‹ Histoire de la FrondeChapitre 17 sur 155 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

écuyer, pour négocier avec les ministres de Philippe IV, au nom de Gaston , duc d'Orléans, et de deux grands seigneurs français qui ne devaient être nommés que lorsque les conditions du traité seraient convenues.

Les choses étaient dans cet état lorsque le Roi , le Cardinal et le grand-écuyer partirent * pour Parmée de Catalogne, qui allait commencer le siège de Perpignan. La Reine resta à Paris , et retint M. de Thou auprès d'elle. Le duc d'Orléans fut s'enfermer à Blois, où il semble qu'il oublia, avec une merveilleuse facilité, l'importance et le danger des engagemens qu'il venait de contracter. Le duc de Bouillon et M. de Fontrailles, partis en même temps de Paris , se séparèrent à Limoges. Le premier fut à Turenne régler ses affaires domestiques avant de se rendre à l'armée d'Italie ; le second continua sa route pour Madrid. •< Avant de quitter M. de Bouillon , dit Fon- » trailles dans ses Mémoires, je lui recom- )> mandai qu'il se donnât bien garde de se

1577. Il était fils de Benjamin d'Astarac, sénéchal dArmagnac , et de Marguerite de Montesquieu. ' 25 janvier.

» laisser arrêter; que le succès de toute Taf- ») faire dépendait principalement de ce point; » que le Cardinal était fort avisé, et qu'il fal- » lait bien prendre ses mesures. Il me le pro- I» mit; mais Tévénement n'a que trop montré M qu'il n'en avait rien fait. »

Il était dans la politique du cabinet de Madrid d'appuyer toutes les révoltes en France. 4». Fontrailles trouva donc un accès facile auprès du comte duc d'Olivarès , qui gouvernait l'Espagne aussi absolument que le cardinal de Richelieu gouvernait la France. Le vieux ministre crut d'abord qu'il était question d'une révolte de huguenots ; et bien qu'il tînt un chapelet à la main, pensant faire plaisir à Fontrailles, il s'égaya fort sur le pape et la religion catholique. Comprenant ensuite qu'il s'agissait du duc d'Orléans et de deux grands seigneurs qu'on ne nommait pas, Olivarès montra quelque défiance. Il convenait que « la » personne de S. A. le duc d'Orléans était de » très-grand prix , mais il n'avait ni places w fortes, ni gouvernemens de provinces; 'il >» n'était plus héritier présomptif de la cou-r » ronne, et s'était trouvé dans de si fàcheu- )• ses affaires qui toujours lui avaient mal

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