VIII PRÉFACE
Monstrelet, et d'autres. Pour Thistoire particulière, il a demandé des lumières aux nombreux auteurs qui ont écrit à divers titres et à diverses époques sur les annales de lu Franche-Comté : Gollut, Gilbert Cousin, Girardot de Beauchemin, Boyvin, Chiflet, etc., parmi les anciens; Dunod, dom Grappin, dom Berthod, dom Plancher, Bergier, Romain Joly, Chevalier, Béchet, dans un temps plus rapproché ; et parmi les modernes. Fauteur citera en première ligne M. Edouard Clerc et M. Charles Duvernoy, dont les recherches et les travaux lui ont été du plus grand secours ; puis viennent MM. Monnier, Bourgon, Pyot, Marmier, Lefébure, etc. I/auteur n'oubliera pas non plus M. Charles Weiss, conservateur de la bibliothèque de Besançon, M. Alex. Guenard, bibliothécaire adjoint, et M. le bibliothécaire Pallu, de Dole, qui l'ont souvent aidé et éclairé dans sa marche. Les encouragements que lui ont donnés ces bons et savants compatriotes resteront dans sa pensée comme un de ses plus chers souvenirs : il est donc heureux de pouvoir les remercier ici avec une vive cordialité.
Septembre IS51.
DESCRIPTIOIV
DE
LA FRANGBE-GOBITÈ
iloivoni tourner leurs irjçards; cVstàelles leur sympathie, à elles leur amour : Salut donc, trois fois salut, montagnes chéries qui vîtes naître et mourir les générations de nos pères! Salut, belles montagnes, imposantes comme un vieillard antique, majestueuses comme une épopée ! Salut, orgueilleuses et gigantesques rimes, qui regardez sans jalousie les cimes des Alpes, vos altières voisines ! Pour ressentir dans le cœur tout ce qu'il y a en vous de magnifique et grande poésie, pour vous comprendre avec Tâme et vous admirer avec la pensée, ce n'est pas en chaise de poste que Tœil doit vous parcourir : il faut vivre et respirer dans votre atmosphère, il faut assister à la toilette de vos splendeuis au moment où la nature s'éveille de son sommeil d'une nuit, au moment où les premières lueurs du crépuscule et les premiers sourires de l'aurore annoncent le lever du soleil, l'astre éternellement jeune et beau, et qui reste ét(»rnellement le même, tandis qu'autour de lui tout change ou se renouvelle, tout passe ou s'oublie, les peuples et les rois, les religions et l(»s empires, les hommes et les choses. Quand il apparaît, cet immortel souverain d'une création immortelle comme lui, les étoiles pâlissent, les ténèbres s'enfuient, l'espace s'illumine. Ah ! c'est bien là ce roi à la chevelure étincelante de saphir et d'or, que Jean- Jacques avait contemplé quand il écrivait : t On le voit s'annoncer de loin par les traits de feu qu'il lance au-devant de lui. L'incendie augmente, Forienl parait tout en flammes; à leur éclat, on attend l'astre longtemps avant qu'il se montre : à chaque instant on croit le voir paraître, on le voit enfin. Un point brillant part comme un éclair et remplit aussitôt tout l'espace; le voile des ténèbres s'efface et tombe. L'homme reconnaît son séjour et le trouve embelli. La verdure a pris durant la nuit une vigueur nouvelle; le jour naissant qui l'érlaîre, les premiers rayons (jui la dorent, la montrent couverte d'un brillant léseau de rosée qui réfléchit à l'œil la lumière et les couleurs. » A côté de ce grand magicien de la nature, que sont les petits magiciens de nos villes ! qu'est-ce que h'urs spectacles auprès de celui-là ! Dans nos villes, ce sont quelques voix qui applaudissent ou quelques mains qui battent : ici, c'est la nature entière qui se lève et tressaille, c'est la terre qui s'incline et rend hommage ; c'est l'innombrable république des êtres qui salue et chante, Tinsecte dans l'herbe, avec ses bourdonnements de joie; l'oiseau sur la branche, avec ses cantiques d'allégresse et d'amour; l'homme à genoux, avec les émotions de son cœur et les harmonies de sa voix.
