CHAPITRE V
pûtes da Parlement réglèrent avec les princes et le surintendant des finances les recettes et dépenses de TÉtat. La recette, réduite de 10 millions sur les tailles et d'autres dégrévemens accordés au peuple , ne montait plus
qu'à 82 millions 82,000,000.
Sur cette somme , le paiement des rentes constituées , les gages des officiers et autres charges du revenu, absorbaient 47?ooo,ooo.
Il ne restait que 35, 000, 000.
Cependant les dépenses ne pouvaient, dans l'état des affaires, être diminuées au-dessous de 69 millions. Il existait ainsi un déficit de 24 millions , qui fut comblé au moyen du retranchement des gages de certains officiers, de la diminution de deux quartiers pour les rentes assises sur les tailles, et d'un quartier et demi seulement pour les rentes assises sur les gabelles '.
Ces réductions, en d'autres circonstances, eussent paru d'odieuses banqueroutes ; mais une discussion publique en avait démontré la nécessité ; la garantie du Parlement faisait
' Voir le chapitre II , tome II.
202 HISTOIRK Di: LA FUONDE.
espérer pour Taveiiir plus d'économie daus les dépenses et de régularité dans les pniemens : chacun se résigna sans se plaindre, et les bourgeois de Paris ne s'en montrèrent que plus zélés pour la cause des magistrats. M. le Prince eut occasion de s'assurer par lui-même (le leurs sentimens.
S'étîmt trouvé indisposé à Saint-Germain , il fit appeler le sieur Guenault', célèbre médecin de Paris; et causant familièrement avec lui des nouvelles du jour, il lui demanda « s'il I» n'avait pas eu bien peur sur le bruit qui » avait couru qu'on allait assiéger Paris?» Guenault lui répondit : « Que personne n'a- » vait conçu la moindre inquiétude. M. le M Prince était un grand capitaine, mais tout » le monde était bien armé , et muni des >i choses nécessaires. On ne pouvait d'ailleurs » se persuader que Son Altesse voulût concou- » rir à une telle entreprise , et perdre en un >i jour la gloire et la réputation qu'elle avait » acquises par tant de victoires et d'actions » mémorables. »
' Guenault fut plus tard luédeciu du Roi. Il est ioil maltraité dans les lettres de Guy Patin, pour avoir le premier employé de l'ëmétirjue.