CHAPITRE VI
'» pouvoirs aux Parlemens , ne fiit-ce que » pour décharger les monarques de la haine » et de l'envie que Pexécution des ordon- » nances les plus saintes et les plus nécessai- » res excite quelquefois parmi le peuple '. »
La déclaration du 24 octobre, conforme à cette politique, parut au Coadjuteur un remède salutaire aux désordres du gouvernement ; mais plus prévoyant que les magistrats, il comprit qu'il serait dilficile de la maintenir contre les attaques des ministres , et d'empêcher le rétablissement du pouvoir absolu, si les défenseurs des libertés publiques ne trouvaient quelque point d'appui parmi les princes et les grands seigneurs. Rien n'était d'ailleurs plus contraire aux mœurs et aux habitudes sociales de Gondi, que de s'engager dans un parti formé seulement de magistrats et de bourgeois. Cherchant donc un renfort pour la cause parlementaire, il tourna les yeux vers le prince de Condé, véritable chef de la noblesse française.
Les deux partis sollicitaient avec un empressement égal l'alliance de M. le Prince.
' Mémoires du cardinal de Retz.
Sa conduite incertaine, lors des conférences de Saint-Germain, avait pu faire croire qu^à Texemple du duc d^Orléans, il éviterait de se déclarer entre la cour et le Parlement, et profiterait de leurs divisions pour augmenter son influence ; mais une telle politique ne pouvait convenir long-temps à un génie impatient de toute contrainte, plus accoutumé aux combinaisons des batailles qu^au manège du cabinet. Après son retour à Paris, le spectacle des assemblées tumultueuses delà grand'- Chambre augmenta encore le dégoût de M. le Prince pour la magistrature, et il se repentit de n'avoir pas défendu Pautorité royale avec plus de fermeté. Mazarin, attentif à ses dispositions , ne désespéra pas de Tattacher intimement aux intérêts de la cour. Il n'épargna ni bassesse, ni flatterie, pour effacer ses anciens ressentimens , et lui promit pour l'avenir une déférence sans bornes, s'il voulait se charger de défendre les droits du trône et prendre le commandement de l'armée contre le Parlement.
La paix venait d'être signée à Munster avec l'Allemagne ', et la bataille de Lens ayant laissé
• Le traité de Westphalie fut signé à Munster et à