‹ Histoire de la Franche-Comté ancienne et moderne, précédee d'une description de cette provinceChapitre 45 sur 52 · CHAPITRE SIXIÈME ET DERNIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME ET DERNIER

Napoléon. — Le générai Malet. — La colonel Oudet ; son portrait ; sa mort à Wagram. — Conspiration de Malet ; son avortement. — Réponses de Malet devant le tribunal ; son eiécution dans la plaine de Grenelle. — Napoléon et la France. — Campagne de 1813. — Les alliés en France. — Les Autrichiens en Franche-Comté. — Siège de Besançon. — Le maréclial Moncey à la barrière de Clichy. — Entrée des alliés à Paris. — Abdication de Napoléon. — Première Restauration. — Retour de l'ile d*Elbe. — Le maréchal Ney à Lons-le*Saolnier. — Ingratitude de Napoléon ; sa chute. — Seconde Restauration. — Vengeances des partis. — Violences et proscriptions du gouvernement. — Moncey ; sa lettre à Louis XVllL — Le général Morand. — Le général Travot. — Le général Gruyer. — Politique de la Restauration. — Les royaliste* et les libéraux. — Charles Fourier, de Besançon; sa théorie d'organisation sociale. — Chute de la Restauration.— fji Révolution de Juillet. — Marche du nouveau gouvememeot. — La Révolution de 1848. — Proclamation de la République.

Le complot (l'assassinai contre la personne de Bonaparte avait indigné la France; des adresses innombrables arrivèrent au premier consul pour le supplier de veiller à sa sûreté. Bonaparte comprit la signiGcation de ce vœu ; il comprit que la conspiration de Pichegru devait devenir pour lui Toccasion du grand changement qu*il méditait; et quand M. de Fontanes, président du Corps législatif, prononça ces mots : < Le danger qu*a couru le chef du gouvernement n*aura fait qu'augmenter sa force en avertissant tous les intérêts de se réunir autour de lui; le projet d*uu grand crime fera mieux sentir le besoin d*appuyer de plus en plus les destinées de ce vaste empire sur la colonne qui le porte tout entier, > M. de Fontanes laissait pressentir la nature de ce changement. Bonaparte, en un mot, ne se contentait plus d'être le chef d'une république, il voulait être le maître d'un empire : vainement la France lui avait-elle successivement donné le consulat provisoire, le consulat décennal, le consulat à vie, pour lui ce n'était pas assez; la dictature consulaire ne le satisfaisait pas : il lui fallait la dictature impériale, il lui fallait le pouvoir suprême, non à titre viager, mais à titre héréditaire. Bonaparte rêvait une dynastie. Il avait, pour servir son ambition, deux complices qui lui assuraient le succès : le prestige de son génie et la fortune des circonstances. La France, fatiguée de ses longues agitations, voulait de la fixité ; elle croyait que la Révolution gagnerait à se personnifier dans un nom, et elle tourna naturellement sa pensée vers l'homme à qui appartenait déjà, par les merveilles de sa vie, la royauté des imaginations : quatre millions de voix nommèrent Napoléon empereur des Français. Na|>oléon croyait sans doute paraître plus grand sous la pourpre impériale que sous le manteau républicain : ce fut l'erreur de son génie. Du jour où sa main plébéienne eut touché à la couronne, il se rapetissa devant l'histoire. Et pourquoi? parce qu'il commença, de ce jour, h mettre ses intérêts au-dessus des intérêts du pays, la famille avant la patrie; parce que sa politique, jirsque-là nationale et grande, s'amoindrit dès lors aux proportions mesquines des vanités et des combinaisons dynastiques.

Coiiiiiie l'a (lit l^hitlraiulihanii, < ce ipâait ifmtaati m lUl pi (lestinH's j O'Ileit dv m-« coDiniiponlM: SM KiMa anivlBMU A rAgs nodenMi, m aiuMiioD ébii (W \icuii Jour» : 11 w »'*percal ^ qw les mincir» ibf u rld «Ml>assai<>nt àa iHMuciiup lu valeur tl'i» diadtiike, M qw cet oniMiKiii KotlHquf loi Mmil iimI. ■ Il w «'a|tercut pas non pitu <|ue. ipiincl oa veut fomlrr tiii «iiptra mr un nom iirojkir, un !>'viitpi|e à Un «ai-nteie !• naUon Uiol ratJèn. k (Muer, I prt\uir, il [tArin \iom lou*. A MM UK, Mut ^blger, Uui «Biiner, loM alaortwr; on s'eiif[UK<i ibns U TAie ik TlnpoMÉMe. El etM qui eMniwml iTdliv m ml» mciiA <iifi(ri( iNufcm »e ooBilMRM & dMler Iwjmin de taHotnie, puce qw u posi* lion ne st- IroHVo itoiiis su oIvbm <fi te* dMn. NipoléM n hl la pcntre. U avall voulu l'em|»ire, il l'obUat :» a'iaUp«««a. HoamiécnpeieiirpwrtilecilM p»* puljire, il ih* x cnil pu en peMCNlM de la init : H miall h cMé de M, mtlessus lie lui, uov autre MMmniMlA qm h ilaH, b uimniMlé uiiaule, tl U con)|ireiiait i|iii! celle-ti pwtmil iMtotni M appeler de l'èlcctlBK i fHottiou. U rlienlia donc i Itr^iUmer son pouvoir daa> un ordre dfkléo dNIirent de »■ wifimr, il vuntut ilouiKr k MD lilre IM saneUan iHvImi, el il décida le iMpa A vealr lie Itoiiiti |Hiur li: urrer pi le couraiioer. Le pipe vint k tbrto; il pndjuni Mtle»nellvinent le nouveau Cliarletiiaipic l'Oiol dH SeifMur. Ce n'étail pisaMei. tedraU

«lit in ne ili :iii [ia<. 3 Nj|H)lt>fin lia faui: |iaÉi. un jm de b naUon, b draM

divin :<vuii iktUu m>m prosUiR, eiaiK jien dca ncci ntjnis de ItCampe. U nu coiisucniii ju* b li^iiiuitc- de b dyntt^ BapoléaHkBM. Eo nia NapoUes a* ilisiii-il le re^LtiiraU-ur île ta inoBVchie; Il s'apeicevitt qiia les ni* m crojrafeat |Kis .-1 son laitifit^'e : la vieille lUmpe n'en ftfardail pa» noiM M dTaaiib Béa de b Kévuluiioii, rouiiiie uni> lOMiJu auK aatn» d|Miiln; «tte M TuyaHai liil qu'ira INirveiiii de la ru;auui, et nolgn^ le naolcau d'eaipemr qa'Uatall jelé nraea éfKinles iiuiii- eouvrir sa cuacpw iht plébéien, db b eoMidérail IMteira eaoHW b n'i>i'<->etiiani <ie cette HévuiuiiDii qye Uinbeaa sniioMnBeneéa avac b panda, qw le i-oniilé de valut piilibr avait dtfendiw avec b lemuT. «t qw M Kapaboa aDall êlre tilili|{é, |ur U h raunie de sa Mlualioa. de propacrr en KurDpe avec l'^pée.

Itli»c- ihv\ sciu urRont ilu w voù- rf>el^ de b faaiHe dea ro», ■» >oar le aoldal cunrunné s'ci-na : i Jti wni aranidli aaab phnaodea rolde l'EMPOpe; > aipaar tenir |iarule, poiir uMMlrer qu'il voulait «1 tarait être «Nverain. oa b rit, ^eiOBnani mui elietal i Iraven œUv Eurvpe^ caarir d'une nouarelite k TaoUv. jelar has ileN irônes i-{ des rjiarouiK», dotlliMir dea rob, rayer ici un «apin de b arir, sceller i;i du (Huiiineau de «DB épèa w rojauM de u «rtaUoi ; prnaoncw «ar In d>nasii<-s ;iii niilicu de b foadie «1 do» Main, at démw b tnafa et r«paûa^ roinnie sj pensée ilevfirall b HMiode. Puisque lai fiailea rajaute Iniiwail m ruv.iut« iro|i Diiuvelle, il vaubii, dau» M» bipaiHaaee A deawf des dècto pour riindeiiii'uis à fin irAiH-, Il vMbii hii dooner tant de rldatiei pour cMnaaoMata, t|ii<' le ('résilie de b plaint nOarfrait b pratije de l'Aie, kl, Napoldw •« iraapaK dau^ u» autre win : eu «lèuiteaM des MOMTBldei. NI Hmm im tmibàb laBaaM é|H l'un, en traînant d« rvvautés derrièn tau char da trtoaipllr, il Unît lairtar aiiiM l'illiiMon |iu{>uUii« i|ul vojait ilai» In isb ik» Mres Moés et A part; I >e iitDiilrail aiiLv. i-ontre *n inicuUoa». coair* ««a bal. b pni|apBdMa b fkm t^

doutable du principe révolutionnaire. D*autre part, la gloire est une flamme qui s*éteint, à bout de luire; et Napoléon, malgré les prodiges de son génie, malgré réclat qu'il jetait sur la France, malgré ses conquêtes sur les rois et son omnipotence en Europe, Napoléon doutait de Tavenir : il voyait que, pour garder le pouvoir, il lui faudrait le grandir indéfiniment; il sentait que ia victoire devant demeurer sa seule légitimité, il faudrait vaincre et vaincre toujours : or, il y a des limites au delà desquelles on touche à Timpossible, et la victoire est une légitimité qui a besoin de se reconquérir sans cesse. Napoléon avait vaincu à Ulm, ce D*était pas assez; à Austerlitz, ce n'était pas assez ; à léna, ce n'était pas assez ; à Eylau, ce n*était pas assez; à Dantzick, ce n'était pas assez; à Burgos, à Eckmûlh, à Ratisbonne, à Vienne, à Essiing, à Wagram, et ce n'était jamais assez. Pour vaincre encore, il s'enfonça dans les déserts de la froide Russie; mais la victoire et la fortune étaient lasses : elles se refusèrent à suivre plus longtemps et plus loin ce marcheur herculéen, et l'on sait le reste; on connaît cet immense désastre militaire qui s'appelle la retraite de Moscou. Et pendant que l'homicide climat de la Russie endormait dans un linceul de glace et de mort les soldats qui avaient subjugué l'Europe, un événement étrange venait révéler à l'homme qui voulait être avant dix ans le plus ancien roi de cette Europe, combien sa dynastie avait peu de racines dans la pensée de la France.