Tout s'anime, tout est poétique à voir dans ces belles montagnes jurassiennes, quand le soleil jette sur elles ses flots de lumière et qu'il les colore des mille nuances du prisme : la variété des aspects s'y midtiplie à l'infini ; de quelque côté que se portent les yeux, où que se dirigent les pas, c'est un spectacle nouveau : il y a là des sites, les uns riants comme un sourire du printemps, les autres sévères comme une peinture espagnole; des mamelons où, d'un côté l'herbe est veloutée, les fleurs brillantes, la végétation riche, de l'autre les arbres rabougris, les plantes étiolées, la nature maudite, ici le luxe et la vie, là rindigence et la mort; des cimes très-élevées et des vallons très-creux, des pics arrondis et des sommets allongés, des plateaux rétrécis et des vallées immenses;
LKS MONTAGNES.
dr% c'^ufTrpft et clos prfVripîres qui fonl recruler d'horreur et dVITroi, cJt's plaiues
#td«*^ prairtrsqui n'Jouissont lo.s yeux et le cœur; des lacs sur la montagne,
ilnat \e% ezux paraissent si calmes et si bleues qu'on les croirait endormies sur
«1 lit do Telours, des sources jaillissantes et des cascad(*s qui bondissent de
en rocher, blanchissent de chute en chute, changent en torrents les
i\ qu'elles n^ncontrent et transforment en lacs les champs qu'elles
ÎBoMlent ; des arcades natun*lles nip|>elant parleur conformation la singularitc'^
4r fritaines arcad(*s naturelles de la Suisse, et des roches aux formes bizarres
fail*^ font ressembler UintAt à des ruines de vieux châtc*aux, tantôt à des bas-
ûtms, det rourtini^s et m<^ine à des rangs de batteries les unes au-dessus des
astn^; d«*s glaciers nus et désolés dont la tête blanche se p<'rd dans les
•mjp*ik, des rollinrs douces et charmantes qui descendent vers la terre, toutes
lir<idée% de passages, de vignobles et d'habitations; des montagnes incom-
■en^itraides, couiM^es par de vastes forêts dn sapins dont la verdure éternelle
foftirasle avec b»s neiges vi les glaces, et des vallées liès-profon<les, coupées
|ar des lignes aux formes arc;idiennes ou par des rochers aux ch'^oupures
abmpies. Il y a là d^^s |»oinls de vue d'où l'imagination court involontairement
jprrA lies forêts dont on croit à chaque instant toucher la lisière et qui s'cv
loigneot toujours, comme le mirage au désert; après des\'allé>es (|ui s'enfuient,
inifai«*nt totijouis, en s'allongeanl comme des serp<*nts; après des collines qui
sniililent toujours se rccub^r, conimr le C4Tcle de l'infini. Il y a là des laldeaux
qti M*inblent un anachronisme pour le regard : c'est le printemps avec s<*s
liiin et l'hiver avec S4»s frimas, c'rst l'exubérance et la stérilité, la richesse et
bnisère, la \igueur à côléch» la décn^pitude, le beau de l'idéal à cAté du lieau
dpfhorrible: il y a là d(*s horizons cpii présentent les scènes les plus pittores-
fit^, l«*s plus étranges et les plus fantastiques que l'imagination puisse rèv<T :
ftee resteniit des heures rntières à se re|>îdtre de ces merveilles éparpillées
«rie damier de la nature, iprclle ne serait \<ks satisfaite; elh* s'accouderait,
fMMir ainsi din*, sur chacune de ces magnificences de Dieu, elle décom|>oserait
tue par une les pièces du panorama qui se déroule devant elle, qu'elle vou«
<lraii encore le reprendre en sous-Kruvre; et refit-elle dix fois ce travail, qu'il
^^s«nllde^lit u la toile de Pénélope : toujours commencée, jamais finie. Ce
«<Mit «le ces tableaux que la plume ou la proie n'ont |»as la puissance de
f^rv : s'ap|>elât-<in Chateaubriand ou l^martine, on ne s(*rait ici qu'un
P^otre sans couleur ou un magicien sans prestige. C'est qu'il faut que la voix
^ IKN'tes de la terre se taise de\ant la voix du grand poète du ciel; il faut
9^ l#» li\n* écrit par la main de l'homme s'efface devant le li\re écrit par la
■ttin de Dieu : qu'est-<'e, à vdu* de pages conmie celles du roi des mondes, les
90^9^ des rois de la pmse et des vers! Auprès de l'iliade sidtlime jeté'e tout à
^^er% ces montagnes, que sont les iliades humaines tracées sur des restes de
^\ linge tninsformé en p;qMer! Ksi-ce qu'il respire, ce papier? <*st-ce qu'il
parle? est-ce qu'il vibre? a-i-il quelque chostMie l'animation et de la vie qui
VHifll«* ici, qui circule ici? a-l-il <pielques>uns de ces bruits et de ces frémisse-
•ents. de ces rayons de soleil et de ces jeux de lumière qui sont ici, partout et
