LES HABSBOURG AU XIV* ET AU XV* SIÈCLE
Bohrnio ne lui étaient pas encore délinitivenient acquises. Albert, deuxième du nom comme empereur, fui enlevé par une mort prématurée, le 27 orlobro l i39; son fils posthume Ladislas, qui lui succéda immédiatement comme duc d'Autriche, quelques années plus tard aussi comme roi de Hongrie et de Bohème, mourut sans alliance avant d*avoir atteint l'âge d'homme, le 23 novembre 1457; et Tunion prématurée de rAulriche, de la Bohème et de la Hongrie au profit des Ilabsbourg se trouva presque aussitôt rompue que faite.
Les aventures malheureuses de la ligne antérieure, la grandeur éphémère de la ligne autrichienne n'ont exercé qu'une influence fort secondaire sur la marche de Thistoire universelle; moins mêlée à ses débuts aux grands événements du temps, la troisième branche ou branche styrienne a, par un concours extrabrdinaire de circonstances, été appelée à jouer, tout le xvi* siècle durant, le rôle prépondérant dans les affaires de l'Europe entière. Son représentant pendant plus de cinquante ans, Frédéric le Pacifique, qui en lilO succéda à Albert II comme empereur, sous le nom de Frédéric III ou de Frt'déric IV selon qu'on compte ou non Frédéric le Beau dans la liste des rois de Germanie), a eu la fortune singulière do préparer, à travers des échecs et des humiliations sans nombre, la grandeur hors ligne de sa maison, et de faciliter à son arrière-petit-Gls Charles- Quint la réalisation, au moins partielle, des rêves de monarchie universelle qu'impliquait probablement, d*une façon bien prématurée en tout cas, sa mystérieuse devise A. E. I. 0. U., traduite de son temps déjà par les formules, variées quant aux termes, identiques quant au fond, de AquHn Eh'cla Juste Omnia Viucit, de Auslrin Eri( In Orbe Ultima, de Austriœ Est Iwpenuni Orfjis f'/iivfrsi ou encore de Alhs Erdreich hi Oesterreich Cnterthan. Sans génie aucun, mais d*une ténacité remarquable, Frédéric lU eut la grande science de savoir attendre et la chance non moins grande de survivre à tous ses proches et à tous ses
LA HONARGHIB AUTBIGUIENNE.
• adversaires; c'est ainsi qu'il parvint à réunir lahorieusemeul 1 héritage habsbourgeois entier et à assurer presque héréditairement à sa descendance la couronne impériale. En même temps il commençait celle série d'alliances de famille qui, par une suile de coups de fortune inouïs, dcTaient momentanément réunir la moitié do TEurope sous le sceptre des Habsbourg, et d'une façon plus durable constituer la monarchie autrichienne des temps modernes. Nous parlerons plus loin des nombreuses couronnes dont il prépara l'acquisition à son pelil-fils et à ses arriërepelils-i'nfants; arrêtons-nous dabord à la reconsliUilioii (le l'unité aulricliienne, qui s'opéra à son propre proHt et à celui de son (ils Maximilien.
A Tépoque où Frédéric 111 ceignit la couronne royale de Germanie, il ne possédait même pas l'héritage entier de la ligne styrienne, que représentait avec lui son frère, Albert VI le Prodigue; ce ne fut qu'en 1463, à la mort peu regrettée de ce prince turbulent, que la Styrie, la Garinthie, la Gar> niole et le Frioul se trouvèrent réunis entre ses mains. Maïs dans Tinlervalle, en 1457, l'extinction de la branche autrichienne avec L.idislas le Posthume avait permis aux deux frères de faire valoir, à re\< lusion de leurs cadets de la hgne antérieure, leurs droits héréditaires sur l'Autriche au-dessus et au-dessous de l'£nns; cette riche province lui revint donc également sans partage en 1463, et il se trouva dès lors le seul souverain de deux des trois lots habsbourgeois. Ge ne fut pas sans peiue qu*il s'y maintint, en présence des visées ambitieuses de son puissant voisin Mathias Gorvin ; ])endant cinq ans, de i48S à 1490, le roi madgyar tint sa cour dans le château de Vienne, d'où il avait chassé l empereur; mais à sa mort, arrivée en 1 i90, l'Aulriche échappa à la Hongrie, en all( ndant qu'une irénération plus tard elle lui donnât des maîtres à elle-même. Vers le même temps s'accomplissait le retour à la ligne styrienne du troisième et dernier lot aussi des possessions patrimoniales de la maison; le chef de la ligne antérieure,