En 18iâ il existait à Paris un vieux républicain que l'ombrageux gouvernement impérial gardait depuis quatre ans au fond d'un cachot : c'était un homme au caractère audacieux, à la volonté forte, à l'âme ardente, c que la nature, dit Charles Nodier, avait formé pour troubler le sommeil des tyrans. Elle lui avait dit : Conspire, c'est ta vocation, et il conspirait comme on existe, comme on respire. Toutes les facultés de son organisation étaient à l'unisson de cette volonté dominante : une fermeté inflexible, une pertinacité infatigable, une trempe de courage k l'épreuve des persécutions et des tortures, une force physique à rompre du fer. » Cet homme jeté dans le moule des Rienzi et des Procida était le général Malet, né à Dôle en 1754, d'une famille noble, et parti capitaine de volontaires, lors de la formation des bataillons du Jura. Parvenu rapidement au grade de général de brigade, il avait servi en Italie sous Championnet et Masséna. En 1801, il commandait le camp de Dijon ; mais il fut disgracié à cette époque, parce qu'on le soupçonna d'avoir formé le projet d'enlever le premier consul, dont il voyait déjà percer les desseins despotiques. Malet vota contre le consulat à vie, ce qui le fit exiler aux Sables-d'Olonne ; c'était le moyen de le rendre encore plus hostile au gouvernement. Bonaparte essaya de le gagner, en lui faisant envoyer, parle grand-chancelier de l'ordre de la Légion d'honneur, le brevet de commandant : c Citoyen, répondit Malet, j'ai reçu la lettre par laquelle vous m'annoncez la marque de confiance que m'a donnée le grand-conseil de la Légion d'honneur. C'est un encouragement à me rendre de plus en plus digne d'une association fondée sur l'amour de la patrie et de la liberté. > Et un peu plus tard, il écrivait au premier consul, devenu empereur : c Citoyen premier consul, nous réunissons nos vœux à ceux des Français qui désirent voir leur patrie heureuse et libre. Si un empire héréditaire est le seul reAige contre les flietiODs, soyez onpereur; mais employez toute l'autorité que votre suprême roagistratare vous

lUANCIIk-COMIK KIIANÇAIS»:. 087

• i"iiiH', (Miiir i|iii* niw iioii\t*l|(> toriiK.' Ao. gouvtTiiciiient v)it (*oiislitii('*f ite inaiiière .1 iiniiN pif'MTMT (le riiir;i|iarilr nu d** la t\niniii«* <lc vos successeurs, et qu'en

I «il.uii iiiM* iMirtinii M préiMiMisi' i\v noire lil»ert«s nous n'encourions |ias un jour, de l.i |i.'iri lit- nos «nfaiils, !«' ivprortie (r.i\oir s^icriliê la leur. •

<>x r{u<■l.|Ul•^ haltes (lu rcpiililicam Malet à lVu)|H.*reur de la Hépul»lit|ue n'étaient |MN Miiliiiiriit (li;:iH><. rlli*< éiairiit prulondes; la vraie |N*ns('*e ne s'y tniuvail |kis

• l.iiis iis mots. .Napoli'un iliil le eompremlie; mais la couiluile de Malet expliqua ce

• |ii«' ^.i [ihiinr ii'.i\:iii pas dit : il en\o\a sa dénii*^siou eu uiêuR* temps que sa lettre. Ih- (l'joiii, Napii|t*<»n l'honora de son r(*s>entnnent; et la (ndiee iui|M'riale trouva riMT.iMiiii d'iiii'arccier, ]Hir mi*suiy dr sùrettr et de répression^ comme on disait .i!n|s, ir ;!riitTal M.ilel. i)ui passfiil pour nn des mcmliies h*s plus influents et les }>liiN nmipiotiiis di* la MMicir des IMiilaiielpIies ou Amis de la liberté. Iletle société M' rniiipMs.iit vu ^M'aiidr partit* tW rcpuldicain^^ |ioursiii\is ou MisfiecLs, qui clier- « l'.ih'iil alors, daii> li* iiiwirn' des rêuninn*^ secreti-s, à se connaître, se souti*nir, se «••liipirr; NMii rentre t'tait à Itesiiiinn, que li*s asMiciés ap|N*laient l'hiladeiphie^ ni v\W a\:iit pniir <'lii't un jtMiiie (innime t)ui > prenait le nom de IMiitti|N'*nii*n, hien lii Mit', du rt*>(e, par M»n rarartrn*, de se (lersonnilier dans ce lirros de la vieille (.Kl I- Cl- ji'iiiir lioiniiii', ami et roni|Kiiriole de M.ilel. et que le };eniTal llonaparte M. ni rminii partii-iilitit'nn'iit, rtjii le eolmnd tiiidel, celte or^aiiis^ition M étonnante, •■ f t'^^juit si ilivtTs, rrlte àiiir s| (-|it'\jliTrvpie, re rii-ur s| dé\oué, ee 1\(n* si ori|ei-

II il l'Miit. iiiriiii i!i' ^1 s liM>;:raplif> a rss.i\r di* (N'iiiilie ilans le |N)rlr.iit suivant :

• ihidtt .iiiraii r(i* ,1 sni) rhnix |mm(i'. orali'ur, liirtirirn, iii.ipstr.it; 1 anm-e entière

ia piiM i.iiiii' ltr.i\<> Jamais nu n'a riis''riul»lf di-s quaiites ^i eontrastee> et

I •;•' ! I.di! ^1 nariinllcs : il avait ia ii.iivitf truii enfant et rais,ino* d'un homme du I • Il '«' , lie ralunlftii I omiii'* une jt'uiir til!i* si'ii>dde, de la ferini'té lomme un \ieu\ rio:ir.i;ii; df l.i raiitli'iir et di' riifrii^iin*. (i'it.iit Ir plus actif et le plus insniinant

• Ifx 'iitinmrN; paii'sM'U\ aMT ili-Jit'cs, iiifaii^Mldi' iLius m'> entrepris^, immiialde d iii^ >i s r> snliiiioiis-. dnii\ ft si^iriT, fnl.itrc rt sfrii'iix, tendre i-i tcrnide; Ali'duade

• [ \|.irii> '. i[r mt>r\«illi'U\ jiMiiii* hoiiiun** liont inaiLiiiH* de Star! a\ait dit : « Ile N I I.! ri..il ju^rr I l'hii-la qiiedflf noiniiiiTfioqut'Ut. c'ftait relo«]uenri' elle-même, • ii.tii riitiimiiii't' df liiiitiir litMiir iiiif <'\i>lenre lii'ronpie rtiuime son e.ira« tere, et

• {iM ^1' iiimiiia dans un l'pisndt* ftran;:i'. Uiitli'i, ne à Mj\nal, \iilapri' de> en\inms di' I •ii:^-li-\iiiliiii'r. IX' ('oiii|tiait pas riimn' di\-s4*pt ans. iprd akiniltinnait s.i fa-

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mille et ses montagnes pour prendre le fusil et s'enrôler comme volonlaire dans un des bataillons du Jura. Il conquit ses grades sur le champ de bataille; mais chaque grade lui coûtait une blessure, chaque bataille révélait en lui la bravoure faite homme. N'est-ce pas Théroïsme parlé, que cette réponse d'Oudet à des grenadiers qui, le voyant renversé h terre d'un coup de feu, croisaient leurs fusils pour lui en former une litière et le porter à l'ambulance : « Camarades, que faites-vous? l'ennemi est là! — Si nous n'enlevons votre corps, lui dit-on, il restera à l'ennemi. — Repoussez l'ennemi, réplique Oudet mourant, et mon corps ne lui restera pas. > Contre toute espérance, Oudet ne succomba pointa sa blessure; quelque temps après, il se signalait à toute l'armée par un trait resté célèbre. La veille de la bataille de Marengo, Oudet, placé non loin de Bonaparte, sortit des rangs, et, s'avançiint jusqu'au cheval du consul : « Je veux m'assurer par mes yeux, lui dit-il, que tu es en eiïet ce Bonaparte avec lequel nous avons conquis l'Italie, et non pas un imposteur paré de son nom pour opprimer la République et assassiner la liberté. » Oudet était un des officiers républicains qui voyaient poindre Napoléon sous Bonaparte, et il figurait, comme le général Malet, parmi les chefs militaires opposés au consulat. Bonaparte avait essayé de tout pour se le concilier : n'y pouvant roussir, il le relégua d'abord à File de Rhé, puis il l'exila, mais il le rappela plus tard, avec d'autres officiers que le gouvernement poursuivait de ses méfiances; et le colonel Oudet vint finir à Wagram, le 6 juillet 1809, sa carrière dans des circonstances si étranges, que le soupçon d'un crime plana sur sa mort :

« La bataille de Wagram, raconte Ch. Nodier, était finie depuis plusieurs heures et couronnée par un succès non douteux. Oudet, blessé, selon l'usage, mais plus légèrement que de coutume, s'était retiré avec une partie de son corps d'officiers et un faible détachement du régiment. Il n'avait pas reparu, et l'on s'étonnait de son absence, quand on le trouva expirant sur un monceau de cadavres. Il vécut quelques heures, prononça quelques phrases, confia quelques noms à un autre blessé qui lui servait de secrétaire, et dicta, dit-on, une lettre. Peu de temps après, il fut inhumé, suivi d'un petit nombre d'amis déses[)érés. Deux d'entre eux se tuèrent sur sa fosse,

un lieutenant d'un coup de pistolet, un sous-officier d'un coup de sabre Le

lendemain, le bulletin annonça en deux lignes perdues la mort d'un colonel dont on ne désignait ni le nom ni le régiment, et il n'y avait pas d'exemple de cette négligence oublieuse dans l'énumération des beaux faits d'armes, surtout à la suite d'une victoire. Le nom d'Oudet, si connu de tous les vétérans de l'armée, n'était pas d'ailleurs de ceux qu'on pouvait omettre sans injustice ou sans motif. Les épisodes même qui se rattachaient à cet événement étaient de nature à lui donner un relief singulier que l'habile rédacteur de ces petites épopées historiques n'avait pas coudépit. MeUez ici l'imafl^iDatioD d'un adolescent heureux qui rit à son avenir, la mdiilité d'nne femme sensible et romanesque, l'inspiralion exallée d'un poêle, la loyauté religieuse d'uo clievalier, la bra> voure fée d'un vieux preux, l'austérité sloïque d'un vieux sage. Attendez! nous n'avons |»a* flni. Prêtez à cet ensemble idéal tout ce que vous savez de prestiges, une voix émue et vibrante qai saisit le cœur, un regard d'aigle qui le domine, une âme qui l'entraîne avec elle où elle veut. Aoimei tout cda, ti vous le pouvez, de ce feu divin qui n'a été dérobé au ciel qu'une fois, et, ai vous Toseï, Iracei aa-desioua de cette ébauche imparfaite le nom de Jacques-Joseph Oudet. >

FRANCHK- COMTÉ FRANÇAISE. 6bn

liime de dédaigner dans ses récits. > Ces diverses circonstances tirent son|>çonner qu'Uudel avait été assassiné pour se débarrasser de lui; niais, tout on rejetant une supposition si odieuse, on ne peut s*einpécher de trouver étrange Toinission d'un nom comme celui d*Oudet dans le bulletin impérial, et voilà poun|uoi la mort du colonel jurassien est restée un mysUM*e au fond de bien des consciences.