6 DESCRIPTION DE lA FRANCHE - COMTÉ.
dans tout? est-ce qu'il apporte aux sens des émanations qui mettent, eonune ici, sous le charme; aux poumons, l'atmosphèi-e qui fortifie; au iront, les brises qui rafraicliissent; à Toreille, le murmure de Tair et le chant de Toiseau? est-ce (pi'il a des paysages qui fascinent hà regard, des cascades qui roulent leur fracas de rocher en rocher, des lacs c^ui scintillent, des prairies qui enivrent de parfums, des refl(*ts prismatiques qui changent à Tinfini, des horizons qui se dessinent purs et bleus sur l'azur du ciel? Non, la parole écrite* n*a rien de tout cela.
Et maintenant, disons-le; il en est de certains pays comme de certains hommes : ils ont leur mauvaise étoile. Notre Franche-Comté est du nombre de ces pays-là ; qu'est-ce, en effet, que la Franche-Comté? qui la connaît? qui en parle? A l'exception de quelque touriste qui se la rappellera par hasard, ou de quelque autre étranger qui consignera, en passant, le nom du Jura sur ses tablettes, on ignore si elle existe. Celte indifférence se comprendrait si elle puisait sa source dans la nullité des litres de la Franche-Comté à la curiosité du voyageur, aux observations du philosophe, aux études de l'écrivain ; mais il n'en est rien : les titres de cette vieille province sont, au contraire, des plus beaux et des plus légitimes; ils ont pour eux la triple consécration du temps, de l'histoire et de cette beauté pittoresque dont la natun^ empreint certîiines de ses créations. D'où provient donc l'indifférence que l'on alTecte à l'égard de cette contrée? Eh bi(Mi, c'est qu'elle a pour voisine la Suisse. Le poëte tragique allemand Schiller fait dire quelque part à la reine Élisabetli d'Angleterre : « Chacun de mes tourments s'appelle Marie Smart. > La Franche-Comté pourrait dire : « Chacun de mes désenchantements s'appelle Suisse; > car c'est la Suisse qui lui porte malheur, c'est elle qui l'empêche d'être connue et appréciée comme elle le mérite, c'est ellcî qui est cause de l'injuste oubli oit elle végète. La Suisse est à la mode : depuis longtemps elle vil de la fabuleuse réputation que lui ont faite les livres et les récils, la peinture et la poésie, les chansons et la musique; le vent de popularité qui soufQe sur elle lui attire chaque jour sa caravane de pèlerins avides de la voir de près, de respirer son air, de vivre dans ses montagnes. 11 en résulte que l(*s touristes, attirés connue ils le sont par la célébrité de cette contrée, se montrent insensibles à tout ce qui n'est pas elle; ils lui dévouent leurs pensées, leurs émotions, les pages de leur album, la faveur de leurs tablettes ; ils en font l'idole exclusive de leur culte, et quand ils la quittent, ils n'ont plus d'autre encens à brûler. Oh ! certes, personne ne serait assez vandale pour songer un moment à dépoétiser cette belle et magnifique Helvétie; il faut reconnaître que la nature a posé sur le front de cette reine superbe la plus resplendissante couronne qu'on puisse voir : ces majestueuses Alpes, qui sont à elles seules toute une épopée; ce gigantesque Mont-Blanc, dont la hauteur impose comme Tinfini, et dont les neiges se dessinent comnuî des caractères célestes sur les plans de l'espace; le Saint-Bernard, le Golhard, l'Lnderwall, avec le craquement de leurs avalanches qui roulent d'abîme en abîme, et leurs ])yramides de glaces qui s'en-
