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LES HABSBOURG AU XIV ET AU XV* SIECLE

Sigismoiid, vieux et sans enfants, en querelle d'ailleiirs avec ses sujets, iralleiidit pas sa mort, arrivée en 1 sculemcat, pour abandonner le Tyrol, l^AUace el la Souabe autrichiennes à la branche impériale, par une abdication plus ou moins volontaire en faveur du fib unique de Frédéric in, le roi des Romains Maximilien (1490).

Grâce à ce dernier succès de la politique persévérante du vieil empereur, digne couronnement d'un demi-siècle d^efforts, Maximilien I" se vit, quand il succéda à son père en 4493, à la tète de tout renscmble de l'iiérilage liabsbourg^cois. Son principal mérite fut de lui donner une organisation un peii plus re ntrali <;('•(' ; il l'arrondit aussi, à différents titres, sans cependant faire des acquisitions bien importantes. C'est ainsi qu'il prit pied dans les Grisons {tar Tacliat de la seigneurie de Rhaezuns, située au confluent du Rhin antérieur et du Rhin postérieur; qu'il s attribua, en 4504, lavouerie de la Basse- Âlsace, autrement dite la préfecture sur les dix villes libres secondaires de TÂlsace, qui, sauf une courte interruption (1530 à 45î)8), est restée à la maison d'Autriche jus(]irà la conquête française: qu'il profita surtout de la guerre de succession de Bavièrc-Liiiidsliut pour réincorporcr au Tyrol la forteressr de Kufsteiii, <}ui en avait été séjiarée en 1309, et pour ajouter en Souabe de nouvelles terres à celles qu'il tenait de ses prédécesseurs (1505). Quant aux deux comtés de Gorico et de Gradisca, il y succéda, en 1500, au dernier comte Léonard, à la fois comme représentant des anciens comtes de Tyrol, dont les comtes de Gorice étaient une branche cadette, et en vertu d'un traité de succession éventuelle qui remontait à Tannée 1361 ; cet héritage valait à la dynastie autrichienne deux positions importantes sur Tlsonzo, des terres disséminées en Frioul et en Islrie, et le Pusterthal tyrolien aux sources de la Drave.

Nous avons ainsi mené l'bistoire territoriale des Ilabsbouri]^ jusqu'aux premières années du xvi" siècle, c'est-à-dire jusqu'au moment oii elle entre dans une phase toute nouvelle,

LA MONARGUIË AUTRlGUIEKNfi.

par suite <lr radjonrlioFi des doux royaumes do Hongrie et de Bolu'^ine aux duchés, principautés, conUôs et seigneuries du saint-empire, qui, de plus ou moins vieille date, formaient le patrimoine de la maison. Avant de prendre congé de la période des origines de la monarchie autrichienne et de passer k celle de sa constitution définitive, fixons d*un peu plus près les résultats acquis dès lors. La maison d*Autriche, longtemps entravée dans sa marche ascendante par ses partages et ses divisions de famille, avait, à ce moment, repris définitivement parmi les familles princîères de rAllemagne le rang prépondérant que lui assignait l'étendue exceptionnelle de ses territoires, de nouveau réunis sous le même sceptre. Ces provinces, les terres héréilùfilrc.^ a/lrnuuides, comme on les a appelées depuis, formaient en elfet, dans l'empire, la masse territoriale de heaucoup lapins considérable; elles entouraient tout le midi de la Germanie en un vaste arc de cercle, depuis les confins de la Bohème et de la Hongrie Josqu*aux frontières de la Lorraine. Au sud-est, l'Autriche, la Styrie, la Carinthie, la Camiole et la Marche winde, Gorice et Gradisca, Tlstrie et le Frioul autrichiens constituaient un ensemble à peu près compact, qui se prolongeait fort loin vers le couchant par le 'i vrol et le Vorarlherg: au sud-ouest, la Suisse avait échappé aux descendants de llodolphc I*"", mais leurs nomhreuses possessions en Alsace el des deux côtés de la Forùl-iSoire maintenaient leur influence dans les pays du haut Rhin et du Danube supérieur. Ainsi les États autrichiens se distinguaient de ceux des autres dynasties allemandes par leur importance territoriale plus grande ; ils ne s*en distinguaient pas moins par la place à part qu*ils tenaient dans Torganisation compliquée du saint-empire. Ils ne s'y rattachaient, en effet, que par des liens l)eaucoup moins étroits encore que les possessions des autres maisons souveraines; leurs privilèges et exemi)tions qui, remontant à l'épofjue des Babenherg, s'élaient cons(didés et étendus sous les princes habsbourgeois, avaient trouvé, pour ainsi dire, leur expression officielle dans le titre original d'archiduché, appliqué à la seule

LES TERRES UEREUiïÀlRËS ALLEMANDES. 3di>

Autriche. C'est Frédéric III qui, par diplôme da 6 janvier

14r)3. l'a définitivement inlroduit dans le style curial; mais dt'jà un siècle au|»aravant Rodolphe IV le Maprnifique, le fondateur (le l'iiriiversilé de Vienne, se l'était inoinenlanétnent attribué (13')9), en guise de protestation contre roligarchie électorale établie par la Bulle d'or; ii faudrait même le faire remonter beaucoup plus haut encore, si le privihf/ium majus de Tan 1156, dont il a été question plus haut, était authentique, au lieu d*avoir été fabriqué, comme tout porte à le croire, dans la chancellerie de ce même Rodolphe IV. Pftr contre, la dignité électorale n*a Jamais été fixée ni sur TAutriche, ni sur aucune des terres héréditaires allemandes de la maison de Habsbourg; la seule tentative faite en ce sens par Maximilien I", qui pro[iosait de l'attribuer au Tyrol, échoua contre l'opposition des électeurs; les archiducs autrichiens durent donc se contenter d'occuper l'empire, pendant plus de trois siècles, comme une dignité presque héréditaire, sans prendre part à leur propre élévation autrement que par la voix bohémienne, laquelle leur fut dévolue au xvi* siècle, ainsi que nous allons le voir dans le chapitre suivant.

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