‹ Histoire de la FrondeChapitre 25 sur 155 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

recourut alors à sa ressource accoutumée, écrivit aux cardinaux de Richelieu et Mazarin, à M. de Ghavigny, s'avouant coupable, demandant grâce, et offrant de tout révéler. L''abbé de La Rivière , favori de Gaston, chargé par lui de porter ses lettres à la cour et dVcheter sa sûreté au prix qu'on voudrait y mettre , n'était pas homme à se montrer fort difficile sur les conditions d'un tel marché. Il vit d'abord le Cardinal , puis le Roi , convint de tout ce qu'il leur importait de savoir , et promit que les révélations de son maître mettraient les juges en état de faire périr ses complices , "pourvu qu'on lui accordât la vie et la liberté. Richelieu répondit en ces termes à la lettre du duc d'Orléans :

« Monsieur,

)) Puisque Dieu veut que les hommes aient

» recours à une ingénue et entière confession

» pour être absous de leurs fautes en ce

» monde, je vous enseigne le chemin que vous

» devez tenir pour vous tirer de la peine en

» laquelle vous êtes. Votre Altesse a bien com-

» mencé , c'est à elle à continuer, et à ses ser-

» viteurs à supplier le Roi d'user, en ce cas,

» de sa bonté en votre endroit. C'est tout ce

» que vous peut dire celui qui désire vérita-

» blement votre tranquiUité, et qui a toujours

« été et veut être, etc., etc. »

Après avoir reçu cette lettre , Monsieur rédigea deux déclarations dans lesquelles rapportant minutieusement tout ce qui s'était passé entre lui , le duc de Bouillon, le grandécuyer et M. de Thou, il ne respectait que les secrets d'Anne d'Autriche. Loin de chercher à rien atténuer, il ajoutait plusieurs circonstances aggravantes ijui ne se trouvèrent pas exactes. Dans un premier moment de trouble, il avait brûlé l'original du traité signé par Fontrailles, et s'excusait pour ce motif de le représenter ; mais il en affirmait l'existence, et était prêt à en déposer en justice. Ces déclarations de Monsieur furent reçues avec une grande joie par le Cardinal. Fontrailles et tous les autres agens employés dans cette affaire s'étaient sauvés. Le traité avec l'Espagne, principal corps de délit, n'était point produit, et dans l'absence de tous témoins, quelle que fût la servile obéissance

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