ÏXH ItfONTAGNES. 7
Il là drpoisdos milliers d'hWf rs; le Valais, avec ses montagnes où ne r^e plBt qu'an Ttsie silence, le si lence de la mon; le Pont-du-Diable, arec «o« arratte natiirf4le suspendue îwr un gouffre; Staubacb, avec sa cascade qui loabe lie neuf cenis pieds; Alels rb , TAar, le Lautenaar, avec leurs glaciers qui
loBt comme des géants; \ Iri, avec ses bautes cimes et ses vallées pro* : Glaris, avec ses pittor esqnes vallons qui s*élèvent en ampbitbëâtre; \ avec son lac bordé de c :bamiantes collines, et sa campagne visitée par ^ Rhône: Neufrhâlel, avec ses i ^teaux et ses prairies d'une verdure ravissante; Ippenzell, avec ses thkïs paysa ges, ses eaux blondes et limpides, ses sources 4fÊM jaillisseni sous I*^ pas ; G rindelwaki, avec son mélange de fleurs et de roocet^ de moissons ondovante s et de landes stériles, de ruisseaux et de torrmtv de foniaines et de lacs : tous ces contrastes, tous ces tableaux, tous ces «■Uinnes caprices de la nature . jeté-s, disséminés par la main de Dieu sur un mrWÊe mA^ suffisent et au delà f lour Taire de la contrée qui les possible la terre l*rufiits«* do merveilleux, H Toi a s'agenouille devant tant de splendeurs. Hais a*v »-i-il pas de l'injustice, de la part des touristes français, a dédaigner des magniiifCFsqui apprucbent de cr Jles-làet qui se trouvent dans leur pays? Là, sur Ir^ ciMifin^ de la Suisse, il existe !, pour parier comme notn' eompatriote Xavier ■irmter. • une confrtW» riante fil pittoresque, riche en souvenirs, fik*onde en {Tands H Im^ux iabl(*aux; une < xmtrrecfui a son histoire à elle, ses traditions, »on «-amci^* poétique, (»t qui, i lu haut de ses montagnes sauvages, n>garde tans envie U>% montagnes vantéeei i le la Suisse et les cimes hautaines des Al|>es. OUi» nmtnV s*ap|N*lle FaA!«cH»:-4 ^Iomté \ » On y n*trouve la Suisse avec sa mmrr ijui change à chaque pas, s e transfigure sous mille aspects, se joue avec b fantasmagorie des contrastes ; ave<» s<*s tableaux tour à lour gracieux et ifvfrrA. riants ei sombres, frais cîl jolis comme le printemps, di'»solés et tristes roomie Phiver; avec ses pa^-STiges charmants, ses rollim^s luxuriantes, ses fiBêf^ ombn-iises, ses prairie* i marquet(*es de fleurs; avec ses lacs romantiffÊf^ sps torrents impétueux, ^ rf. casi^atles êcumeuses; on la n*trouve ave<* ses mckrrs ûpres et sauvages c i pii i>endent en ruines au-dessus de la tête, • rooimt* dit Jean-Jacques: avi'C ses pies géants, qui se |>erdent dans Testompe ilr* nuages; ses cimes déserte* t, où le silence de la natui'C est si profond, et b aiarche du temps si lente, que I: \ nature send)le y avoir trouvé sa tomlie, et le ii«ips y avoir égaré sa faux; âvi t ses monts sourcilleux, autour dt^squels les ttrkfr% s'anMincellent, roulent et | grondent; ave<' ses montagnes rouvertes d'un taste linceul de neige, et qui i np| K'Ilent combien de générations humaines ces MN4»ranlables coloss(*s ont vu pasî ^i et se n»nouveler à leur pit^l, Umlis qu'au nilit-u de la di*stiiiction de toutes choM-s, eux seuls restaient touJ4»urs df*t)Oiit, if4ijoiir% l<*s mêmes.