Quant au général Malet, le gouvernement impérial le tenait enfermé depuis 1808 à la prison de la Force; il en sortit en i8lâ, à la veille de rex|)éditinn de Russie, pour entrer dans une maison de santé. Ce fut là qu'il conçut le projet le plus audacieux que jamais tête de consj^irateur ait élaboré : il entreprit de renverser à lui seul, sans complices, sans ar^i^ent, sans armes, le pouvoir impérial, ce colosse devant lequel tremblait rEuro[)e. Les circonsUnices parurent favorables à Malet pour l'exécution de son plan : l'empereur était en Russie, à six cents lieues de sa capitale, et il n'avait pas songé, en prévision de l'avenir, à laisser derrière lui un conseil de r^ence; d*autre part, la France commençait à voir où la menait l'ambition de cette nH)narchie militaire qui s'engageait dans une guerre sans fin. Malet s'était demandé ce qu'il adviendrait si Ton apprenait subitement (]ue Napoléon avait péri sous les murs de Moscou, et Malet s'était fait cette réponse : h Lv Sénat s'assemblerait; il rédigerait une proclamation; il nommerait im gouvernement provisoire. » Malet dis- |M)se tout cela dans sa tête : il rasst'mble le Sénat, il rédige la proclamation, il nomme le gouvernement |)rovisoire, et au jour marqué, la nouvelle de la mort de l'empereur éclate. Le :23 octobre 181:2, Malet se rend, à deux beures du malin, à la caserne des Minimes, cbez le colonel Soulier, counnandant de la garde de Taris; il fait réunir les ofiiciers et leur lit le faux sénatus-consulle suivant :

« L'em[)ereur ayant trouvé la mort sous les nuirs de Moscou, le Sénat, rémii e\traordinairement, décrète :

€ Art. l*^ — Le gouvernement im|)érial est aboli.

* Art. 2. — Il est remplacé par un gouvernement |)rovisoire tlont les membres méritent la confiance des troupes et de la nation.

« .\rt. il — l/acte (|ui règlo ce cliangement sera communiqué aux troupes dans les ciiscrnes par des généraux ou ofiiciers d'état-major.

€ Art. i. — - Le général Hulin (chef de la première division militaire), par une conduite inconsidérée dans la circonstance, ayant perdu la conliance du Sénat, est remplacé par le général Malet. »>

Reconnu à la caserne des Minimes en qualité de gouverneur <le Paris, Malet court a la prison de la Force, y fait nieitro en liberté Laliorie et Cuidal, deux anciens aides de camp de Moreau; il leur n));)reiid la mort de reniporeur, H nomme Laliorie ministre de la police, (iiiidal préfet de police. Onebiues minules après, il se présentait à TéLit-major de la |>lace, ciirz le général lliilin : « (iénéral, lui dit-il, remetle/inoi votre épée et le cachet de la |)remière division militaire. Le gouvernement m'a chargé de m'assurer de votre |)ersonne. — r.énéral, répond Hulin en se troublant, j'obéis...; cependant... de (pioi nracciise-t-onî'... Je me rends aux ordres du gouvernement. Passons dans ce cabinel, je vous remettrai les papiers de la division. » Au moment où l'on entrait dans le cabinet, madame Ilulin, qui avait tout entendu d'une alcôve voisine, sortit brusquement et dit à son mari : a Que monsieur

le moDlre ses ordres, puisque! doit te remplacer. — - C'est vrai, où sont vos ordres, général ? Je veux voir vos ordres. — Les voilà, i> répood Malet, et d*un coup de pistolel il casse la tête au général Hulin.

Pendant ce lemps, des émissaires de Malet, qui se croyaient les agents d*un gouvernement légal, s'emparaient des postes, du Trésor, de Tbôtel de ville ; Lahorie s'assurait du ministre de la police Savary, et Guidai faisait prisonnier le préfet de police Pasquier. Mais, en sortant des appartements du général Hulin, Malet avait été reconnu par un m^or de place. Dès lors, tout fut fini : avec klalet, on tenait toute la conspiration; à peine eut-on prononcé le nom de Taudacieux général, qu'il se vit bâillonné, garrotté, jeté dans un fiacre et conduit en prison.

Cinq jours après, il était traduit devant une commission militaire, avec I^horie, Guidai, Soulier et dix-neuf autres accusés. En présence de ses juges, Malet ne démentit pas la fermeté indomptable qui faisait le fond de son caractère; il trouva des réponses que Plutarque eût recueillies, c Quels sont vos complices? lui demanda le président du tribunal. — Vous tout le premier, si j'avais réussi, » repartit Malet. Ce mot fit pâlir plus d'un visage, c Qu avez-vous à dire pour votre défense? — Pour ma défense, répondit-il d'une voix sonore. Un homme qui s'est constitué le vengeur des droits de son pays n'a pas besoin de défense : il triomphe ou il meurt, r Malet fut condamné à mort. Quand on eut prononcé l'arrêt : c Citoyens, s'écria-t-il, souvenez-vous du 23 octobre. Vive la liberté ! » Lahorie, Guidai, Soulier et dix des accusés furent aussi compris dans l'arrêt fatal. Ici la justice s'égarait; elle frappait des innocents. Le seul coupable, c'était Malet; il était à lui seul toute la conspiration; il n'avait pas un complice : les autres accusés n'étaient coupables que d'avoir cru trop facilement au bruit de la mort de l'empereur et à l'authenticité du sénatusconsulte. Mais une erreur n'est pas un crime qui doive coûter la tête.

Le lendemain 29 octobre, les quatorze condamnés furent conduits dans la plaine de Grenelle pour être fusillés. Malet était plein de calme ; son visage n'accusait pas la moindre émotion. Une foule nombreuse attendait les patients. Quand on les eut rangés en face du double peloton de soldats chargés de l'office du bourreau, le général Malet demanda lui-même à commander le feu. On lui laissa ce funèbre honneur; et lui, d'une voix bien accentuée : « Soldats, attention à mon commandement! Portez armes! — Il n'y a |)as d'ensemble; recommencez ce mouvement, et tâchez de faire honneur à ceux qui vous ont montré l'exercice. — Portez armes! Apprêtez armes ! — Bien. — En joue ! Feu ! — Vive l'empereur! s'écria, en tombant, l'un des condamnés. — Ton empereur! répondit une voix, il est comme toi, il est blessé à mort. > C'était la voix prophétique de Malet. L'héroïque supplicié n'avait été qu'i) moitié tué par le plomb fatal; des mains l'achevèrent à coups de baïonnette, et on l'entendit murmurer, avant de n'être plus qu'un cadavre : c Je tombe, mais je ne suis pas le <lemier des Romains. »

Ainsi mourut à cinquante-huit ans le général Malet, un des représentants les plus austères de l'idée révolutionnaire, un des martyrs les plus purs de la liberté ; Malet, c que l'histoire cependant connaîtra peu, parce qu'il n'a joué sur le théâtre du monde qu'un rôle d'un moment, il n'avait qu'une quahté qui l'élevât remarquablement au-dessus de la médiocrité, mais il la portait à un tel point, qu'il y a peu de

niAKOïK-nitvTr. ruATiçAtaR- m

icnnib hommes «iiii nf lu lui eustenl myUe : e'éuit km lulleilliini^ de itrliiripM. uDe rlgklilé (te wtlonlé «ful ne w bliwiil pitor h anciiti èr^nenim. ci <|ui r^atciiMil rontre tous les (-rihiementii eoDlnire«. um aiurune artcplion (rinl^^l penKiOMl. • (Hixioirf rf« Sifiéth *e<rftn lU Vttrméf.)

Napolton apprit i \a foi<t en Rit««ie, |iar une e«Ufrae. cl b cnitcplnKioB de Malet el l'exéculion di! la (ilaiiic de llmtelle. Il fui nffny^ de ce coup de taaia, Il AU bHlK gni de la fadlit'' nviT laquelle In promlcn R>iKtioniulrtt d« TEaiflIn inlHl «l premier hniit Ar un tiiurt. ■ et «or ronlra d'UB iiM<aDnu, • cmnm il dinM, CMPWitl il déposer le pouvoir, .'i rf^ler (mit poMe. ■ Ki iitns IIK, «'éciù-l-il d'uiw voisinln, pereonne n*v i si>ntté! » Nnn, penoniM n\v avait wtj)^, parce iftwdMna nmbIi (|ue NapoIéOD él3\t Ji lui »eiil toute u dvDislie. Lr r^fime qu'il aiaU tontH dliittfiM vuvre personnelle, il devait l'emporter avec hil, piroe ipie la •'rama B*«a vmlill pas : elle ne voulait fiai d'une pottdque 4|iii. au Ile» d'sMurer ta cow|«te d'IutiUtions libre)!, ne itonaiil que le despoiistm du saIik. La Vnoœ de la MrahKiM n'entendait pan .ivnir Tait lanl de ucriflcn depui* vfnfTi >tit i, ta llbarté. pMr CtaN rnoJer ù un lion^nif , d t-'e«l lA ce gue roulait NapolAon. Lui <|iil dmH k II iMnM» cralie d'être ta [tliis uraiidr- n>DOniro^ d» icmf» moderne*, tl Tavalt. I1llusln> iii^t, enrhaln'v rviU' IIImtI^; il avait (ïil partout le tllenn* autour de vt dirlature voilée de gloire; il avait di^irAiie la touveraiiielé du peaple. il aviii incan-M ta m>erl(> individuelle dan» »e» prftuMn iTSm, Il mH àècÊÇiU te Rbeflé d« ta preiw, il avait mutilé \a Nhcrlé du Jurr. U nvtU nliré ta paoto k ta Rbtflt éê h MkMH : e»i|>eri>ur d'uni- n-imlillque. Il s'était taU ta plH éUfilItt de* rak, dM|NH Ihilnl aux pieds les dmiui du ritoyen el l'imrMaMtUé de ta eoBsehawe; livrut ta Tta de rainitlt: h l'inquiMtlon d'une polk» oiiilin|enae et lvmnii|w; umM dMs rilad»seiuent de la sen-iltidi' le* gnmh coq» de rÉni. et piABudaU qu'il n'y eût qii*inM voix dans le pars, m vdU; qu'uie wlMlé, u TClMiU. liait ta frwÊttt cê carteau du monde, s'étiii indignée i ta In 4a D'tv«ir plu» la droit dl ptmer', dte i^MiM fatiguée i laDn de laiHcr aa KherUt ail oMlM 4*ni bMiae v" M |MWalt «■ méat temps son repoa et «M tuif. t'Eimiie, de loa edtf. aiieMtaii ta «mhm de praaito sa revanclie cooire ecM qui Tmll hniUlAe par M» vMelKa. al iMhlWnael ^m les mauvais joun éttteai vcrh paar k dBMpiir ém nlt, rnnriainn imbliii tav^ rable. Les désastre» de ta omplviM de RMrfe ifltaM domé ta «iffMl au raenl^ iucut> dL-s viciliM nitatité» : cita» noonfereai taar «mBiîo». tt\ M« itapM; tÊm lirem «tes sppnM» foniiidaldca paur MiiMliu' rnuMmi ronniH; ellB amlavtnu les |<euptes en t.>m|4(naDl coMie NapaléH ta» ■rwe* r^Hnlutioanatte» qui NapaMo* n'avait pas voulu cinplovw tObUt tai rata : < l^()li-»! disaient «ai AOiaiMd» tai prorlaiiialiuns de* utuisirs el dai fMmi Nirkfatan cl pnwrtiaa, pe^dta, flojw litires; vi-nei à dous! fiien eU à nweilia, etwm alniMou rcBftr M aoi elfiÉi. Toute distinctioii de nagi. de aaiiiçr, de faj*, m fcuieta de a«a M(l0H; MW somiues tous de* huiiiwn libre*. Ij bbcflé •■ ta mon ! • àkn ddala ce fnMl iiHmveiiifnt de ried^pentanoc aUntuiMlc qw ta polUlqae dca nta «d il b rkpliiiivr, «-1 qui lourdonni un inillK» de comtonaMa. NapotfMi n iiiafnie avec se» viMUn plntaefe» el acajeesct hatainoii». Les vtâai» de ta fnMt se iiiiiiiir^ri-nt, i I Jiueo. i BfeulMa, à Pfru, t Urmle. lueM Imnr^ H |

