‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 81 sur 149 · CHAPITRE XVIII. — » l652. î · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. — » l652. î

Cette inébranlable fermeté des magistrats et des bourgeois trompait également les calculs de la cour et ceux des Princes. Mazarin avait espéré que le Parlement, ballotté entre les factions , tomberait sans force au pied du trône, et entraînerait dans sa chute toutes les libertés et tous les privilèges. Telle devait être, en effet , Pissue prochaine de ce long combat ; mais les défenseurs de la déclaration du 24 octobre 1648 n'avaient point encore épuisé leurs forces et leur courage. Quel que fût leur respect pour le jeune monarque, ils restaient déterminés à résister à son autorité, tant qu'il conserverait auprès de sa personne un ministre sans foi, fauteur du despotisme , et déclaré par arrêt criminel de lèse - majesté. Le cardinal Mazarin comprit que pour assurer son triomphe il fallait le différer encore. Il se résigna donc à quitter de nouveau la France; et le Roi manda à Melun *, où il se trouvait alors, des députés du Parlement pour y conférer avec les membres du Conseil sur les conditions de la paix.

La lettre de Sa Majesté, conçue dans les

* 4 juin.

l64 HISTOIRE DE LA FRONDE.

termes les plus honorables pour la compagnie', fut reçue avec de grandes marques de respect; et malgré les efforts des Princes pour supposer à cette ouverture de négociation *, il fut arrêté, après trois jours de débats : « Que » des députés porteraient aux pieds du Roi » l'assurance que ses officiers s'empresseraient i> à lui rendre tous les devoirs dont ils lui » étaient débiteurs , aussitôt après Féloi-

1 • Sa Majesté ayant diverses'fois entendu les remon- • trances qui lui ont été faites de vive voix , et vu celles » nui lui ont été données par écrit , a bien voulu décla- ». rer par la présente qu'Elle fera toujours beaucoup de ». considération de ce qui lui sera représenté par sa cour » de Parlement, s'assura nt bien que comme sadite Cour » a un. notable intérêt à la manutention de l'autorité » royale , Elle n'a pas aussi d'autre intention que de con- ». tribuer à tout ce qui dépend d'Elle pour le bien et l'a- »> vantage de son service. Aussi Sa Majesté, à l'exemple » des rois ses prédécesseurs , faisant beaucoup d'état des • » avis de sadite cour de Parlement, et étant bien aise de »» les recevoir sur les occurrences présentes, désire eten- »» tend que les députés de ladite Cour viennent conférer ». avec ceux du Conseil de Sa Majesté , n'y ayant rien que » sadite Majesté ait tant à cœur que de donner la paix à >. son royaume , et étant disposée d'embrasser tous les - moyens possible pour cette bonne fin. » * 10 juin.

Page 1