‹ Histoire de la FrondeChapitre 20 sur 155 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

» de S. A. , seront mises aux mains de S. A. » ou de ceux de son parti. »

Il était en outre promis au duc d''Orléans une pension de 12,000 écus par mois pour son entretien tant que durerait la guerre ; 80,000 ducats de pension à partager entre le duc de Bouillon et le grand-écujer ; 3oo,ooo livres pour munir la place de Sedan. Un plénipotentiaire du roi d'*Espagne résiderait auprès de S. A., et aucun accommodement général ou particulier ne devait être conclu que d^un commun accord.

Ce traité était sur le modèle de tous ceux faits depuis vingt ans avec Tétranger par des seigneurs français. On variait seulement le nombre des troupes et les sommes d^irgent promises , suivant l'importance des parties contractantes, qui le plus souvent ne tenaient ensuite aucun compte de leurs promesses. Fontrailles, rapportant cet écrit cousu dans la doublure de son habit , rentra en France et rejoignit la cour à Narbonne. De grands changemens y étaient survenus pendant son absence.

Depuis le départ de Paris, le cardinal de

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Richelieu semblait tombé dans une disgrâce complète; le Roi ne lui parlait plus qu'avec impatience, ne Técoutait qu'avec distraction. Toute la cour se tournait vers le grand-écuyer dont la faveur paraissait plus assurée que jamais. A son passage à Lyon, huit cents gentilshommes d'Auvergne étaient venus le complimenter et lui offrir leurs services. Les sieurs de Tilladet , de Lasalle et Desessarts , capitaines au régiment des gardes et domestiques de la maison du Roi, répétaient souvent que , pour poignarder le Cardinal, ils n'attendaient qu'un mot de S. M. , et Cinq-Mars leur promettait incessamment des ordres positifs.

Après six jours de repos pris à Lyon, le Roi et le Cardinal continuèrent lentement leur route , tous deux minés par le chagrin et la maladie. Arrivés à Narbonne, l'état du Cardinal devint plus alarmant; on crut qu'il allait mourir, et le Roi en témoignait si peu de souci, que sans envoyer savoir de ses nouvelles , il partit avec son favori * pour se rendre au camp devant Perpignan.

Le cardinal Mazarin , les sieurs de Chavi-

25 avril.

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