CHAPITRE XIX. l
Après le massacre de l'Hôtel-de- Ville et l'arrêt du Parlement qui avait investi les Princes d'une dictature souveraine , quel intérêt pouvait encore engager les bourgeois de Paris à prolonger une guerre ruineuse ? Leur importait-il qu'en définitive M. le Prince imposât au Roi un autre ministre que le cardinal Mazarin ? Celui-ci s'était rendu odieux parson mépris des libertés publiques et ses violences contre les magistrats ; mais le parti vainqueur faisait peser sur la France un joug bien plus intolérable encore. Les efforts tentés depuis cinq ans pour établir un gouvernement légal sur les bases de l'ordonnance du 24 octobre 1648 n'ayant ainsi abouti qu'à une sanglante et honteuse anarchie , les bons bourgeois regrettèrent le temps du cardinal de Richelieu, où l'ordre public était protégé contre les violences des grands seigneurs, et les abus du pouvoir arbitraire seulement à redouter pour ceux-ci.
Si nous nous rappelons cependant la sagesse des délibérations de la Chambre de Saint- Louis, l'évidence des principes qui y avaient été proclamés; si nous rendons justice à l'in-