‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 90 sur 149 · CHAPITRE XIX. l652. 17g · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. l652. 17g

» soir à la place Royale , il leur enseignerait » comment ils devaient agir. »

Quatre ou cinq mille des plus hardis se trouvèrent au rendez-vous, et le duc, monté sur un échafaud, leur annonça « que l'armée m des Mazarins était aux portes de Paris , et » couperait bientôt les vivres à la ville; M. le » duc d'Orléans et M. le Prince faisaient » ce qui leur était possible pour tout sauver; » mais on ne s'aidait point ; le Parlement et » l'Hôtel-de- Ville trompaien t le peuple. Il fal- » lait changer les colonels et les capitaines , » contribuer pour faire des levées, chasser » les Mazarins de la ville et piller leurs mai- » sons. Il proposait que vingt - quatre des » assistans dressassent une requête pour de- » mander au Parlement de donner arrêt » d'union avec les Princes; il se chargeait de » présenter cette requête le lendemain , de » noter ceux qui , en s'y opposant, se seraient » déclares Mazarins , et d'en donner la liste » pour qu'on pût s'en défaire. » En finissant il ajouta : « Adieu donc, Messieurs, à de- » main au Palais ; à cinq heures du matin , » soyez en armes. »

Averti de ce complot, le prévôt des mar-

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chands donna Tordre aux compagnies bourgeoises de se tenir sur leurs gardes; des chaînes furent tendues et des corps-de-garde placés dans plusieurs rues; de nombreuses patrouilles parcoururent pendant la nuit tous les quartiers. Les séditieux ne renonçant pas pour cela à l'exécution de leur dessein, le président Bailleul voulut éviter de commettre les compagnies bourgeoises, et envoya prévenir chacun des magistrats en son domicile , qu'il n'y aurait pas d'assemblée au Palais , le lendemain ni les jours suivans , jusqu'à ce que la tranquillité fut assurée.

Rien n'était plus contraire aux intérêts des Princes et de leur parti que la suspension des assemblées. Pour dominer dans Paris ils avaient besoin de l'aveu explicite et du concours actif du Parlement. Ils firent donc tous leurs efforts pour rétablir la confiance des magistrats ', s'excusant de leur mieux de ce qui s'était passé, et promettant qu'à l'avenir ils s'emploieraient plus efficacement

• Le duc de Beaufort cherchant à justifier ce qu'il avait fait à la place Royale, le président de Novion lui répondit hardiment « que sa conduite était celle d'un ». bandit, et non celle d'un gentilhomme. »

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