‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 66 sur 149 · CHAPITRE XVIII. l652. l3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. l652. l3l

» si vous eussiez été jaloux de le conserver, » vous n'auriez pas fait ce que vous faites. » Voyez en quel déplorable état la France est » réduite par suite de votre révolte. » Puis se tournant vers le duc d'Orléans : « La compa- » gnie vous conjure, Monsieur, au nom de » tout ce qu'il y a de bons Français, de ne » rien omettre de ce qui dépendra de vous » pour rétablir l'union dans la famille royale, » union dont dépend le salut public. Cette » compagnie tiendrait à honneur singulier >j de pouvoir contribuer quelque chose du » sien à un ouvrage si important ; il n'y a ni » soin , ni peine , ni biens , ni vie que chacun » de nous n'employât volontiers pour un effet m si désirable. >»

Tant de zèle pour l'autorité royale ne disposait pas cependant les magistrats à fléchir sous le pouvoir absolu. Dans les séances même où les Princes venaient d'être si mal reçus , toutes les compagnies souveraines ordonnèrent d'itératives remontrances contre le cardinal Mazarin ' ; celles du Parlement furent rédigées en ces termes :

* Les parlemens de Rouen , de Rennes , de Dijon , de

l3îl HISTOIRE DE LA FRONDE.

« Sire ,

» La déclaration de Votre Majesté , qui » bannissait pour jamais de son royaume le

Toulouse , de Bordeaux , de Pau , de Grenoble , de Provence , suivirent l'exemple du parlement de Paris. On remarqua, entre toutes les autres, les remontrances du parlement de Toulouse pour la dignité du langage et la loyauté des sentimens.

« Sire ,

» Votre parlement de Toulouse n'a rien oublié de ce » qui était de son devoir pour conserver le repos public » et le respect dû à Votre Majesté dans l'étendue de son » ressort.

» Quand les troupes qui servaient dans l'armée de » Catalogne , commandées par le sieur de Marsin , ont » traversé la province pour aller joindre l'armée rebelle, » le Parlement a su reconnaître ces déserteurs , les a si- « gnalés à vos peuples, et les a poursuivis de ses arrêts. » Nous avions lieu d'espérer , Sire , que bientôt les mau- » vais desseins formés en Guyenne contre votre service » seraient dissipés ou rendus inutiles, et tous ceux qui » ont pris les armes sans vos ordres poursuivis par la sé- » vérité des lois. Mais les choses ont bien changé par le » retour du cardinal Mazarin; depuis que le ministre » fatal à notre ruine est rentré dans ce royaume , il semble » que toutes les bonnes dispositions qui étaient dans les

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