CHAPITRE XVII. l63:i
» Mazarin était légitime; que le Parlement » devait céder sans entreprendre de Fempor- » ter par une fermeté dure et extraordinaire;
» violent les ordres publics (encore que d'exposer sa vie » en proie , et de permettre de le prendre mort ou vif » soit un procédé sans exemple) , elle ne savait pas que » Sa Majesté lui avait donné des ordres pour faire des » levées de gens de guerre. Elle ne savait pas que Sa » Majesté avait commandé audit Cardinal d'entrer en » France , et d'amener ses troupes afin de s'en servir à » fortifier l'armée du Roi, et à combattre les rebelles. » Mais maintenant que le Parlement apprendra par » vous , Messieurs , la vérité de ce qui s'est passé , on » peut se promettre qu'il diminuera beaucoup de sa pre- » mière rigueur, et qu'il joindra ses forces à celles de o Sa Majesté pour disposer toutes choses à ce" calme si » nécessaire à tous.
» Ce serait un grand malheur que le même esprit ne » se trouvât en celui qui commande et en ceux qui doi- » vent obéir. Sa Majesté sait bien qu'il ne suffit pas que >» les lois soient justes , qu'il faut encore qu'elles soient » reconnues telles par vous, Messieurs, qui les devez » faire exécuter ; mais il importe de ne se mécompter pas , » et puisqu'il faut céder enfin , n'entreprenez pas de v l'emporter par une fermeté dure et extraordinaire qui » romprait tous les liens de la soumission. Le cardinal » Mazarin demande instamment à se justifier, sur quoi » le Roi prendra ses résolutions qu'il fera bientôt savoir » à la compagnie. »