qifils l*avaicnt été aux journées d*Austerlitz, de Friediand ou d'iéna; mais ils vîdrent se briser, contre le nombre et (a trahison, aux thermopyles de Leipsick; elles désastres de cette l)ataille de trois jours, que les Allemands appelèrent la bataille des nations, ouvrirent i\ TEurope confédérée le chemin de Paris.

Vers les derniers jours de Tannée 1813, les soldats de l'étranger coaimencèrent h mettre le pied sur le sol de la France : les Anglo-Espagnols s*approcbërent de la ciipitale par le midi ; les Suédois et les Allemands, sous la conduite du parjure Bernadotte, s'avancèrent par la frontière du nord; les Prussiens et les Autrichiens entrèrent par le Rliin et la Suisse dans les provinces de Test. Les populations de ces belliqueuses contrées se formèrent en corps-francs pour repousser Tennemi ; elles organisèrent une défense beaucoup plus vigoureuse qu*ou eût pu Tattendre d'une nation épuisée par vingt ans de guerres. Les robustes paysans de TAin, des Vosges, du Jura, du Doubs, chez qui le sentiment du patriotisme était en rapport avec la nature austère de leurs montagnes, firent éclater de nouveau cet enthousiasme et ces eflbrts qui les avaient illustrés au service de la liberté, et il se passa parmi eux, dans ces jours du grand naufrage de la France, bien des traits d*audare et (l'héroïsme qui tinrent du prodige, bien des exemples de dévouement qui rappelèrent les dévouements antiques : car on vit nombre d'épouses et de mères, digne> des femmes de Lacédémone, mettre elles-mêmes le fusil au poing de leurs maris et de leurs fils ; on vit nombre de modestes citoyens, dont le nom et la gloire n*ont pas dépassé le pied des montagnes, accomplir de ces actions qu*eût recueillies et immortalisées la plume de Walter-Scolt.

Ce fut du âO au 80 décembre que les cent soixante-quinze mille Autrichiens du prince de Schwarlzenberg envahirent la Franche-Comté ; l'aile droite de cette immense armée descendit par les Vosges sur Vesoul et Gray; l'aile gauche pénétra dans le Jura par (jcnève, et s'empara de Saint-Claude, de Salins, de Dôle; le ccnlrc arriva, par le canton de Neufchdtel, devant Pontarlier, Baume-Ies-Dames, Clen'al, et se porta sur la route de Besançon : mais les Autrichiens ne s'étaient avancés qu'en tremblant à travers ces montagnes où ils rencontraient h chaque pas d'intrépides et insaisissables partisans, armés de longues canardières qui leur envoyaient la mort ; et les vifs combats qui se livrèrent aux environs de Pontarlier, de Baume, de Saint-Claude, de Salins, de Dôle, de Vesoul, prouvèrent à Tétranger qu*il avait besoin du nombre pour triompher.

Maître de Dôle, de Gray, de Vesoul, l'ennemi se rapprocha de Besançon, qu'il cerna de toutes parts en prenant position à Chai^elle-des-Buis, Fontain, Beure, Velotte, Avanne, Saint-Ferjeux, Tilleroyes, Palante, Chalezeule, etc., et Besançon, déclaré le 9 janvier 1814 en éUit de siège, se trouva dès le 10 au matin, bloqué par un corps autrichien de quinze mille hommes. La ville, placée sous le comroandenient du général Morola-Marulaz, militaire plein de bravoure et d'honneur, était organisée et disposée pour une longue résistance : elle avait ses remparts garnis de pièces de siège, de mortiers et d'obusiers, ses magasins remplis de munitions de toute espèce, sa citadelle approvisionnée d'armes et de vivres; elle avait le courage héréditaire de ses enfants et l'appui d'une bonne garnison. Tout le mois de janvier se passa dans des escarmouches d'avant-posles, (pu furent couronnées, le 31, par

nut<aiE><iurr£ nuNÇAi«E. on

un roinhal trt-S'Vir. où lu)> Aulridiinu «MRtt ira (tmiI nAnilire d« tiii>» et <Ut UtssH. lu éiMiiN brouillani, siinenu le* josn NiWMbi, «nriiq^ la %iUe i-l ta eoTlnio» t-l d<^is.i 1.1 |>o>iii»n tirs aHMgraM* : qMwl il H lUMipa le 15 révritr. In Wm»liiis (tiireiii ;itH:ni'Miir ibute* laUitMSibi Uoem. Le» attaques nooMUMCèml: 1.1 CdiiiH-lkMle^-ilui» i-i If pblun iki Tmit-CfeUel», oè la AnlrichiaH anivRl in l>c»ti', (lotiiinni li> UiéAtrc tir eombalKfréirDculsfianimte: a <)■ moi» i)p Rhricrl i;i lin do uKirs, le géiriM MNnln II nwMirtar mip «r coup des wttk* vlfoiireiiM*!!. Ijï 31 luani fui un Jour de fetlaiBe l lot labiluu. Huab in MiUals de la K»riiisun, rt-.'ili-niitMx hrumaRi priMKSttcrMMfni; mnistKw virml rf^utiM wai^ré Imir lirilUtiU' vateur : ccRl rtBfl-ciiM| nacl>, tnib cniu blr-M^, iiiuin'- \iii|tis iirisoniiltn faiU pur le» Autridiiutt, liinial le» faifcs i)ue lo <li!letuean dr Kesanvon iuiutinmi ilc loir c&intt du» erlle rude JouméB. L« IcndOMbl, h roiiibal recoiuiiimi^Ji : I» UlaoaU» m uutiiirau qialiv bHriJi, peodani tesqueBet le ruiion de la riindelle Miova |ifH ée daq nu» baoleU à Toioenl ; mis, ceUe fois i-iK'ore, U c'(iiira|{>> dut m> rvplicr daranl b Minbn : In asulUnilt nalrtmil drttis la ))h(«> <>■ lii>M>»ni !(ur k dUMp de battiBe «e« Ttafi nom « phn de ciM tdfsst'». ('.eli« >:iiiuluul'' sortie lU la dmlèrv du Uwuf *.

IViKbiit r|iii- 1.-V itigotiUB» liUotant me ttai d'éMriie csnire rtovasion Mn»- KJ'ri', un des |>llI^1llllMrl1Qlsdf)tittillBlllectUïfiUnil,lwMlieal!»dp ik, dorffuri-^ su|iri''iiicv ix^ur rckinler de qudquethewci laduiledel'KtNpIra : ki iktyni d<-« iiiuriVliaux di; Kraiirv, Xunnn, eomnafldanl dfl 11 farde aalioaale di* l^hs ri iruetTitT .'t (Mure il<- Bar'*)"), nvi^ pnr au ntlicn da trabèMM qui abciiMit b ttrarule ville, Moocqr ninwvaU cob(r I«s rBDBnb de mo pajv Tébn pairUMlqw dtf b jouDcsse. Le» tain-raiD» alités, ayant mal qnraMe niHe iMBaws me «R :iiili)unk'l'am,*'élah!iitil^ciilé»l braujuDr rBlUi|iie : Ita wihIbbI JCtnnnin qw N:i|>ol<^ui s'at loçM lur Pari» k BiardH» ItonéB» ; IbnnirRt. d'aum part, qtw b r.i|iiii(i«' t'Uii iiiandonn^ I de» aaMWs dbtMaèe* k EnUr. que b dbatdre y i«- KrKiit d;ui<^ IikjI.-s bs odiiiinlsIfatbM, qv'll n> anlt U penoBUe pour argiiniMr b rt^i'si;ihi-t'. difinvr l«fl e4|irit9, noiiwr les HUaui. ifa'aii eontnira on ytmaUbJI k |.3r3l>-^T 1.1 ii.'r.'fi*e : et b 30 niar» IHU. ib IMmi b haïaUle. iMtmrtkn ée l'iins, \a jt-ui)[-vM> il» AfjaliA nttluin», b farde aadoaab, mni ce qa) paml b jKipuliiliim lariMciino avait sH ootur b balw de THnmttt, JtfhjètrM wm iJaitrabla i'i>ur:iK<' {MUT vaivvr In icrande vilb; fBa» er M k b hairikn de CUdi^ qae ta» solibbi ilr^ la I mUu»b rcncontrhïnl b pla» de rlabtaDM. Li Mail Maawy, ane M* lils. wu dii-r >l.Lit-uia}ur. <)«# art«l» etdea éctivains qui ilaifMaN da fâlria* ii>uii' Il |Mrt.ii:<-.ii>'oi Us |H'nt» du noMe ouvédol : ■ Naa> «Toa» Nca cuaMeacd, leur diMiii-il, tiiiuit Oman» bbn Rnir. CeM b BoVe derabr nUamAtmeai, faiwaii iiu d<-niier i-iK^ri : l'houacar d ta paliVwiyibcBiwnaadrK.» BayaidMLaloaN ilAuvi'iKnc II V-iiswBl |D« anlnuHBl laflé. Us PMbhw caaliBnimal k Mn di« liruiliiji's di' \a\tt\t. RMb Inur tùunge denél k b Aa aieamha uw» b MMBlm : • Ils MiKi in»|>! * dMiml-tls, M Ib UMibabal ea «mnoanal k ao« de b |ulri».

