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LE DÉPARTEMENT DU JURA

CrdrjKirli'ment, formé de la p;irlie méridionale de l'ancienne Fianclie-CIonité,

tir*- v»n nom d'un vaste système de montagnes dépendant des Al]>es et compose''

«Ir quaire chaînes pundièles disposées en gradins très-prononcés. I^ départe-

BH*ni oi divisé en quatre* arrondissements qui renferment 573 connnunes : on

^alue sa >u|M*rficie à 610,000 hectares (2'>7 lieues carrées), et sa peipulation à

316,000 liabitants environ. Son territoire est entn^conpé de ni<Mitagnes. de

(»bin«'s et de niai*ais ; mais sa disposition lopographiqne <*st telle, qu'on |N'ut

b (livi^T en quatn* zones distinct!^, en quatre latitudes diffén'Utt's ; ce qui

hfroel d*y oliMTver une culture et une tempéniture variées, des prinluits tie

Mliire diversi», des races d'une ctmstitution et d'un caractère op|x»sés. I.a haute

^mtofjnf, la basse montagne, le vignoble et la plaine, telles sont les divisions

cliaiatrriques du Jura. I^ premièn* comprend en tnut nu en partie les cantons

<lr Saint-Clauile, de M4»rez, de Saint-I^iurent, des Planches, de Mouthe, et le

|«ays enrla\é entre le Grand-Vaux et la source de TAin. Dans cette région, qui

nW qu'une s<»rie sans fin de cini<*s trè.W*h*vé«»s et de vallées très-creuses, on

ln»u\e dt's bois n'^sineux à la taille gigantesque, des pâturages d'une verdure

«datante, <h»s plantes riches en parfums et en sucs salutaires ; mais les hivers y

kiot rudes et longs. I^'i seconde zone ou bnss^ montagne comprend \cs deux

rhainons réunis enlrt* Pn^sillv et PInisia, qui forment la quatrième chaîne du

Jura, fiassent à S:dins et >c continuent sur Bt*s;meon. U's terres y s<mt plus

iarif*«-% et plus pnMiuctives que dans la haute niontagnt*, la cultun* plus

I l'#ir pttf h friM-PaiU, te ivit ûm ptf«t 458 et 4» 4t e«t «•vrtfc.

14 DESCRIPTION DE LA l^RANCHE- COMTÉ.

assurée : ou y récolle du froment, de l'orge, du maïs, etc. En quitlanl les gradins de la basse montagne, on descend dans le vuinoble ou montagne intermédiaire, ligue longue et étroite qui rattache Saint-Amour au canton de Salins, sépare la montagne d(' la plaine et comprend le voisinage de Dôle, depuis cette ville jusqu'à la limite de la Haute-Saône. Dans cette région heureuse se trouvent les bonnes terres arables, les verg(îrs et les jardins fertiles, les vignobles renommés. La quatrième zone ou région (le la plaine, exclusivement consacrée à l'agriculture et très-abondante en céréales, commence au pied des dernières collines du vignoble, s'étend à l'ouest du département et va jusqu'aux limites de Saône-et-Loirc ou de la Côte-d'Or.

I^es quatre arrondissements du Jura répondent à peu près aux quatre divisions climatériques que nous venons d'indiquer : l'arrondissement de Dôle forme la plains, dont la ville principale, ou plutôt la ville unique, est Dôkf située dans une position pittoresque réunissant autour d'elle des eaux, des forêts, des prairies, des champs à [»erte de vue. Assise sur la croupe et le penchant d'une colline au bas de laquelle passent le Doubs et le canal du Rhône au Rhin, cette ville est jolie, bien bûtie, assez bien percée, ornée de fontaines publiques : on y remarque l'église paroissiale, monument qui date de la renaissance; la vieille tour de Vergy; le portail de la chapelle de la nouvelle maison d'arrêt, travail d'une grande pureté et d'une noble simplicité de style ; l'ancien collège des Jésuites, ou collège de l'Arc ; le palais de justice, le musée, l'hôtel- Dieu, l'hôpital général, la salle de spectacle, le pont sur le Doubs, etc.; dans les envii'ons se trouve la belle et vaste forêt de Chaux, qui n'a pas moins de 20,000 hf^clares de superficie, et sur les bords de cette forêt, la verrerie de la Vieille-Loye. Après Dôle, les localités les plus importantes de l'arrondissement de ce nom sont Rochefovt, sur la rive droite du Doubs, au pied de rochers imposants et pittoresques; — OrcluimpSy où l'on voit une manufacture de porcelaine à l'épreuve du feu; — Moissey, qui possède des carrières de marbre et de pierres meulières; — Gendrey, ancienne prévôté de laquelle dépendaient plusieurs villages; — Montmirey, qui fut aussi une ancienne prévôté; — Chaussin, sur la petite rivière d'Orain, bourgade de l'époque romaine; — Montsous-Vaudrey, village agréable, aux maisons pittoresciues et proprement bâties ; — Chemin^ Chaumergy, Montbarrey, etc. ; Chaumergy, chef-lieu d'un canton qui se fait remarquer par ses nappes d'eau, ses forêts et ses belles prairies.

