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Manque d'union dans les conseils de la Fronde. — Politique violente du duc de Bouillon. — Le Coadjuteur la repousse. — Un moine espagnol présenté au Parlement. — Mission de Mole à Saint-Germain. — La Reine consent à négocier la paix. — Conférence de Ruel. — "ïurenne trahit. — L'Archiduc entre en France. — Le premier président signe la paix contre les instructions de sa compagnie — Fureur des généraux. — Émeute dans Paris. — Le Parlement demande des changemens au traité. — La cour les accorde. — Les généraux sont abandonnés. — Affaires de Provence et de Normandie. — La paix est enregistrée au Parlement et publiée dans Paris.

Du 12 février au 3o mars 1649.

Le Parlement , satisfait des avantages quMl avait obtenus par la réformation de l'Etat, était prêt à poser les armes si la cour consentait à exécuter de bonne foi la déclaration du 24 octobre. La haute noblesse , au contraire , moins disposée encore à souffrir Tautorité régulière des compagnies que le despotisme des ministres, ne cherchait, dans les troubles, que roccasioh de rétablir son ancienne in-

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fluence. Des intentions si opposées pouvaient difficilement s"*accorder pour une conduite commune. Aussi, en dépit de Talliance formée parle Coadjuteur, n'exista-t-il jamais de véritable concert entre les grands seigneurs et les magistrats; ils ne se rapprochèrent que pour se blesser ; et la diversité de leurs mœurs envenima encore l'opposition de leurs intérêts.

Tous les soirs les personnes les plus considérables du parti venaient conférer ensemble dans les salons de THôtel-de- Ville , et la frivolité n'avait pas, dans ces assemblées, une moindre part que la politique. On s'y occupait de plaisirs et d'affaires ; on entendait les trompettes sur la place, les violons dans les salles. Les manières dégagées des jeunes seigneurs et le maintien sévère des magistrats , objets pour les uns et les autres de ridicule ou de scandale; les cuirasses et les écharpes militaires , les robes longues des conseillers , le froc des religieux , le manteau noir des bons bourgeois , formaient un étrange contraste, et représentaient fidèlement la confusion qui régnait alors dans les conseils de la France. Parmi ces jeunes seigneurs , nouveaux cham-

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pions de la magistrature , plusieurs , fidèles aux traditions ^ de la chevalerie, se dévouaient aveuglément aux caprices de leurs dames. Le duc de Beaufort conservait depuis plusieurs anné es pour la duchesse de Montbazonune passion respectueuse et désintéressée '. Le marquis d''Hocquincourt , soumis à la même maîtresse , lui écrivait pendant la guerre de Paris : « Péronne est à la belle des belles. » Le prince de Marsillac ne se proposait d'autre ambition que celle de plaire à la duchesse de Longueville \ Tous les seigneurs de la Fronde n'étaient pas cependant des héros de roman ; quelques-uns prétendaient aussi à des emplois, à des gouvernemens de places et de

' Elle (la duchesse de Montbazon) disait à qui la voulait entendre qu'il ne lui avait jamais demandé le bout du doigt, et qu'il n'était amoureux que de soname. En efifetjil paraissait au désespoir quand elle mangeé^it de la viande le vendredi, ce qui lui arrivait souvent. Mémoires du cardinal de Retz.

* « Pour mériter son coeur, pour plaire à ses beaux yeux, » J'ai fait la guerre au Roi , je l'aurais faite aux Dieux. »

f^ers du prince de Marsillac pour la duchesse de Lons^ueville.

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