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Ml AN( :hk - coMTii Fri.VNi;.visi:. air,

la |iaix eu Europe, l'empereur Napoléon, lidùlc à ses serments, licclare «pril renonee pour lui el ses héritiers aux trônes de France et d'ikilie, \K\\Xit qu il n*est aucun sîicrifice personnel, même celui de la vie, qu'il ne soit |)rcl à l'aire dans rinlérél d*^ la France. »

Nour jours après, Napoléon partait pour Pile d'Elbe, en laissiuil à Tannée ces imniorlels adieux de Font^iinel)leau, qui ont retenti dans le monde, et les iiourhons arrivèrent à Paris : « C'est à vous, dit Louis WIII au prince régent d'Aniçleterrc, que j'attribuerai toujours, a))rès la divine Providence, le rétal)lisseu)ent de notie luaisOD sur le trône de nos ancêtres. )» Par ce mot, Louis XVIII révélait le vice radical de la Resuuiralion : elle venait de l'étranger. >c Le nouveau (gouvernement avait cependant de grandes chances de durée : il n'y avait plus d'ivresse révolutionnaire, plus d'idées républicaines, pins de désir de (gloire; on ne demandait que du calme et la |)aix; la Ht'volution se trouvant pour la première l'ois tranquille d;i côté de l'étranger, qui la voyait encliainée entre les mains des liourbons, il ne falbil que laisser aller la machine administr^itive de TEmpire : « Si Louis WIII fait « bien, disait Napoléon, il se mettra dans n)OU lit en en changeant seulement les « draps, car il est bon. » Mais tons les actes du gouvernement royal ne furent «lu'une réaction aussi niaise que violente contre le passé : l'émigration traita la France en l>ays compiis; l'ancien régime brava avec une ineptie digne du délire do (^blent/ tous les intérêts et les sentiments nationaux, l/armée et la Hotte lurent remplies <le nobles qui n'avaient vu un camp ni la mer depuis vingt-cinq ans; on relit la maison du roi telle qu'elle éUtit sous Louis \VI ; on |)rescrivit des deuils nationaux pour les victimes de la Uévolulion ; on honora connue des mart> rs do la patrie les hounnoN 4le Uuiberon, (îeorgos (ladoudal, Moroau, Piohogru, etc. ; on élimina du Sénat, devenu la (Iha'nbre des ))aii's, tous les couvontionnels ; le cler^'é lit de la chaire uno tribune « conire la rébellion de vingl-cinti ans; » il réclama ses prérogatives cl ses biens; il lit prescrire i'observalion du ilimanche et des fêtes religieuses. Los émigrés menacèrent les possesseurs de biens nationaux ; ils obtinrent la restitution de ceux qui n'avaient |)as été vendus; ils se tirent |)ayer de leur solde à l'armée de (lontlé |»eudant vingt-cinq ans ; ils se distribuèrent vingt millions du domaine extraordinaire de rem|)crein'.... Entin, en dix mois, le genvernement ik L(mi^ WIII l'ut usé : toutes les existences nouvelles étaient menacées; l'armée n'avait les \eux que sur l'ile d'Elbe; le |>euple ne cachait pas son mé|)ris j)0ur ces princes revenus dans les bagages de l'étranger, sa haine conire les jnvtentions du clergé, son horreur |)Our les féodaux; les amis de la liberté croyaient son imion inqiossible avec la dvnastie*. »

Du fond de sou \U\ Naj)o!eon, l'o'il sur lu hanoo, «'piail a\ec joie toutes les fauU^s du nouveau gouvenieniont, tous les SMUptomes du Uiétontenlemeni populaire, et il résolut de tenter la forluno. Le 1"^ mars iSlTi, il «iêbarquait >ur la plage de Ciinnes près d'Antibes, avec un millier de soldats, puis il traversait les départements du Var, desIlautos-AI|>es, de risî'ie, au milieu <los ai'clamatinnsdo pa\snis. Le prestige de son nom, l'aspect magique du drapeau tricolore que pnrlaienl ses

» ih. Lavallki:, Histoire des tnnivaiif, loinc IV, |»a;,'e 0I»>.

vieux braves, la libéralité de ses promesses, réioquencc de ses proclamations, lui gagnaient tous les cœurs. 11 ne parlait sur son passage que de paix et de liberté; il réveillait dans les Ames le souvenir des grandes journées de la Révolution ; il s'avançait au chant de la Marseillam. Il disait au peuple : « Citoyens, élevé aii trône par votre choix, tout ce qui a élé fait sans vous est illégitime.... Vos vœux seront exaucés ; la cause de la nation tiiomphera encore , mon retour vous garantit tous les droits dont vous jouissez depuis vingt-cinq ans. » Il disait à Tarmée : € Soldats, dans mon exil j*ai entendu votre voix; je suis arrivé à travers tous les obstacles et tous les périls. Arrachez les couleurs que Ln nation a proscrites et qui servirent de ralliement à tous les ennemis de la France; arborez cette cocarde tricolore, vous la portiez dans nos grandes journées. Les vétérans des années de Sambre-et-Meuse, du Rhin, d*Ualie, d'Egypte et de POuest, sont humiliés, leurs honorables cicatrices sont flétries ! Soldats, venez vous ranger sous les drapeaux de votre chef : son existence ne se compose que de la vAtre ; ses droits ne sont que ceux du peuple et les vôtres; son intérêt, son honneur et sa gloire ne sont autres que votre intérêt, votre honneur et votre gloire. La victoire marchera au pas de charge : Taigle, avec les couleurs nationales, votera de cloclier en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame. » La marche de Tempereur fut un triomphe continuel ; toutes les villes lui ouvraient leurs portes, toutes les troupes se ralliaient à lui, les généraux eux-mêmes se laiss;dent entraîner : tel fut, par exemple, l'illustre et malheureux maréchal Ney, que Louis XVIil avait charge d'arrêter Vusurpateur^ et qui suivit une impulsion bien diiïérente. Arrivé à Lons-le-Saulnier pour se mettre à la tête des troupes dont il avait accci)té le commandement, le maréchal se disposait à marcher contre Tempereur ; mais d(>jà la défection régnait dans plusieurs de ses régiments : ses soldats brûlaient d'aller à Lyon, non pour combattre Napoléon , mais pour le suivre. Ces dispositions tenaient le maréchal dans une cnielle anxiété; cependant il était encore résoin, le 13 mars au matin, h servir la cause des Bourbons, lorsqu'il recul, dans la nuit du 13 au 11, un émissaire du général Bertrand, qui lui apportait (les dépêches de Tempereur. Le maréchal lut, et sou hésitation cessa. Quelques heures a|)rès, il se rendait, accompagné de son étal-major, sur la place de Lons-lc- Saulnier, où étaient assemblés les régiments qu'il devait passer en revue. L'inquiétude se montrait sur tous les visages. Elle se transforma bientôt en une immense manifestation de joie, quand le maréchal eut lu la fameuse proclamation que rhi>toire connaît :

« La cause des Bourbons est à jamais perdue. La dynastie que la nation française a adoptée va remonter sur le trône.... Soldats! les temps ne sont plus où Ton gouvernail les peu))les en étouffanl tous leurs droits. La liberté triomphe entiu, et Napoléon, notre auguste empereur, va raiïennir à jamais. »

l/enthousiasmeful tel parmi les soldais, à la lecture de cet ordre du jour, (pfoii s^aperrul à peine du mouvement de rinspecteur général de la garde nationale du Jura, le comte Alexandre de Grivel, qui venait, en guise de protestation, de briser son époe.

Le 18 n)ars, le niaivchal Ney rejoignait Na|)oléon à Auxen*e, et le 20 ils entraient ensemble dans la ea[)itale. La veille, Louis XVIII et sa famille s'étaient enfuis à

niA^CHK-coirn: iil«5çaisil «n

(.jitil. I.'rl,in tlllivl'l^>■l'|Uln^uiI|lor1é^;l|wh^ll de (jiiiiM!«àl'irlsl4>inlia|»r0H|B'au- ■>ili'it : c'fst que l'rm|iererir .ifTiTLi eh- or |i3» rnDtptvoitrP le wii« dr b mahttetliMin rétolulioniisJR- <|iii vcn-ili de lui rrmniiiiMr ici cotiroiine. Anivf mu TuUertm, il oiitilm les [ironies»-, di- IIImtI'' iIodi )Hrlji«nl *e^ pnKlainalians, P ne M «mniNl plus lie cv i|u'il avait ilit aH\ iMtsiiift wir vi mule, et. au licu d'a|ifirier une JUMan* liItT nniinnalo à Taire uni- rotiMitutton. il ilniiiu île nunTslse fritt, hkis le UlralM- [fopuliiiic lï Aclf aiUltliittnel atu raïutitulkm» de fKmfirr, uae cbatlc UttPde, (|iij no valait pas niéino ta chitrlp île Louis XVIIl. NapoltoB mit pair dy pnple : rioniiiié iKir lie vieilli:» rï profomlni firHealia» eoun la font rninlBatiie dm- NMVS4S, il ne voulut pu »'Ap|Mrrrr wr eem qii raprtMmlnient h» pnndiirt <te la Krvi>liiliiiu et (|iii reimikiil rvada InvlacHil»; H lui rdpagntt tra|>, dimil-U. i iht- M'iiir lu ici d'une Jaci/uf rit. fl^ Ion, la dunt de lu MmwUlaite cewa. Ij dt^nocnitii', iissimili^ à ta juoiume pirlP|rniiKt Insnlifueto prupte teull <lcrr|>tarrr â la lOi'- lie l;i Knmvc, b iMmomiif m itti It tétart : ctte almiloua la n!!itaiinlauT lies Mt'illfs idées inonan'huium A n ileslioée; M i|iieli)iM» JMin aprt», WUerlOD nmilui'^iil Na|»oliV)n (lan<i relie ile du KaiBlfr-H«kir, oà II AnaU poMlnl ti% a» liioiirir jour |Kir jour, l'un ilo m patrie M dr •« bnlHe, «iih lu enqi iln lotulitt liriiLiIrs et <les tracas-vrief ImmicMnid'tra RflUier Migtait.

