‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 120 sur 149 · CHAPITRE XIX. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. l

Ce superbe langage annonçait un nouveau règne à la France ; il ne se démentit plus. Mais autant la cour témoignait de rigueur envers les chefs du parti des Princes et les corps de magistrature en alliance avec eux , autant elle employa de ménagemens pour attacher à ses intérêts les notables habitans et les corporations bourgeoises. Des émissaires du Cardinal parcouraient les rues de Paris , se mêlaient à la foule attroupée sur toutes les places, et lui faisaient entendre le cri de vive le Roi! Ils portaient un morceau de papier à leur chapeau, en opposition aux partisans des Princes, qui depuis le massacre de FHôtel-de- Ville avaient pris un bouquet de paille pour marque distinctive. Ceux-ci devenaient chaque jour moins nombreux , et ils Posèrent plus se montrer en public, quand les syndics des six corps des marchands , puis les colonels et les capitaines des quartiers de la ville, se furent rendus à Saint-Germain * où le Roi et la Reine les comblèrent de caresses \

Leurs Majestés ayant fixé le jour de leur

* io octobre.

' L'orateur de cette députation parla à genoux avec

entrée dans Paris, tout fut disposé pour leur réception solennelle. Le duc de Beaufort et le conseiller Broussel déposèrent leurs charges de gouverneur de Paris et de prévôt des marchands. M. le Prince, le desespoir dans le cœur, se jeta dans les bras des Espagnols et suivit le duc de Lorraine en Champagne. Le duc d'Orléans se flattait encore que la cour lui témoignerait des égards quand un gentilhomme du Roi lui signifia Tordre de sortir de Paris sous deux heures et de se rendre directement à Blois; il obtint avec peine la permission de passer encore la nuit au Luxembourg, sous la condition d'en fermer exactement les portes et les fenêtres , et de n'y recevoir personne.

* Le Roi et la Reine, suivis d'une cour brillante, escortés par M. deTurenne, vinrent descendre au Palais-Royal, et reçurent les hommages de bon nombre de princes et de seigneurs encore engagés la veille dans le

une grande effusion de respect et d'amour ; il supplia le Roi de revenir à Paris , et de prendre en pitié l'impatience de ses ûdèles sujets et la misère des pauvres dont trois mille, abandonnés à l'Hôtel-Dieu , ne pouvaient y être secourus , les soldats ayant pillé les biens de l'hôpital. * ai octobre.

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