevard alpestre, ni le peuple néerlandais sans le delta du Rhin. Il est tout aussi incontestable que la monar* cliie aulrichiciiiie n'a pu se développer que dans la vallée du Danube, et que sa rivale, la Prusse, s'est formée et a j;randi dans la plaine septenlrionale. De tous les faits de ce genre cependant, le plus important à signaler, parce qu'il montre le plus clairement avec quelle persistance les phénomènes physiques influent sur le développement historique des nations, c*est la division naturelle de rAUemagne en deux moitiés, méridionale et septentrionale, haute et basse, que sépare l'une de l'autre, non pas la bordure septentrionale de l'Europe montueuse, la diagonale européenne, mais une ligne tracée plus au sud (jui va du lliiiKlsrurk aux Sudètes, en laissant au nord les monls de ^^'('slpjlalie et le llar/., dont les vallées ouvertes sur la plaine septentrionale font partie de la basse Allemagne du JNord, au même titre que les dépressions de Vienne et du haut Rhin appartiennent à rAUemagne montueuse du Sud; l'opposition de ces deux Allemagnes se retrouve en effet sans cesse, tantôt dans la politique et dans les mœurs, tantôt dans le droit et dans la religion : Tantagonisme de la Prusse et de TAutriche n'a été qu'une forme nouvelle des vieilles luttes des Cliérusques et des Marromnns, des Saxons et des Souahes; et si les rivalités du plat et du haut-alleniaiid, du droit saxon et du droit souabe, de l'écu et du florin appartiennent au passé, la politique contemporaine en est encore à compter gprandement avec les antipathies de TAllemagne méridionale, catholique et particularisto, contre rAUemagne du Nord, protestante et unitaire.

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