I,<- KritiKl liï-sa^tre -le Waurlew ramena le* BouriMO» à l'irô, ri h leur fiiitc I» .illi«-s. aliiTiSi ik- \eiij;>'aDi-r. La ca|Mtale hl |«r en lnU6e es iIUp ttKHfàÊB : tb iiiii'Ti'iit ifs niiisiVs, iL\ rv>4>iTiiii iht d^iniln loi iMoumM», )b hmiiifaraii dut r.inniis sur les plaide» puMl()uni; lift exigiiff«il «M cmmUmUn de putn d» «8|ll ri'uts iiiillinns à payer jour |ar ^r Aata le coorml de cu^ Mué», une autre ooih inliuiiKi] lie sepi cei)i> uiilliflti« il titre d'iiutemiiilA, pour Are larufte eMr« le» ili^i-rs pjvs <m la Fniire nvall (loti^ «es arme*, ta démoMtiM dei ptacw hrto <|iii oiiitnieni la fr'iutiJve il» nord, le ieesdtao»! de* MniqM* déferift de l'Kiniiire. reiilretien. aux frak* du pay«. d'iiM ien«boB cfinenlo de fMl ciiM|Malf

iiiiNo ti m-s p.<iHlant cbii au*. La grutle MltM, daaiHwrtt, IMfeaui piifc

IMi- un million île MildaU HMi» le> arvei, fui iMoe ib» fhwHIaliw H h lerii-iir: el |iour eomMe riThifbrliiH, le» paaiion poMiquts,<)ni aandeai dl » r;<|i|iriirii<-r ei se rontondm <lM» u MuUuNOl do doulMM- coaniniB, M r^ i<illrr>'iii:it>v lin rar)riivctl'uiiMNlléCïrMe:eHc»oflHnalâréttu(cr tannul v{).ri.iii>' .i<'ijr.(nis ipii u docMrent «nr le cidtvn de lur mèn. KlvdlTlifeRM iriir irisie l'ranre de I81S ai dm cu^i», loi nto^unu* M Ica niaeat, h» ta- «'U'iii-. <! l<>s roii|i;iblra, te* pMiwhfileun tf ki pmcitli ; rninnn li rn n'fJBil r* i'»ii. i.i iT.iiK't- 'jiii 'V tnuvaii nlMW. «mne d h» lem de dMcan «e dcwwew \'.f 'ii^|..ir:iiii<' iLinsie iiuiiteiirde iQii». Ou «il alvn roMiire le» borramt de ITHS: il > <'iii ilis tiDiiinies f]iii ■»' limit iioe liiitom nHéMlé ee orfulnol le Bdulre M ■ ri •!>'< iiiijiii li'^ rauiilli-^; il y r*i4 ilm profinctt qw ta réamiou reBi|ilit de dériMalioii ri <le i':irii.i|r<-. I.<' tuiili do ta i'nUK HtttWl d»till le iMAm dt MèM* 4|N»kaiii.ililt-^; la \enKeaiir<;el I n^auiiul »> pniaKaènut de défurteaMOl niM|wl»iiK'iii.iMT une aiiilacf 1)111 n'eut iXtpie ^m «l Mlltl». btm h HlW fmvàm, du» I.' l..ir<l. 'Liiisla l.iroiM.-. <Uai 1rs nwdM-ds-HMM. W ■ iMirrw t'i li'> M>lilab il<! l*Kiu|>lr« : A ManelUa, k» t

618 FUANCHK - COMTÉ ANCIENNE ET MODEKNE.

^ons de Jélm, »igorgèrcnt un corps de mamelucks qui (enait garnison dans la ville; à Avignon, ie maréchal Brune fut assassiné, el son cadavre jeté dans le Rhône ; à Toulouse, le général Ramel fut égorgé dans son lit ; à Nimes, à L zès el autres villes, où la réaction royaliste se manifesta sous Tapparence du fanatisme religieux, des assassins parcouraient les rues en plein jour, au cri de .1 mort les protestants ! et Ton massacra ces nialheureux jusque dans les prisons, avec les raOinements de la plus odieuse barbarie ; on outragea leurs femmes, on bruia leurs maisons et leurs temples. Ces crimes-là se commettaient en présence des commissaires royaux, qui n*y trouvaient rien à redire ; à la vue des autorités locales, qui laissaient faire; le gouvernement lui-même gardait le silence, et quand le courageux Voyerd*Argenson voulut dénoncer ces atrocités k la tribune, il se vit rappelé à Tordre, avec des transports frénétiques, par la Chambre des députés. Cette Chambre tristement célèbre, élue sous Tinfluencc de Topinion dite ultra-ivyaliste et composite des vétérans de Témigration et de la chouannerie, se montrait animée de passions si violentes, que le nom d'introuvable lui est resté : dans sa soif de vengeance et dans sa haine de la Révolution, elle accueillait toutes les lois d'exception que lui présentait le ministère, elle votait la loi qui suspendait la liberté individuelle, la loi (|ui établissait la censure sur les écrits périodiques, la loi qui punissait de la déportation les cris réputés séditieux; elle instituait des cours prévôtales qui jugeaient san> appel ; elle poursuivait les anciens membres de la Convention qui avaient condanmé Louis XVI ; et, sans une minorité courageuse, elle eût proscrit, par la fameuse loi des catégories, un huitième de la nation. La marche violemment rétrograde de l;i Chambre introuvable fit peser sur toute la France une terreur royaliste ; le gouvernement se laissa lui-même entraîner dans la voie funeste où le poussait une majorité' vindicative, et il acheva Fœuvre de la réaction par Texil ou le supplice des plus illustres guerriers el des plus grands citoyens. Il proscrivit ce qui restait des éminents personnages de la Révolution, il lit traduire dix-neuf généraux devant des commissions mihtaires. L'héroïque Labédoyère, les frères César et Constantin Faucher, les généraux Mouton-Duvemet et Chartran furent condamnés à mort et fusillés ; plusieurs autres n'échappèrent au supplice que par la fuite. Mais la plu> illustre victime, celle dont le sang a crié le plus haut contre la Restauration, fut le maréchal Ney. En vain avait-il invoqué le bénéfice de la ciipilulation de Saint-Cloud ; les alliés et les royalistes demandaient que Ton fit des exetnplesy et U\ Chambre des pairs laissa tomber dans Turue un vote de mort contre ie brave des braves.

Pendant que la vengeance |)olitique uuniolait cette éclatante renommée de ré(K)|RH* unpériale, le gouvernement faisait emprisonner le duc de Conégliano, Moncey, |)our un acte qui Thonore à jamais dans l'histoire, car cet acte suflirait lui seul à Tillustration d'une existence. Ce fut au sujet du maréchal Ney. La Restauration avait pensé d'abord à l'envoyer devant un conseil de guerre, et elle en avait attribué lu présidence au duc de Conégliano, connue doyen des maréchaux; mais Houcey refusi de siéger : il fit plus, il doima les motifs de son refus, il osa même prendre ouvertement la défense de Ney, en adressant au roi Louis XVIU une lettre qui mérite d'être recueillie comme un monument. La voici :

c Sire, Votre Majesté daignera-i-elle me |)enuettre d'élever nui Ëiible voix jusqu'à

KRAItCHK-CUaiTK fUSÇAUfS. R»

die f S(!n-l-il \ienn\% :i rdiii «|iii m dMi imute iki «aiicr àe l'iMniMinr iranNlV l'altfnlion dv son souti-ralu Mir In imjpn qui maBieail u pernoBiie el le npm te l'Kmtr

« [>t»cé dans Ui cnielli* altcriiaiive •K' drâolNHr à Vom* MijeO^ oh de maaqaat )t IIJ.1 roRsrieiire, j'ai di'i nr<'K|tli([itrr ;i Voirc Majoté. J« n'entre pw <bH fai qtMMtpn (If savoir si lo maréchal Nf> ni iiinixynl ou coNpilrie ; «Mn jaMioa «1 réqirilA df scsjirKnsenn'imndront .i la |ioftU>rit^, qui pfaie diM hi Mtae bahMi les rolt M h» Hujfis.... Sonl-re les iWu-n i|ui pxigpnc <|ui* ta fnmm lonole m dloTCW lea fte» illii'>lr('sr Mais. Sin-, n'i a-I-d aiiiun dau^i-r piiur taire penoniK M voln djauUe :"i ttïiir arcnrder ce sanilln: *

• It'altord ils se wril (triKrDl^ en allUi ; BUtt le* liabitanu df f'Ala». <k la l.orniiii(? n àt: votre ra|iilalii méam, iptA oau iMrenl-iU Ipiir iloiiHrr IK wl ilf Rianilù la remise rlps aniic«. Dan» le pijfi qu'il» oceii|ienl itialnicaul, t>t daii» Im

' lieux tiers de votre rrivaum^, il ae rwte pM nteie ra fwiJ de chwie ! Il» nul f oulii giK' r.-iniHf francaiH' fiU llnti<'ir«, N il w reste pin» an tcnl bonnm mws les drï* |H-au\. (US iiD caisson :illrlé! Il lanble <|n'iiM tel eue* de cMàttctoàttee i AA jssoiivir leur t eiiKeawT. Mais non ; ib f calart *m» rente «Hein 1 m «^U» m faisanl tomU-r, soit pvHl In» ■ ils Di' (M-uveni prooononr le non MM l»|i|iel«' leir h

• Ma vj<>, nurortune, liitil ro que J'ai de pim cbv ffl i HM pÊj» eti rmhi rai: ui:iis mon lioiineur csi a iuoi : aiirune |wl— if» klIBlM m peot ne Ir ravir.

< Cfiii. moi ! j'irais (irufioiirvr *ur le «art di toarédal Htf ! Hais, Stre. permouei* moi (le le demander it ^'<•tn■ MajAté. un teîeal h» ■ecttalenn tandis qon Mry Itarct'iiniil les ctiam|^ <k kital4li'T Ali ! m b Itnaaii tl ka iMU» ■* pciwl par' donner ati vaini|Heur At la Mi>iiuwa, la Knnce pçil rii «Mter la bén» ila lu lliTiKinaî'

< Kl j'fnvcrniis h h mort cHni anqMl unt de fnmvilm iloiTmi b Tte, Ml du rmiiillf'i l<-urs fils, leun époux, Umn itarmi»! HaiMlh»m-j. Sèn>; c'est penMH» jM>iir la iloniière fois >|Ui- U yisitiS panienl jinqn'k totre IrAu - il «si Un* du(rri'<i\. Iiicn iiiqioliti<|u<! dr )KMiSMr de» linvr» an désespoir.

