CHAPITRE VII
conseillers ou présidens, institués à cette époque , avaient versé à Pépargne le prix de leurs charges, et les exerçaient depuis sous la garantie de la couronne. Mazarin les eût cependant sacrifiés sans scrupule , mais il ne pouvait supprimer les charges sans rendre l'argent, et pour échapper à cette restitution , il refusait la suppression du semestre. De leur côté, les nouveaux officiers désiraient ardemment être maintenus dans leurs emplois, et pour obtenir l'agrément de leurs confrères, ils offraient de payer en supplément de finance, les conseillers 3o,ooo livres , les présidens 70,000 livres '.
A ce taux, si le parlement de Rouen eût agréé vingt - sept nouveaux confrères, la somme payée par eux suffisait pour rembourser la finance des trente-trois autres , et le trésor fût demeuré indemne ; mais jamais le parlement de Rouen ne voulut consentir à reconnaître ces vingt-sept offices, et ce ne fut qu'à grande peine qu'il se détermina enfin à en accepter douze. Le cardinal Mazarin insistait pour en obtenir quinze , et ce misérable
• L'argent à vingt-six livres le marc.
36o HISTOIRE DR LA FRONDE.
débat fut soutenu de part et d'autre avec une obstination singulière.
Mathieu Mole souffrait impatiemment que la conclusion de la paix fût retardée pour un intérêt si minime; cependant les magistrats avaient les uns pour les autres une fidélité à toute épreuve , et plutôt que d^ibandonnev leurs confrères de Rouen , les députés des compaonics de Paris offrirent de payer de leurs deniers le prix des trois offices, objet de la contestation. Le duc d'Orléans et le prince de Condé s'associèrent à cet acte de générosité, dont les députés de Rouen, présens à la conférence ,. profitèrent sans scrupule. Ils exigèrent encore queles douze offices qui seuls devaient être conservés parmi les soixante du semestre supprimé, fussent choisis par leur compagnie, afin que les titulaires ne conservassent aucune reconnaissance envers le Roi. Cette condition ayant aussi été accordée , rien ne retarda plus la conclusion de la paix.
Une amnistie et quelques promesses sans garantie furent les seules conditions stipulées en faveur des seigneurs et gentilshommes qui, à Paris et dans les provinces, avaient pris les armes contre le Roi. A Paris, les généraux, ne