‹ Histoire de la Franche-Comté ancienne et moderne, précédee d'une description de cette provinceChapitre 7 sur 52 · I -c^jdÉ · texte numérisé non relu

I -c^jdÉ

LE JURA. i7

eooiinane formëe «le la réunion de trente hameaux ; — les Rousses, contrée ariile, paofre et triste, remarquables seulement par leur position orograpbique près^ de la froDlière suisse, sur un des plateaux les plus élevés du Jura ; — Mifrrz, joli bourg aux habitations élégantes, à la physionomie animée et prospère, ei qui peut être regardé, par son industrieuse activité, comme la principale artère du commerce des montagnes voisines; — Saint-Laurent, riche et fraod bourg où se croisent les routes de Paris ù Genève, et du Bugey à Unançon: — le Grand-Vaux, agrégsition de hameaux nond>reux et d'Iiabitatioos boh^esy où la servitude féodale cpii pesa si longtemps sur les paysans de cftie roiilr<'>e a fait établir un régime patriarcal dont on ne trouve: ait d'exemples aalle part ailleurs : là, dans les vastes grang(*s de la vallée du Grand-Vaux, prn% mère, enfants, petits-enfants, cousins et petits-cousins, tous demeurent nnemble; le chef de la famille, qu'une vie simple et frugale conduit le plus Hiaveni â une extrême vieillesse, y est Tobjet de soins affectuc'ux et d'un respcrt profoiid. Quand il s'alite pour mourir, c'est entouré de toute sa postérité qu'il ferme les veux.

Un trèv^rand nombn* de rivières prennent naissance dans les montagnes du Jura; les prineiples d'entre elles sont : la Vals<Tine, la Bienne, l'Aymé, l'Aîn, le Drtiuvenant, la Valouze, le Suran, la S<Mlle, la Brenm*, la Glai;tine, b Cutsanre, ki Furieuse. D'autn*s rivièr(*s, t<*lles que le Doubs, la SnAnt* et rUgnon. ne font que inverser le déparlement, où elles mettent en moiivemtnî des usines de toute espèce. Vingt-('in(| lars, tous situés dans la \yi\viw fies montagnes, y montn*nt leurs eaux bl(*uàlres; les plus reman|uabl(^ sont : le br des Rousses, ceux de B<*llefontain«» et de Viry, ceux «les Rouges-Truites H du Grand-Vaux, ceux de Chambly et <le Chàlain. I^^s s^unmités l<*s plus éirvéesdu Jura sont : la Dole, à 1,732 mètres au-dessus du niveau de la mer; le Re<*alH, à 1,717 mètres; le SIont-Tendiv, à 1,690; le Colombier, à 1,675; le Prémanon, à 1,385; les Rouss<^, à 1.140; ete.

Le soi du département est riehe en mines de fer; on y trouve aussi quelques tra<*es de niin<*s d'or, de cuivre et de plomb. Il produit «les réréalrs d«» tout<» ^Ji •

«^♦èi'e et ptissède d'exrel lents |>âturage>; il compte 17,040 heei;in»s dr vigneff.. * \

140«960 h«n*tan^ d«* forêts. O départciuent renferme |>lusieurs sourc<*$ d'eaux ttiêt-s : celh*s de Montmorot et lU* Salins sont les plus ivnonnnées, et il c^iate * i Juube, pi*ès de I)ôle, une fontaine d'eau minéral(* scdini* ass<*z alnHida^PT • «

Les curiosités natun*llt*s se remontrent en gnnde quantité dans V Jura; P /« •la visite |Kirtieulièn*ment : les magniOqties grottes de Loisia,qui S4* com|>os«'nt^ «le plusieurs salles très-vastes, et dont les voAtes et les parois sont «'olivettes «le stab«iites et «le |>étrifirati4ms alTcMMant l<*s formes les plus bizarn^s; h*s immenses grott(*s de R«*vigny, où Ton trouve des terns natnrt'llement s:d|>éirérs: la grotte de Bah'rn«», ci'lhs «l«» Jonhe et «le Mrtrengt^al, n'inanpiabU^s aassi (jcir leurs stalaeiit(*s aux figuivs éinmges; le s:uivag(* site «!<' B;ium('-I(*s- M«*ssirurs, avt*c sa rallé<* étroit«' et pn»fondt* <|ui nssi'mble à un pré<'ipi<*(', S4*s rufbrrt âpres et |K*qMnuli(*ulair«'s «pii ont l'air d'une menace sus|H'u«Iu«' sur la ièi«*. u% dt^x suun*es bouillonnantt*s «pii naiss«nii «bus d«s antres, roulent eu

ëcumant sur des lits de pierres et se réunissent pour former la rivière de Seille; la source du Drouvenant, torrent qui descend avec fracas le long des rochers de la Fi*anée pour aller s'engloutir dans l'Ain ; les trois belles cascades du vallon des Fonciues, qui vont se perdre dans la Langouette, canal profond dont les parois parallèles 3ont coupées perpendiculairement, comme deux murailles naturelles; les sources de l'Ain, qui se précipitent avec impétuosité dans un vaste amphithéâtre de rochers; la cascade du pont de Poitte, une des magnifiques nappes d'eau que Ton -puisse voir ; la cascade de Syrod, la plus belle chute du Jura ; la fontaine intermittente de Syam, dont les e4iux croissent et décroissent de sept en sept minutes ; les quatre sources intermittentes de la fontaine de Noire-Combe, qui coulent quelquefois pendant un quart dlieure, pour s'interrompre ensuite; le puits Blanc et le puits Noir, près des mines de la ville d'Antre, deux trous naturels de vingt à trente pieds de diamètre à leur ouverture et d'une profondeur inconnue, par lesquels l'eau sort en torrents lors des grandes pluies. Il faut citer encore le Saut Gérard et la chute du Yalde-Ménétrux, dans les environs de Clairvaux; la curieuse source d'eau et d'air, près d'Orgelet; les cascades de Flumen, de Tresergey et de l'Abime, aux alentours de Saint-Claude. Le département du Jura renferme beaucoup d'autres curiosités dont la liste serait trop longue à dresser; terminons-la en mentionnant la rangée de morceaux de rocs isolés que l'on aperçoit auprès du village de Syrod et qui ressemblent, vus de loin, soit à des statues colossales, soit à des aiguilles élancées; les fortifications à la Yauban que l'on remarque sur un rocher à peu de distance du village des Petites-Chiettes, où la nature s'est plu à représenter des bastions, des flancs, des faces, des courtines, même des i*angs de batteries superposées, le tout figuré de manière à faire croire à un travail de main d'homme ; enfin, la gorge de la Tour-du-Heix ou coupe romaine, fissure énorme pratiquée entre deux montagnes hautes de cinquante mètres, coupées net et d'aplomb, et dont les parois lisses s'élèvent avec une hardiesse qui frappe l'imagination.

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