• Ali! |M-ul-ètre si b- iiialIx-un-Mii St* »aii bit k WalitfwM qn'tl U laald» fuis ailleurs, peuNJIr<- n^ vrait-il {midI Iralii^ dvfaM «M CHDMiaiiM saMiltt. Iviii-t'-irr ceui qui d>-HuiHlfot ju|aur«riii^ u loovt Iwplnrwlrni *t inMÉM».. •

Ollr l'iire. si l>elk' dan» mw ^ueMe ïliupUdli. crtie telliv si (nw m ri fw- IHTiiJCiw, 1-1 qui se d^bdit a«c Inni iIb laMeia» m téêm dos bnalM d» ISIS, it'lKtiiorait pas scnlemmt w» antenr. elte nwininiBll li iMpI ■■ prime * qnl «I» v-a.|n>>sait. Unis Wiii W ronqvii bMii: nri» Laai»%Tia n'nnii pw de vam. Il n'atait qiu' d<- l'esprii, ri la nlfHwat Ml ilvc de Cos^cUana m «e II pas mmé* : iin>' orduniiaiice m>a Ir, ou»lt«-kiini<te liourisa âi)H4:>T. daaaNw nna JnilW !«■ Mciix Mutii-cy, lui un nun^dut de fram-e, (itiik m» l'eaian h«e li*d» ■■!» dp pefstjii au cliàie-iu de Dam.

Uuiirev lie rm im la uule dt^ ilht»traiioa> BiHitairt» Hec cewlnfce» que ktffi hi nactidii df IKI.*! : !•■ ft<-n>'nl UuraiMl, ne s iNwUittef m IT7I, H Tua de rr« l'ui'M ii-r> lH>iiH^rii)iM^ <tiii atairnt pwwri^ iNir tiramon* «ar mv le» rbi

Cao FRANCHE -COMTE ANCIENNE ET MODERNE.

))ataille de la République et de TEmpirc, fut condamné à nior( par un conseil de guerre tenu à la Rochelle. Morand ne tomba pas, comme le malheureux maréciul Ney, sous les balles d*un peloton de gendarmes français : il était allé cacher sa tête proscrite aux lieux mêmes où il avait jadis passé sur son cheval de victoire, el il trouva chez l'étranger la sympathie qu'inspire une grande infortune imméritée. Comme il traversait la ville de Vienne, dont il avait été gouverneur, les notables habit^mts demandèrent pour lui et obtinrent un sauf-conduit de l'enripereur d* Autriche : il n'y a pas d'éloge qui puisse égaler ce noble témoignage payé par la reconnaissance à la vertu et au malheur.

Le :20 mars 1816, un autre conseil de guerre siégeant à Rennes condamnait i h peine de mort le général Travot, de Poligny, comme coupable de révolte contre f autorité légitime, Travot, l'un des pacificateurs de la Vendée, Travot, guerrier au cœur magnanime, et qui, de l'aveu même de ses adversaires, sut toujours respecter l'infortune des vaincus, Travot n'était coupable que de ses succès contre les insurgés vendéens aux diverses époques de leurs soulèvements : il les avait combattus en 1795, 1799, 1800 et 1815. ('.'est là ce qui constituait son véritable crime aux yeux de la Restauration ; elle ne pouvait le lui pardonner, et Ton vit Faccusation pousser la haine contre ce général jusqu'à lui faire un reproche de ses vertus : « La modération, disait le rapporteur du conseil de guerre chargé de juger Travot, n*était pas une des armes les moins redoutables entre ses mains ; la clémence elle-même était un de ses moyens de succès. & Déclaré coupable à la majorité de six voix contre une, Travot fut condamné à mort ; mais on ne l'exécuta pas : c il dut la vie à l'attitude de la ))opulation de Rennes ; sa condamnation avait excité l'indignation la plus vive. V\\ nombre considérable de citoyens convinrent de ne pas laisser exécuter la sentence ; on fit publiquement des préparatifs dans ce but. Deux courageuses femmes, mesdames Duchâtellier el (lOdefroi, devaient donner le signal du mouvement en se jetant entre les fusils des soldats et le condamné. L'autorité militaire ne disposait que de quelques cent;)ines d*hommes à peine enrégimentés. Avertie des dispositions (les habitants, elle les fit connaître au gouvernement, qui prit le parti d'éviter la lutte par une commuuaion en vingt années de détention. Travot était sexagénaire; une détention de vingt ans devenait, à son âge, une détention perpétuelle. En entendant la lecture de l'acte qui lui infligeait cette peine, plus oruelle pour lui (|ue la mort, il devint fou et mourut peu de temps après, sans avoir recouvré sa raison ' . »

Une détention de vingt ans remplaça aussi la peine capitale prononcée, le 17 mai 1810, par le conseil de guerre de Strasbourg, contre le général Gruyer, né à Saint- (iermain près de Lure, chef militaire qui joignait à la bravoure de Morand la probité de Travot. Parti capitaine de volontaires en 1793, il avait assisté aux grawk^s batailles de la République et de l'Empire, et il commandait le département de b Haute-Saône au moment où Nâ|)oléon débarquait de l'Ile d'Elbe. Gruyer ne songea d'abord qu'à tenir le serment ({u'il avait prêté à Louis XVIII; mais, le mai^hal Ney lui ayant ordonné de proclamer le retour de Napoléon, et la population mani-

< Aclillle de Vailabelle, Histoire des deux UeitauratioM, tome IV, pi^ 1S9.

rRAKiiE-coHTii ni*:u;AisiL m

feslaiil le iiK-iite v.i n, il m- bis&i rtitnliirr. TrhIiiII |<our n Tait ilctiinl iiii n>tMeil (te Kut-rre, il Tut cotulumn^ k mint. U: ^omeremirnl oiiniiiiia n>l(i> pfine n rplle (le la (télenlion. Lr iténml i'.nyer mourul m priMO, dan» \v* Itr» dv «a fratme, qui avait obtenu b )>crtiil»ïion de paruger h capUvU^.

Celle politique iimlicalive de b Restauration n'était p» de nulure à raetcnn- an mite de U monaithir les iKimnm de U Fninœ iMUvHlr : li^ ntH An ce KtMnmiAiiienl, qui eut dt'i liicn |ilulAI dierclier k Taire ouMkr u falalr otifitw, rintfrdll lirut;tl i|Mi |»esait Mir l.i pt-Hni't! et U liberti!, tniLùent profnBdnaent Ici ànio, et de jour en jour itra[i<lis.-ciii nu •cm du psji uni uppmiHM tomit. et inuot : ini cnurant d'idées libérales m? jimpagrult jusque fuwà Itt dcnlh» daaxes du peil|ile: ruais, dans les soru-téft scirËlei, qui aMBB«oc^iDl k i'ofjgiiilKr partout, cet IdéM lirciiiiient insensiblement UM IsmIhhc répuMcalH. Aprte réVKWMiM dl unliolre national |>ar les ëlrangen (oeloin 1818), Im apMoM m nutfevtfmrt pin oinwteinenl. il mesure que II Inlle entra les dan puli» qui dominaient ahm la France devenait jitus anlimUi et pin» implacnbli : c'iUian In nt/alutfii ri \a> libérmu. I^ premier!), rivant le rétabHy—mail da b rojvnlé HflIlRM' mit mm anthruc» basa, ne voulaient Tain- jtininc cooceasioa; le» aeeoadl^ lUscM» m\ ^odpe» de M, voulaieni le renTersciite»! de la dynuie bourtaaalane. I nUMiÉi dwM mira en une difTérence absolue de vue» pollUque»; la nns niMMiad k Ttuiim rf0nw, la* aiitff» conduisaiem .1 une oouwHe r^ahtiiflo. Lei eearage» H penév^ruti eiïoru du parti liliml ne \e d^peauleni pat m pure pirle : dis I(tl9. U ohuull II rt-irail de la loi r<-l:iii>4- à b «ispCMioa de U Ubtrvi indivIduMe. il eoM)n^nit II litieru^ de la pressi' |M-hodiquti;eileftéleetiOMdeectlcmtawann«(>. btl«>ioii«Hn influence , cnvoTait-iii i la Chamlin da Hptlik le tmim atiM Kr^rr, lu de» convf^ntionnela réfricules. Acr nom de (ïr^iohv, tnt roralisle* iftàmil un aiâniorri'ur. la inonarcbu- -^ rrui en danger, et \f rm rèKrfiil (te diangcr la loi rieetonir : une caïastroptac iiuiir^ue, U mort du dur de Bfrn, a«aMiB« par LMvci le 19 1^ \rior inm, nu sortir Ai> l'Opéra, décida le (fouitnaaeU h m jettr plw rhnlÉBHl t-l plus avant dan- l«!> t(tie» de rabMieUHne. U Hberté IndifIdMile RM de noimei susiK-ndue, la ccdmiv reiitUie. cl ta M élicWile BMdlMe de Mlle urM, que ta» t-iect(;urs les plus rirhet pnnni voter deux (bh; mil rido|Mton de eci tola eseq^ iioiineiles occasiuniu diM Pirft dce teetdee i>ia(hMle>.oÉ I» jeMMBB, m cri di lire lu charte! prHndail i trac rtrahriiso.

