CHAPITRE XVIII. l
m gnement du cardinal Mazarin : lequel était » la seule et Tunique cause des maux de l'Etat )> dans l'occurrence des affaires présentes. »
Les députés chargés de cette mission furent reçus à la cour avec de grandes caresses ; ils insistèrent sur le renvoi de Mazarin , et le Roi leur répondit sans colère qu'il en délibérerait dans son Conseil. Deux jours après*, introduits de nouveau dans le cabinet de Sa Majesté, ils reçurent de sa main une réponse écrite , portant :
« Qu'il y avait sujet de s'étonner qu'une » compagnie animée de bonnes intentions » et composée de tant de personnes sages et » avisées , insistât si obstinément sur une » chose que des sujets rebelles, assistés des » forces d'Espagne, prétendaient obtenir les » armes à la main. Le parlement de Paris » eût agi plus prudemment , en différant » de délibérer sur ce sujet jusqu'à ce que » les troupes étrangères fussent sorties du » royaume. Cependant Sa Majesté, n'ayant » rien tant à cœur que de donner la paix à » ses peuples et satisfaction à son Parlement ,
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» se résoudrait, à éloigner de ses conseils, et » à renvoyer hors du royaume le cardinal » Mazarin, pourvu que cette condescen- » dance eût pour effet de faire rentrer les » Princes dans le devoir, de rompre les li- >» gués et associations formées tant au dedans » qu'au dehors du royaume, de procurer la » soumission de Bordeaux et des autres villes » et provinces révoltées. Sa Majesté deman- » dait au Parlement quelle garantie il pou- » vait lui offrir sur tous ces points. »
Les conditions réclamées par le Roi pour prix de sa condescendance étaient d^une justice évidente. Aussi les députés , à leur retour de Melun , furent-ils reçus en triomphe ; et après avoir entendu leur rapport , le Parlement arrêta tout d'une voix * qu'une nouvelle députation serait envoyée à Sa Majesté pour lui exprimer la reconnaissance de son peuple et de ses officiers , et pour régler les conditions d'une pacification générale.
* ^l juin.