‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 11 sur 149 · CHAPITRE XVI. —* l65l. 2t · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. —* l65l. 2t

toutefois de présider le Parlement. L'accession de ce grand citoyen promettait aux actes de l'administration nouvelle une puissante autorité sur les magistrats et sur les bourgeois de Paris.

Pour accroître encore sa popularité , le Roi fit publier une déclaration par laquelle tous les actes arbitraires et oppressifs commis pendant la régence étaient imputés au cardinal Mazarin. « L'exil et l'emprisonnement des offi- » ciers de justice, la dissipation des finan- » ces , le retard de la paix générale, la ruine » du commerce de nos ports, l'interdiction » du parlement de Bordeaux , la détention » des princes, enfin toutes les infractions de » l'ordonnance de 1648, étaient le fait de » ce méchant homnïe qui, contrevenant aux » bonnes et louables intentions de Sa Ma- » jesté , avait, par sa mauvaise conduite, » justement excité la haine et le mépris des » trois ordres du royaume , poussé l'audace » jusqu'à calomnier le parlement de Paris, » et tenté de donner de mauvaises impres- » sions de la fidélité de cette illustre compa- » gnie. C'était par une juste punition de tant » de crimes , que ledit cardinal Mazarin avait

» été banni du royaume; cependant, depuis » son départ , il n'avait cessé de continuer » ses pratiques ordinaires avec aucun de ses « amis et affidés.

» A ces causes, le Roi , de l'avis de la Reine » sa mère, du duc d'Orléans, du prince de » Condé, et autres ducs , pairs et officiers » de la couronne, et encore de sa pleine puis- » sance , certaine science et autorité royale , » faisait de nouveau expresses défenses et « inhibitions audit cardinal Mazarin, à ses » alliés et domestiques, de jamais rentrer m dans le royaume et terres de France, à peine » d'être poursuivis comme criminels de lèse- » majesté et perturbateurs du repos pu- » blic. »

Des paroles si explicites dans une occasion si solennelle semblaient un engagement positif; elles n'avaient cependant d'autre but que de tromper les peuples jusqu'au moment où on pourrait les braver sans danger. En attendant , la Reine se préparait à pousser vivement le prince de Condé. Fort irritée qu'il ne fût point venu rendre ses devoirs au Roi à l'occasion de la majorité, elle refusa avec dédain une lettre d'excuse que lui présenta le prince de Conti;

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