TOME V
3o6 HISTOIRK UF. LA FRONDE.
gnant en eflet que le spectacle d^un héraut du Roi conduit solennellement par la ville, n'eût pour eux de fâcheuses conséquences , s'opposèrent dans le Parlement à la réception de ce message. Broussel , leur instrument ordinaire, soutint « que les hérauts d'armes » n'étaient envoyés par les souverains, qu'à » d'autres souverains leurs ennemis ; cette w forme inusitée envers des sujets fidèles ca- »> chait sans doute un piège du cardinal Ma* )) zarin, auquel la compagnie ne devait pas » se laisser prendre. » Ces raisons parurent d'une grande force à des gens de justice toujours préoccupés de l'importance des formes, et la majorité se prononça contre l'admission du héraut; mais voulant éloigner d'elle tout soupçon d'un manque de respect , elle ordonna que des députés se rendraient auprès de la Reine pour expliquer les motifs de la conduite de la compagnie, et pour recevoir les ordres qu'il plairait à Sa Majesté de lui adresser.
L'avocat-général Talon et Jérôme Bignon, son confrère, partirent aussitôt pour Saint- Germain. La Reine les reçut avec bonté, se montra satisfaite des motifs qui avaient engagé le Parlement à ne point recevoir le hé-