CHAPITRE VU
térêts du parlement de Provence avaient été particulièrement recommandés aux députés.
Ils le furent encore lors de la conférence de Saint-Germain , et Mathieu Mole les défendit aussi chaudement que ceux de sa propre compagnie.
Une déclaration du Roi révoqua « les con- )) suis et officiers municipaux nommés en Pro- » vence par lettres de cachet, rétablit les an- » ciens , et porta qu'à Pavenir les consuls » continueraient à être élus suivant les an- )» ciens visages et réglemens : prudence do- » niestique et véritable économie des villes et » communautés. )» Une autre déclaration supprima le semestre et rétablit toutes choses dans Pétat où elles étaient avant les troubles. Défenses expresses furent faites au gouverneur de continuer ses levées d'hommes et de deniers. Le premier président insistait pour qu'il fût révoqué; mais le prince de Condé, parent et ami du comte d'Alais, n'y voulut pas consentir.
Ainsi que nous Pavons dit, les troubles de Normandie présentèrent un autre caractère que ceux de la Provence. Le duc de Longueville, gouverneur, et le marquis de Beu-
358 HISTOIRE DK la FRONDE.
vron, commandant du vieux Palais ', s'étant déclarés pour le parlement de Paris , leur influence entraîna toute la noblesse, et la province fut unanime contre la cour. Le parlement de Fiouen s'empressa de donner arrêt d'union avec celui de Paris. Les deniers du Roi furent saisis dans toutes les recettes et employés à lever des troupes ; mais le duc de Longueville avait peu d'*expérience de la guerre; le comte d'Harcourt, qui lui fut opposé , le tint en échec sous les murs de Rouen avec des forces inférieures , et Pempêcha de marcher au secours de Paris.
Lors de la négociation de la paix, Mathieu Mole obtint la révocation de diverses taxes imposées sur le peuple de Normandie au mépris de la déclaration du 24 octobre, et il soutint avec le même zèle les intérêts des magistrats, pour lesquels il était plus difficile d'obtenir satisfaction.
Le parlement de Rouen réclamait la suppression d'un semestre créé huit ans auparavant par le cardinal de Richelieu ', Soixante
' Citadelle de Rouen.
* Voir la page 3i.