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CHAPITRE Vï

Politique du Coadjuteur. — Ses conférences avec M. le Prince. — Tous deux se préparent pour la guerre civile. — M. le Prince menace le conseiller Quatre-Sous.

— La cour quitte Paris. — Le Parlement lève des troupes; un parti de grands seigneurs se joint à lui. — Commencement des hostilités. — Etat des provinces.

— Le Parlement désire la paix. — Les grands seigneurs alliés à la magistrature veulent continuer la guerre.

— La Reine reçoit favorablement les députés envoyés à Saint-Germain.

Du a4 octobre 1648 au 12 février 1649-

Le coadjuteur de Paris, si connu sous le nom de cardinal de Retz, était issu d^une famille ancienne à Florence et illustre en France où Catherine de Médicis la combla d^honneurs et de biens. Destiné dès son bas âge à Tétat ecclésiastique par des arrangemens de famille auxquels sa vocation demeura fort étrangère, il fut nommé, à onze ans, chanoine de Notre-Dame, à vingt-huit coadjuteur de son oncle Jean-François de Gondi, archevêque de Paris. Une dignité si éminente ob-

tenue crAiine (rAutriche dans la première année de sa régence, attacha le jeune prélat aux intérêts de la cour, et ce fut seulement après la journée des Barricades que^ se croya,nt quitte de toute reconnaissance envers la Heine *, il embrassa le parti populaire.

Le courage et Thabileté de ce brillant allié furent souvent d^un grand secours à la cause des magistrats; mais trop souvent aussi, ses intrigues frivoles ou criminelles en souillèrent la pureté. Il ne serait cependant pas juste die croire que Gondi n'eût aucun patriotisme et employât indifféremment tousles moyens pour satisfaire son ambition. Ses écrits attestent des principes de gouvernement très-arrêtés auxquels il conforma le plus souvent sa conduite. Convaincu « que les rois en France n'a- » vaient jamais été absolus;.... que Richelieu » avait formé , dans la plus légitime monar- » chie , la plus dangereuse tyrannie, — il )) cherchait à rétablir un sage milieu entre la » licence des princes et le libertinage des » peuples,... et croyait dans les véritables in- » térêts de TEtat , de conférer de grands

* Voir la page 221.

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