CHAPITRE XIX. l
devait souscrire. Après Pavoir lu , le prince lorrain le jeta par terre , et le foula aux pieds avec colère, protestant qu'il aimerait mieux mourir que de se déshonorer. Il se calma cependant tout-à-coup , ramassa le papier , le signa sans proférer une parole et se mit aussitôt en marche par la route qui lui était tracée. Une heure après son départ , les têtes de colonne de l'armée des^ Princes se montrèrent sur la rive gauche de la Seine ; mais , trouvant le pont déjà occupé par M. de Turenne, elles se retirèrent précipitamment sur Ville-Juif.
A ces nouvelles inattendues , M. le Prince vint prendre le commandement de son armée. Sa présence ranima la confiance des soldats. Il suivit la corde de Parc que le cours de la Seine décrit en cet endroit, et les con-
rine de Tallard, et en eut un fils qui fut duc et maréchal de France sous le nom de Tallard.
Roger de Gadagne, piqué de quelque injustice dont il croyait avoir à se plaindre, quitta le service en 1674. Quelques mois après , Louis XIV, ayant fait huit maréchaux de France , disait : « Si Gadagne avait eu patience , » il serait du nombre ; mais il s'est impatienté , il s'est » retiré ; c'est bien fait. »