‹ Histoire de la FrondeChapitre 21 sur 155 · CHAPITRE I. 1642. 6g · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 1642. 6g

gny et Desnoyers, secrétaires d'Etat, suivirent le Roi ; toujours dévoués à Richelieu , ils ne négligeaient aucun moyen pour rappeler vers lui la confiance du monarque , et Timprudence de Cinq-Mars leur donnait de grands avantages. Etourdi et présomptueux , se croyant désormais sûr du succès , il n'observait plus aucun mystère et faisait imprudemment parade de ce qu'il lui importait le plus de cacher. Le traité avec l'Espagne fut aussitôt connu à Paris que signé à Madrid. La princesse Marie de Gonzague, celle pour qui Cinq-Mars s'exposait à de si grands dangers , et qui les eût volontiers récompensés par le don de sa main, lui écrivait : « Votre affaire » est sue ici , comme on y sait que la Seine » passe sous le Pont-Neuf. »

Ce fut la Reine qui apprit à M. de Thon les détails de la négociation de Fontrailles et du traité de Madrid. Fort inquiet de cette nou-. velle, il quitta Paris en toute hâte pour rejoindre la cour au camp devant Perpignan , où elle était alors. Il conjura le grand-écuyer de rompre cette fatale alliance, et, ne pouvant l'y déterminer, il se montra décidé à partir pour Rome, afin de n'être pas témoin des malheurs

quMl prévoyait. Cinq-Mars fit tous ses eff'oiis pour retenir son ami; il Fassurait « que dé- » sormais sa faveur était si grande, que rien )• ne la pouvait ébranler; que d''ailleurs le Roi » désirait la paix et que si , par le moyen de » ses intelligences avec TEspagne , il parve- » nait à la procurer, il se rendrait important )» et nécessaire autant que Pavait été Riche- » lieu lui-même. »

De Thou répondait <f qu'un traité pour w faire entrer en France les armées espa- » gnôles , ne pourrait jamais passer pour » une négociation de paix; que si Cinq-Mars » voulait travailler à la paix , et que le » Roi consentît à Vy autoriser, il devait se )» faire donner des lettres en bonne forme M portant cette autorisation. » Le crédit du grand-écuyer était en effet si bien établi, qu'il fit signer au Roi des pouvoirs adressés à M. de Thou, pour négocier à Rome et à Madrid les conditions de la paix générale. M. de Thou, en recevant ces pouvoirs, prit la précaution de les déposer en mains sûres de peur qu'il ne lui fussent enlevés si l'on venait à saisir ses papiers ; tant il conservait peu l'espoir du succès de son parti.

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