iNii, le^ Franc-Comtois ont dnii l de le dire : après la Suisse, il n<*st pas de n»inrii«- plus bHIe ;i visiter que la leur, s:ms en exn*|rter rF><H«M» elli^même, #|ai ille aussi jouit d'nne n*noiniiu e pn»vertiiale. HIe la mériit» sans «toute;
• A— r— trj éê r«|f«fM, pftfe 67.
s DESCRIPTION DE LA FIlÂNGHE- COMTÉ.
elle la doit au caractère pittoresque de t^es montagnes, de ses lacs, de ses vallées, de ses paysages, eu un mot à cet ensemble de beautés naturelles qui la poétisent. Mais si TÉcosse n'avait pas eu du bonheur, si la pluin^ n'avait fait pour elle autant et peut-être plus que la nature, elle partagerait le sort de la Franche-Comté : on n'en parlerait pas. La i oeilleure preuve qu'on en puisse donner se trouve dans la ressemblance frapp >ante qui existe entre ces deux contrées. Elles sont l'une et l'autre belles, ace identées, pittoresques; elles ont l'une et l'autre ce que recherchent l'artiste et h 3 voyageur :
Si l'Ecosse est fière de ses prairies, de ses vallons, de ses collines, de ses forêts, de la variété de ses aspects, la Franche i-Comté ne lui cède rien sous ce rapport.
Si l'Ecosse a des cascades que l'on admire, d les torrents qui attirent, des lacs aux eaux bleues qui scintillent, des grottes aux . pétrifications étranges que l'on vient voir de loin, il y a tout à travers la Francl le-Comté, des lacs, des torrents, des cascades et des grottes que la Suisse enviei "ait.
Si l'Ecosse étonne par quelqu'une de ces bi zarreries familières à la nature, par quelqu'un de ces tableaux étalant d'un côt é des fleurs odoriférantes et des fruits vermeils, la richesse et l'animation, de l'autre des fleurs étiolées et des arbustes décrépits, l'allanguissement et la ruinie ; ces bizarreries-là, ces tableauxlà se retrouvent dans la Franche-Comté.
Si l'Ecosse montre avec orgueil ses monta { ;nes majestueuses, cachant leur tète dans la brume des cieux et déroulant à leur pied des prairies éclatantes de verdure, les montagnes de la Franchc-Co inté offrent le même spectacle.
Jusqu'ici la ressemblance des deux pays es: t; assez parfaite pour leur donner des droits égaux à la curiosité du touriste. En poursuivant le parallèle, on retrouve entre l'Ecosse et la Franche-Comté, plus qu'un air de famille, plus que des caractères de similitude, mais de l'it :ilentité dans de certains phénomènes, dans quelques noms propres, jusque d ( ins la constitution physique des habitants, jusque dans leiurs croyances. Ain s i, le sol de l'Ecosse offre en quelques endroits cette particularité, que les | ) lus beaux herbages se trouvent dans les montagnes, et les terrains secs, dans l es plaines; en Franche-Comté, ce curieux phénomène se reproduit le même.
En Ecosse, aux environs des hautes cimes presque toujours couvertes de glaces, la température est âpre et froide pei u lant huit mois de l'année; en Franche-Comté, les vents qui soufflent sur let > Viauteurs sont si impétueux, et l'air si violent, que l'habitant des chalets y pemt à peine passer quatre mois et se voit forcé, dès les premiers jours de l'a ut/onine, de redescendre avec ses troupeaux dans les régions inférieures.
En Ecosse, deux des montagnes les plus > connues s'appellent le Lomond et le Jura : est-ce la nature, est-ce le hasard qui . l'a voulu? mais il y a la Franche- Comté du Lomond et du Jura, comme l'Écos >se du Jura et du Lomond.
Que si l'on passe des choses aux homm es, et que l'on compare les deux populations au point de vue physique et n loral, l'analogie se continue : Le montagnanl franc-comtois présente, voïdi i\e Tliiglander écossais, un angle