‹ Histoire de la FrondeChapitre 108 sur 155 · CHAPITRE V. — 164B · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — 164B

accorder le terme de trois mois, sous les réserves exprimées. Le président Blancménil en détourna la compagnie. « Il fallait bien se » garder, dit-il, d'accorder un tel article; les )) rois n'avaient aucun titre par les privilèges » de leur couronne , ni par aucune loi de )) TÉtat, pour retenir leurs sujets sans leur » faire faire leur procès : ce serait leur en » donner un au préjudice de la sûreté pu- » blique , et ce serait même hasarder la vie » des princes et des officiers; caries ministres, » ayant trois mois pour exercer la violence » sur les personnes qui seraient entre leurs » mains , ne manqueraient pas de les faire » mourir, plutôt que de les rendre après ce )) terme. Le cardinal de Richelieu en eût agi » ainsi à Fégard de M. de Bassompierre et de )» tant d'autres personnes de condition et de )» naissance qui s'étaient voulu opposer à la » tyrannie de son ministère, s'il n'avait eu » le pouvoir de les retenir prisonniers tant » que bon lui semblerait. II fallait donc » ou laisser ce pouvoir injuste aux ministres, )» ou garder ponctuellement l'ordonnance des » vingt-quatre heures, puisqu'on ne pouvait n en si peu de temps trouver l'invention de

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)» faire mourir les prisonniers , sans que leur » mort, ainsi précipitée, ne donnât soupçon, » et même ne fournît la conviction entière du » crime de leurs oppresseurs. » L''arrêt , conforme à Tavis du président Blancménil , porta que Tordonnance des vingt-quatre heures serait ponctuellement exécutée.

La Reine, dVbord déterminée à refuser son consentement et à rompre les conférences, se laissa cependant persuader, par le cardinal Mazarin , quMl n''importait guère de donner une promesse de plus, puisqu'en définitive elle n^en voulait garder aucune. Elle accorda Tarticle de la sûreté publiqtfe sans restriction, de même que tous les autres délibérés en la chambre de Saint-Louis, et laissa même au Parlement le soin de dresser la déclaration royale , qui allait sanctionner de si grands changemens dans les principes du gouvernement et dans les formes de Tadministration. Peut-être Anne d^ Autriche, en s'abstenant de prendre part à la rédaction de celte ordonnance , voulait-elle que sa forme insolite portât témoignage de la violence contre laquelle elle entendait protester un jour.

Avant la clôture des conférences , les dé-

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