CHAPITRE XVIII. l65'2. 1 2J
de notables bourgeois ' avait été convoquée par ordre du Parlement : ils n'y trouvèrent pas un meilleur accueil, et le prévôt des marchands déclara « qu'il romprait la séance si » Leurs Altesses persistaient à vouloir prendre » part à la délibération. » Enfin , quelques jours après , le prince de Condé , toujours accompagné des ducs de Beaufort et de La Rochefoucault, se rendit à la Cour des aides % et ce fut là qu'on vit briller avec le plus d'éclat l'esprit de loyauté qui animait la magistrature française au moment même où. elle opposait à la volonté royale une résistance si obstinée. Jacques Amelot présidait la compagnie.
1 L'assemblée était composée de seize députés du Parlement (savoir quatre de la grand'Chambre et deux des six autres Chambres ) , huit députés de la Chambre des comptes, six de la Cour des aides, deux de chacune des compagnies ecclésiastiques séculières et régulières (savoir Notre-Dame , la Sainte-Chapelle , la Sorbonne , les Pères de l'Oratoire, les Chartreux, Saint-Victor, Saint-Martin-des-Champs , etc.) , huit bourgeois notables de chacun des seize quartiers de Paris , huit de chacun des six corps de marchands , enfin les conseillers de ville et les quarteniers. C'était dans ces formes que s'assemblait la ville pour la convocation des Etats.
* 22 avril.
Nous l'avons vu , en 1649, soutenir avec énergie, en présence de la Reine, l'honneur du parlement de Paris ' ; défenseur non moins intrépide des droits de la couronne, son indignation était au comble parce qu'il venait de rencontrer des gens à la livrée du prince de Condé qui battaient le tambour sur les places, et enrôlaient publiquement des gens de guerre. Résolu à faire justice de ce scandaleux mépris de l'autorité royale , quand les Princes eurent répété les déclarations déjà faites au Parlement , le président Amelot prit la parole : « En la place où je suis, » dit-il, je ne puis dissimuler qu'il y a sujet » de s'étonner que M. le Prince revienne dans » Paris, non-seulement sans avoir obtenu des >» lettres d'abolition et de rémission , mais » encore qu'il paraisse dans les compagnies » souveraines comme triomphant du Roi » notre maître; et, ce qui est le comble de » l'audace , qu'il ose faire battre le tambour » dans la ville la plus fidèle du royaume , >» pour lever des soldats contre Sa Majesté >» avec des deniers venus d'Espagne!
« Voir la page 293 du premier volume.