CHAPITRE XIX. l65'2j tô'J
parti contraire. Louvières , (ils du conseiller Broussel, gouverneur de la Bastille pour le Parlement , fit quelques difficultés d'ouvrir ses portes , mais averti qu'il serait pendu dans les fossés s'il n'obéissait avant deux heures, il sortit immédiatement du château. Le lendemain un lit de justice fut convoqué au Louvre. Louis XIV y parut dans tout l'éclat de la majesté royale , parée des grâces de la jeunesse et de la beauté ; les ducs de Vendôme et de Guise ' marchaient à ses côtés; d'autres ducs , pairs et maréchaux de France, lui formaient un brillant cortège ; une garde formidable le précédait ; les cent-suisses entrèrent, tambour battant, jusqu'au milieu de la salle où se tenait l'assemblée. Quatre années auparavant , à pareil jour % les magistrats avaient obtenu cette déclaration fameuse proclamée loi fondamentale de l'Etat , qui devait commencer une ère nouvelle et fonder la liberté publique sur l'auto-
' Après son expédition de Naples , le duc de Guise avait été retenu pendant plusieurs années prisonnier à Madrid. Il avait obtenu depuis peu sa liberté par le crédit du prince de Condé, qu'il abandonna aussitôt après son retour en France.
22 octobre.
rite des Parlemens : les temps e'taient bien changés!
Quand , après le cérémonial d'usage et les discours d'étiquette , le chancelier annonça qu'il allait donner lecture d'une déclaration de Sa Majesté , l'assemblée écouta dans un morne silence.
La déclaration était divisée en trois chefs. Le premier exceptait nominativement de l'amnistie générale « les ducs deBeaufort, de » La Rochefoucault, de Rohan , les marquis de » La Boulaye et de Fontrailles, le président » Pérault , les conseillers Broussel , Viole , de » Thou, Portail, Bitaut, Fouquetde Croissy, » Coulon , Machault , Fleury et Martineau ; les » serviteurs des princes et princesses de Condé, » de Conti , de Longueville; les femmes, les » enfans, les domestiques des officiers em~ » ploycs dans les troupes du prince de Condé » ou dans les places qui tenaient pour lui en » Guyenne, en Bourgogne et ailleurs : tous » lesquels individus devaient sortir incessam- » ment de Paris et n'y rentrer qu'avec per- » mission expresse de Sa Majesté. »
Le second chef delà déclaration portait défense « à tous prcsidens , conseillers et autres