‹ Histoire de la Fronde (volume 2)Chapitre 91 sur 149 · CHAPITRE XIX. — l652. l8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. — l652. l8l

pour empêcher les désordres. Sur les instantes prières du duc d10rléans et de ses principaux amis, il fut enfin convenu, par forme de transaction, « que le Parlement se » réunirait à l'ordinaire , et que les Princes n s'obligeraient par écrit à se soumettre de » tous points à l'autorité royale , sans exiger » d'autre condition que l'éloignement du » cardinal Mazarin , que Sa Majesté avait » bien voulu promettre. »

Le lendemain *, les Princes apportèrent au Parlement la déclaration convenue, mais la populace , plus nombreuse et plus forcenée , fit bientôt retentir les salles du Palais des cris habituels de mort aux Mazarins! union avec les Princes ! Quand , après la séance , les magistrats voulurent se retirer, on leur demanda s'ils avaient donné arrêt pour cette union, et sur leur réponse que rien encore n'était terminé, les assassins les repoussèrent, disant : « Allez donc achever les affaires ; vous ne sortirez pas auparavant, a

Une mêlée très-vive s'engagea alors entre les séditieux et la garde du Parlement , corn-

* 25 juin.

posée des archers de la ville, des compagnies du guet du grand -prévôt et de quelques compagnies bourgeoises. Les séditieux, renforcés d'un grand nombre de gentilshommes et de soldats déguisés, enfoncèrent les portes de la grand'Chambre. Les pre'sidens de Maisons, de Nesmond; de Bailleul furent grièvement blessés. Le président Le Coigneux, poursuivi dans la rue de la Vieille-Draperie , vit le fidèle serviteur qui raccompagnait tué à ses côtés d'un coup de mousquet. Il se jeta dans une maison où il était connu, y dépouilla sa robe et sa soutane, et en sortit le pistolet au poing avec le hausse-col d'officier de la garde bourgeoise. Le président de Novion courut les mêmes dangers. Tous les magistrats montrèrent un grand courage; les premiers qui parvenaient à se dégager allaient prendre leur rang dans les compagnies bourgeoises et couraient au secours de leurs confrères \ Vingt -cinq personnes furent tuées, et un

1 M. Miron , maître-des-requêtes , colonel de son quartier , sauva le lieutenant civil , enfermé avec plusieurs conseillers dans le Châtelet. Déjà les séditieux avaient amassé du bois devant les portes , et ils allaient y mettre le feu.

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