v.rsce iemp»-là, c'crt-i-dira«nl8SI,pBf«tint int «Mri «fiiMl pv li Ibad qu<' i>ar la fonne. et dont l'aiMear ^meacall eoaow le idffMnHirde ffciwdH: < Moi seul, V diuii-il, i'BUiM mrftoodi «lift iIMm d'heMUMH paMHM, H c'MI ft niui H'ul que les (p-nt^ntion» prteeMe» et Mifen denwtt flntltaiw de hor Iwimm

l>ONl)<-iir l'os>f\>^»r du lim dea DeaUufc, >e rteoe dHilper to lét*w* poMlIgn»

et inorjlo, et sur 1rs niiees dea ideMtte kMWttlMe, J'dlfeve ta iMorte dt nmefr* me tiniver^lle. > Ce li^Te. c'était ■■ TMortt de TthMi unirtmOe: ce réfim^ tnir, c'était Uiarte> Fouricr, né le 7 avril I77Ï i Beajocoo, due «Uc «dow tHi qui fut le bercciii d'un novalnir mu aMMOfiliau Uei aMKBeol bafdlco, d doal II- iiDiu 3 acqui- >Ii' nos jous MM aiatouaii oéMrtié : Ptecw Joai^ l'twidfcwi, L'indiiïorencc d'abord acMeilUi r«avn de rooritr; pin iMd. m dMrii tarik

remplaça IMndiiïércDce : dans run et l'autre de ces sentiments, il y avait de Finjoslice. Sans doute, Fourier ne mérite pas les noms de génie hors ligne, de ChriiUh phe Colomb du monde social^ i'inventeur de la loi des destinées universeUes, que lui ont donnes des disciples trop enthousiastes; mais il valait la peine qu*on s'occupât de lui, car il était homme d'un esprit supérieur, alliant à des connaissaiices très-variées une Ame philanthropique et généreuse, des convictions sérieuses el loyales : à ces titres, il avait droit à l'attention du public, au jugement impartial des penseurs. Sans doute encore, la théorie humanitaire de Fourier n*est pas, comme on l'a écrit, « un monument colossal dépassant de mille coudées les œuvre des génies les plus transcendants et qui n'aura jamais de pareil sur notre terre. > Exposée dans un langage bizarre, et confuse dans l'ordonnance de ses parties, fausse sur plusieurs points, inapplicable dans plusieurs autres, cette théorie est, de plus, incomplète; mais, en la dégageant de ses étrangetés de forme, de ses illnsions et de ses excentricités, on y démêle une doctrine conciliable avec les principes d'ordre social généralement admis. Ce que veut Fourier, ce n'est ni la communauté des biens ni la loi agraire : rien, au contraire, n'est plus conservateur de h propriété, que la réforme conçue par le célèbre chef de l'école phalanstérienne'. Prenant pour base de son système VaUraction passionnelle^ c'est-îndire rimputsion donnée par la nature antérieurement à la réflexion, Fourier veut fonder un régime d'association où Tharmonie des caractères et de^ intérêts s'établirait nnathémaiiquement par le développement des individualités diverses, organisées en groupes et séries de groupes se faisant contre-poids les unes aux autres; et pour que, dans ce régime d'association, le travail produise tous ses fruits, il faut, selon Fourier, qu'il soit rendu attrayant : c'est là ce qui résulte de l'organisation des travailleurs en groupes et séries de groupes, formés scion les vocations, les aptitudes, les goûts de chacun. Du reste, dans ce système, les éléments sociaux restent les mêmes : il s'agit d'associer des familles, et la participation de chacune d'elles est proportionnelle à son capital, à son travail, à sou talent. Le foyer primitif de l'association est une réunion de trois ou quatre cents familles; cette réunion forme une ph(h lange; le lieu de Thabitation se nomme un phalanstère. C'est la liberté individuelle qui préside à la formation des groupes et des séries. Grâce k la variété et à la courte durée des séances de travail , chacun prend part, comme travailleur, à nn grand nombre de fonctions, et, comme capitaliste, à l'ensemble des opérations de Fassociation. Chaque individualité devient ainsi Tassociation personnifiée, et l'on arrive de cette manière à une entière conciUation de l'intérêt personnel avec l'intérét collectif. La répartition des bénéfices est proportionnelle à la mise et h l'apport de chacun en travail, ca])ital et talent : et comme chacun peut fahre à la société ce

1 Le résumé très -succinct présenté ici sur les idées de Ch. Fourier est extrait en gnnde partie de l'ouvra^^e de l'un de ses disciples, M. Juics Lechevailier : Qu'est-ce qu» l'OrganiêalioH fil' iraviiH? Un autre de ses disciples, M. Pellarin, a consacré un volume à l'expUcaUon de ia théorie; mais c'est dans le livre intitulé Aperni sur les procédés industriels, que Pou trouve Texposé le plus clair et le plus pratique d'une partie des vues de Fourier sur rorganisaUon de riodiutrie. L'auteur de ce travail est M. Just MuiroD, de Bcsaoçou, esprit neuf et hardi, et en qui Feurier avait trouvé un disciple aussi zélé que fidèle.

niAiicm-ooirnt rtANÇABB. t»

triple apport, il est impossible qu*au momeot de là réptrtUioii, m éMment prime Mir raiitre, sans se nuire à soinnâme. La propriété el rhériUife se déreloppaiit m proiit ik' rliaciin, le problème de rassociattoo consiste à universaliser snr toutes lt*s tiMis ces deux conditions de bien-être, an lieo d*en priver cens qai les possèdent ilt'jà. Telle t'st, selon Fuurier, la loi naturelle de Tordre social; cette loi trouvée. Il s'agit d>n f;iirt* Tessai en organisant une première phalange, et cet essai détermi* nera une imitation générale, par suite l*organisatiott du monde entier.

A ré|K>«iii<* où Foiirier publiait sa Théarie^ de tVnité imlrcTsrilf, là lutte entre le> partis itaii trop animi'*e, pour (|u*un ouvrage de cette nature attirit ratteotkMi. 1^ gouvernement de la liestauration s'aliandonnait de plus en plus k rinfluence r«*actionnaire, t*t en |irésence de Poppositioii qui grandissait sans cesse, il s*eflbrpiit d'intHMliiire la contre-révolution dans les institutions et les lois : il demandait m milliard d'indemnitt* pour les émigrés, il multipliait les procès à la presse, il mettait ruiiiviTsiti* «lans la main des jésuites, il faisait proposer aux Chambres de rétablir les croii vents de Temmes et le droit d'aînesse, de punir de mort les sacrilèges; et, eiii^agé sur une |)entc où il courait de fautes an fautes, il finit par se briser cDiitn* une révolution : trois jour» suffirent au peuple de Paris pour faire crouler r(*tie monarchie de quinze ans qui sa rattachait à quatom siècles de nqrauté.

L'i branche d*()rléans remplaça la famille des Bourbons.

Lrs peuples de l'Euroiie frémirent d'enthousiasoM en apprenant la révolution de Juillet, la France libérale conçut de grandes espérances en vovant arriver an trftnê 1111 rni-i*i(oyen qui promettait au pays des institutions en harmonie avec les besoins l»<)li(ii)iies mcNlenies : mais Fattente de la France ftat promptement déçne, et la M des iHMipIcs ne vécut |ias longtemps avant do s'éteindre. La nouvelle rovaulé eut )»i<ntMt tiii* tout élan, arrêté tout mouvement, amorti Fesprit piiliHc. La Reslauradon :iv;iit été le rè^'ne Ak} l'hypocrisie religieuse; la dynastie de Juillet Ait le règne de la roiirnc sce|»ti(|ue. 1^ monarchie de 1H15 sVlait établie an milieu des vengeanoes el «It*^ |)roscri|>iions, et elle avait ch4*rdié k se maintenir par les supplices el les coups iVJtA'Ai ; In monarchie ik* IR'M) commença par un escamotage, et elle se soutint par 1.1 nisi* (*t la corruption. Sa politique, répressive à rintérieur, se montra pMne de ci)U|».ihlcs r;«ihlesses a rextérieur : ainsi, ce gouvernement de Juillet maintinl el riY(»iiiiii( 1(N fune^ti^ traii4^ de 1815, qui dépouilblent b France d*une portion de ^>n l'-rritoirr «i de plusieurs places fortes ; aii»i, pour se fliire paidonner son origine ri\iiiiiiloiif::nrr, il >*hnmilia devant les ro» de b Sainte- Alliance; pour se Mre ml. ivr (I. N )iiiiNsaiic<s alx^diilistes, \l aliandonna k leur discrétion les petits Elalsde 1 \[:rin:i;:iii*, il trou pa Tltalii*, il trahit la IH)logiie, il délaissa TKspagne, il repoussa l(> \M ii\ iii* Il i;4l^n<|ue qui jspirait h rentrer dans Funité de la France; il se II en MiiNs,. r;iii\i!i.iiiv de la poiitique autrichienne ; dans b fameuse question d'Orient, il i.h^^.i ^'.i< rf.ii;|.iir vuirc l*s ijiiatre grandes puissances, la Rushc, TAnglelerTe, la

rrii t r\i:in.'.f lijdoniMe traité de l^ndres, qui livrait à FAngletcmle

rnii.iniiri- .] • u iViniv .i\ir W Levant. «lui donnait h b Russie une prépoodéruce iiii ; .it .lit- {>t m II -;tiild ri' curuiNi*n; t*t, tandis que ce gouvernement sacrilbil an il'iinrs ritmiiirur t-t les inti-rcts du |iays, il détruisait les libertés au dedans; il i.iisiit di's loi*^ irritantes sur le jury,sur b presse, sur le

il dissolvait par ordonnances les gardes nationales qui montraient trop de patriotisme ; à la place du droit, il substituait un arbitraire chaque jour plus hardi ; audessus de la masse de la nation privée de ses avantages politiques, il créait une aristocratie bâtarde qu*il s'attachait par tous les moyens de corruption à sa disposition, par les emplois, les places rétribuées, les distinctions de titres, les privilèges, les monopoles, les concessions de fournitures, les marchés, les faveurs administratives; et, faisant de toute chos<5 métier et marchandise, vendant les charges» achetant les consciences, mettant un prix ^ux plus hautes dignités, trafiquant même des projets de loi, préchant le culte des intérêts matériels, il parvint ainsi à pervertir le sens moral de la nation, il abaissa ainsi la dignité des caractères par les semences d'athéisme politique, social et religieux qu*il jeta dans les âmes. C'en était trop : il fallait arrêter ce débordement d'immoralités, cette rapide dégradation des pouvoirs publics, cette décadence de la France. L'épreuve était faite. Le peuple se leva : en quelques heures il renversa la dynastie de la branche cadette comme il avait renversé la dynastie de la branche ainée; et, fatigué de ces monarchies incorrigibles qui s'étaient successivement perdues par leur aveugle résistance au génie de la démocratie moderne, il proclama la République.

La République née sur les barricades du 24 février 1848 eflraya d'abord bien des consciences coupables, mais elle s'empressa de les rassurer : sa première pensée fut de reprendre la noble et miséricordieuse devise de la Démocratie, qui porte avec elle l'amnistie et le pardon ; sa première inspiration fut de brûler l'échafaud politique. Hagnanune après la victoire, pleine de respect pour l'inviolabilité des propriétés et des personnes, oublieuse des injures, soucieuse de protéger tous les droits et toutes les libertés, elle s'inaugura sans coûter à un seul homme une goutte de sang ; elle traversa, pure d'excès, les épreuves les plus redoutables.

Et maintenant, que cette République habitue la France à l'ordre viril et volontaire qui résulte du respect des lois ; qu'elle travaille à devenir progressive, afin ne pas devenir violente; qu'elle sache mettre la justice à la place du privilège, l'affranchissement à la place de l'oppression, l'amour à la place de la haine; qu'elle premit» la liberté pour principe, l'égalité i)Our moyen, la fraternité pour but : alors les révolutions seront à jamais finies en France; le peuple, ce sublime enfant, aimera sa république son idéal, comme un fils au grand cœur aime sa mère, et Dieu bénira la nation qu'il a choisie entre toutes pour être l'initiatrice de la fraternité universelle.

TABU: DEK MATIKBBS.

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