‹ Histoire de la FrondeChapitre 1 sur 155 · TOME r · texte numérisé non relu

TOME r

ij PREFACE.

ce que chacun sait, ou de présenter des aperçus nouveaux contraires aux opinions reçues, ne doit-il pas redouter au moins de rencontrer des lecteurs distraits ou prévenus , et dont il ne pourra gagner la confiance et soutenir l'attention?

Je ne me suis point dissimule' ces difficulte's de mon sujet, et elles m'auraient de'courage sans doute si j'avais ose' pre'tendre à un succès littéraire; mais une ambition plus modeste, bien que plus sérieuse, a inspire' mon travail, et en le présentant au public, je conserve, je l'avouerai, l'espërance que quelques personnes ne le jugeront pas sans utilité.

Rien n'est plus commun que de rencontrer aujourd'hui de jeunes zélateurs des institutions modernes qui , dans leur admiration partiale pour le temps présent, poursuivent d'un mépris irréfléchi tous

PRÉFACE» iij

les souvenirs du passe', et renient la France de leurs pères comme flétrie par le despotisme, et entachée d'une honteuse servilité'. D'autres hommes, au contraire, pre'occupe's des funestes effets de la licence , ne peuvent se re'concilier avec des institutions ne'es de nos discordes, et ils tournent des regards de regret vers ce temps oii ils s'imaginent que la royauté' rencontrait une obéissance facile également acceptée de tous.

Ces dispositions, également injustes, accusent une grande ignorance du véritable esprit de l'ancienne monarchie ; elles contribuent cependant à entretenir parmi nous de tristes divisions, qui sans doute deviendraient moins vives si l'on parvenait à convaincre tous les partis que le dix-neuvième siècle conserve et doit laisser après lui ime profonde cm-

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