L'arrondissement de Poligny, comprenant en grande partie la région du vignoble, est le plus varié et l'un des plus riches du Jura; il est fout à la fois agricole, industriel et foresti(»r, car on y trouve des céréales, des légumineuses, des vins, des usines, des bois, des chalets, des pâturages, etc.; des villages populeux et des villes nombreuses ; Poligny, à l'entrée d'une vallée fertile formée par deux hautes montagnes dont les lanipes sont pres(|ue partout couvertes de vignes, et dont le pied jette des sources assez abondantes d'eaux vives et claires; — Arbois, sur la Cuisance, riche et fier de ses coteaux qui donnent des vins si juslemenl renommés, et de ses channantes campagnes qui offrent de tous côtés des sites gracieux ou pittoresques; — Mesîuiy et Montigny,

IJR JURA. lis

• ruiMlos i»i lM*lles communes onln»coii|)éf»8 cir vignes, de prairies et de champs; — Vadatix^ doni Gill>ert O^asin disait il y a trois siècles : c Personne ne croira rt»aibirn l<*s villes d'Arboîs et de Vadans sont riches en fruits et combien leur ifrriioin» est fertile ; » — Salins^ caché au fond d'une gorge étroite et toriBf'it'i^, entre deox montagnes; ville autrefois mal bâtie et désagi*éable à ToeiK fnai% qui, depuis son mémorable incendie de 1825, s'est relevée sur un pkin {Àu% correct; — ilhampagfwlr^ situé dans une charmante position, au pied du llooirerel; une des plus riches et populeuses bourgades du Jura, où le voya* ?*'or o*' manque pas d'aller admirer les belles forges de madame Muller; — S'écm^ riMuarquabie par ses usines métallurgiques et par sa pittoresque situatifrti au niillieu d'un \iillon où toutes les eaux du nonl de la montagne m* donoetii r«*ude7-vous ; — Kozeroy^ jolie petite ville située sur un*» éminence, au pied lie bquHh* passe la rivière d'Ain; — Villers-Farlay, Port-Lemey, Chnmblay, iWamann^ ronmaines agric<»les qui respirent l'aisance et la vie ; — len Fwxcines^ ^rande^ pt |H>puleuses communes, riches par leur industrie et leurs pâturages. Il % ad9n% cet arrondissement de Poligny b^^aucoup d'autres localtt('>s que l'on fiourrait citer en raison de leur importance.

l/aritindissenient de l.ons-le-Saulnier, pays irrégulier et montueux, corres- (loiHbnt en partie à la région de In basse montagne, est le plus étendu et le pJiK fMipuleux du département; il produit en abondance tout ce que peuvent rrcbm«T h*s bes4iins lf*s plus ordinaires de la vie domt^stique. On y distingue : Lims-ie-SauLiner, ville régulièrement bâtie, aux i*ues larges, aux placer spacieuses, au sol fertile, situiM* très-agréablement et environm'^ de coteaux ciiargés de vigni^ ; elle possède une belle salle de spectacle, un musée de tableaux et d'antiquc^s, une bibliothèque publique riche de quatre mille volumes, plu^Ueurs fontaines jaillissantes et un puits remarquable app^'h* puits des Salines, de vingt inètn^ de profondeur sur cinq de largeur, k*quel est toujours «gaiement plein, bien qu'on y puis<*sans cesse; — Mimtmorot, superbe village n^notiinH* (»ar ses salin<>s. où I attention reste longtem|>s fixée sur h^s bâtiments de gratluation, tiiMs immeiisi's hangars de plus de douze cents pieds de façade rfiarun, remplis de fagots d'épines amoncelées avec art, à travers lesquelles l'eao salée rdlrt* goutte à t'outte pour ainsi dire, et se dé|>ouille, par cette 6liraliiiu, de toutes ses parties liétén»gènes ; — l'Etoile^ réputé pour la qualité d«* M*» vms blan(*s, qui S4* rapprochent du rham|)agiie mousseux ; — Château^ CkaUm et Voiteur : le premier, vieux bourg généralement mal bâti et formé de rui*% étroiif^s. mais riche de s(*s pro<luctions naturelles et admirablement situé Mir une m4»ntagne d'où la vue embrasse une vaste et magniG«|ue ét(*ndue de |iays; le second, bourg coquet, propre, animé, qui s<* grou|>e dans le riant vallon <le la S'ille, au pie<l de la montagne de Château-Chahm ; — Ihmihlam^ ciMnmnne beureuM» où le sol donne a l'homme tout ce qu'il peut désirer; — Arlaïf et Metteraus, terres privih'giéi»s que la S<*ille ferlilist», et qui abondent eu cttéales, en légumineuses, en fruits, en vins ; — Seellières, sur la route de fVtle a I>i>ns-li*-Saulnier. |M'iite ville îiclive et commerçante ; — (Ajnliéye^ lier iie vignes que de haut<*s montagnes abritent pn*sque de tous côtés ; — Beau fort

