‹ Histoire de la FrondeChapitre 117 sur 155 · CHAPITRE VI. — i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — i

» et la Provence donnent déjà très-dangereu- » sèment Fexemple qu^ elles ont reçu de Paris.' » Tout branle.... Votre Altesse est capable de » fixer ce mouvement par Téclat de sa nais- » sance , par celui de sa réputation, mais non » pas par la violence, car les armées sont peu » de chose contre les peuples quand ils con— » naissent leurs forces, et aujourd'hui ils en » sont venus à ce point, de compter vos ar- )) mées pour rien et de se compter eux-mêmes » pour tout. »

Touché de ces considérations, M. le Prince convenait de la nécessité de réformer TÉtat et des dangers du despotisme que les derniers ministres avaient introduit en France, mais son orgueil se révoltait chaque jour davantage contre les prétentions de la magistrature. « Je ne saurais souflrir , disait-il, )» r insolence de ces bourgeois qui préten- )» dent à gouverner TÉtat.... Ils en veulent à » Fautorité royale.... Je m*'appelle Louis de » Bourbon, et ne veux pas ébranler le trône.... » Le Parlement , agissant comme il le fait, suit )> le chemin de le renverser, et quelles me- » sures dVilleurs prendre avec des gens qui » ne peuvent jamais répondre d'eux-mêmes ,

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» parce qu'ils dépendent de leur compagnie .» qui change tous les quarts-d'heure?... Il » n'est pas un homme sage qui veuille s'en- » gager dans une cohue de cette nature, et , » pour ma part , je ne puis me résoudre » à devenir le général d'une armée de )» fous. »

La réponse du Coadjuteurrend témoignage de l'étonnante habileté de cet homme extraordinaire, qui, devançant les leçons de l'expérience, avait compris la théorie et la pratique d'une forme de gouvernement dont l'Angleterre seule offrait alors un malheureux exemple. « Je n'ignore pas, répliqua-t-il à M. le Prince, » les justes raisons qu'a Votre Altesse d'appré- ») hender les manières d'un corps composé de )» deux cents têtes , pour la plupart également » incapables de gouverner et de se laisser » gouverner. Mais si le Parlement travaille à M la ruine de l'État, c'est parce qu'il ne sait >» pas faire le bien qu'il veut faire. Un ministre » capable le maintiendrait dans l'équilibre » où il doit demeurer pour balancer ce qui » est de l'autorité des princes et de l'obéis-'

)» sance des peuples L'ignorance du cardi-

» nal Mazarin ne lui laisse ni assez, de vues, ni

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