TOME III
l30 HIST0IRK DR LA FRONDE.
» reçu six cent mille livres. Sur cette somme, » vous avez envoyé cent cinquante mille li- » vres en Guyenne, au colonel Balthazar; » vous avez, employé ici une partie du reste » à lever des troupes..., et, si vous n'aviez. » touché ces deniers d'Espagne, quel moyen » auriez-vous de faire la guerre contre le » Roi?
» Monsieur, interrompit encore M. lePrince, » la Cour ne vous avouera pas sans doute de » tout ce que vous me dites. — Mon aveu est » sous mon bonnet, » repartit Amelot, en frappant de la main sa tête ; « il n'y a dans » cette compagnie que de bons serviteurs du » Roi , et pas un ne désavouera mes paroles. » — Vous deviez m'avertir en particulier , » et non pas devant tout le monde, >» dit M. le Prince, baissant la tête avec confusion.
« Si vous m'aviez fait l'honneur de me re- » cevoir en particulier , répondit l'austère » magistrat, je vous aurais fait ces reproches; ». mais je ne pouvais me taire en ce lieu sans m être prévaricateur à ma charge. — Et moi , » si je vous souffrais plus long-temps , je sert rais prévaricateur à mon honneur, dit le » Prince. — Votre honneur ! Monsieur. Ah !