Id DESCRIPTION DE LA FRANCHE -COMTÉ.

et Cousance, où la natuit; a réuni ses richesses agricoles ; — Clairvaux, vieille bourgade romaioe renommée pour son industrie, aujourd'hui chef-iieu du canton qui porte son nom ; — Orgelet, ville industrieuse» au pied d*une moiH tagne où Ton respire un air salubrc et vivifiant ; — Saint-Amour, ville commerçante et assez étendue, assise dans un des sites les plus pittoresques des montagnes du Jura; — Sattit-Juliefiy charmante contrée agricole, où les céréales, le maïs et les légumineuses croissent facilement ; — Armthodj vieux bourg aux rues mal tracées, éti*oites et tortueuses, mais situé dans un vallon fertile.

Quant à Tarrondissemenl de Saint-Claude, c il n*est pas exclusivement formé de la partie supérieure du Jui'a, appelée haute montagne : le canton de Moirans ainsi que la partie inférieure de celui de Saint-Laurent, appartient naturellement à la basse montagne; mais il comprend intégralement l'ancienne terre de l'abbaye de Saint-Claude.... Cette région (rarrondissement de Saint- Claude) est excessivement variée et accidentée : on y trouve des montagnes hautes et ardues, des vallons profonds, des pentes roides au pied des escarpements les plus dangereux, des plateaux couverts de hêtres et de sapins, de riches pâturages, des torrents creusant de tous côtés leur lit rocailleux.... Dans ce pays, tout est curieux pour l'étranger qui le parcourt : il tombe d'extase en extase, au milieu des sites variés et pittoresques qui subitement s'offrent à sa vue. Tout y est, faut-il dire, en contradiction : pauvreté, richesse, industrie, nature horrible, précipices, beautés champêtres, coteaux, vallons, montagnes à pic*. > C'est dans cette région du Jura que le pays ressemble plus particulièrement à l'Ecosse, contrée où la nature s'est fait un jeu de réunir tant de contrastes. L'arrondissement de Saint-Claude, le moins étendu des quatre, est pauvre en culture; mais il supplée, par le fruit des troupeaux et les travaux manuels, à l'insuffisance des récoltes. Les principales localités qui le composent, sont : Moirans, ancienne bourgade gallo-romaine, située dans une gorge étroite, entre deux montagnes fort élevées ; petite ville aux rues larges et pro|>res, mais à l'aspect triste à cause de sa position au milieu des rochers stériles qui l'enveloppent et ont l'air de l'ensevelir; — les Bouchoux et Viry, où Ton trouve, pendant la belle saison, un séjour champêtre des plus agréables ; — Septmoncelf centre d'une contrée où se fabrique l'excellent fi'omage de ce nom, et où Ton travaille avec habileté de temps immémorial les pierres fines et factices ; — les Molunes, renommées, comme Septmoncel, par l'habileté des ouvriers à y polir et ciseler les pierres de couleur ; — Saint-Claudey perdu au fond d'une vallée profonde que circonscrivent, d'un côté, des montagnes couvertes de forêts, de l'autre des cimes arides ; ville bien bâtie, bien pei*cée, décorée de plusieurs édifices remarquables, entourée de charmantes prome* nades, et célèbre surtout par ses fabriques, où l'on tourne les bois, le buis, l'ivoire, la corne et l'écaillé avec une adresse et une perfection qui en font rechercher les produits dans tous les pays de l'Europe; -— Longchautnois,

< Le docteur Ptot, Statisti^e dv Jura, pages 916-218.

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