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CHAPITRE III

registrer , rimpôt étant d'une nature nouvelle , et analogue à ceux placés dans la juridiction de la Cour des aides. On espérait obtenir de cette dernière compagnie meilleure composition que du Parlement ; et en effet elle enregistra Tédit du tarif *.

Un grand débat s'éleva alors sur la compétence du Parlement et celle de la Cour des aides , les uns soutenant que le tarif était un impôt domanial , les autres que c'était un droit d'aides. Cette dispute se continua pendant une année avec une incroyable chaleur. Les courtisans , les femmes même s'embarrassaient dans la discussion que probablement ils ne comprenaient guère. Chaque jour le Parlement se montrait plus décidé à revendiquer sa juridiction , et il allait donner arrêt pour défendre la continuation du recouvrement du tarif, quand le Cardinal , recourant encore aux voies de négociation , sollicita une conférence.

La compagnie , jalouse d'exercer en corps son autorité , se montrait en général peu disposée aux négociations particulières. Cepen-

* 1 o décembre 1 646.

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danl le premier président et les présidens à mortier furent autorisés à se rendre au Palais- Royal, pour y conférer avec les princes et les ministres de Sa Majesté , sous la réserve expresse que rien ne serait arrêté, que sauf ratification.

' La discussion commença par une analyse minutieuse des différens articles du tarif, et par la distinction des droits d'aides et des impositions domaniales. Bientôt le président Le Coigneux , dont Tesprit était hardi et élevé , abandonnant au chancelier ce champ un peu aride , entra dans Tintérêt politique de la question. «« Il ne s'agissait pas, dit-il, d'exa- » miner ce qui se faisait à des époques qui » n'étaient plus en rapport avec les temps » présens. La Cour des aides avait été insti- >» tuée, et sa juridiction s'était formée lorsque » le domaine des rois suffisait à toutes les dé- » penses de l'État; les droits d'aides étaient I» alors des supplémens peu considérables et M toujours temporaires. Depuis, le domaine » des rois avait été anéanti ; les aides , au con- »» traire , étaient devenues permanentes , et

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» formaient presque la totalité des ressources »f du trésor. Si, dans ce nouvel état de choses , » on voulait conserver les anciennes limites » des juridictions , et que le Parlement nVût )> à connaître que des matières domaniales, » sa compétence était réduite à rien , et , ») sous couleur de respecter la coutume , on )) changeait la loi fondamentale de l'Etat, » en dépouillant la première compagnie du » royaume.

» D'ailleurs, ajoutait le président Le Coi- )) gneux , la coutume ne pouvait pas pré- » valoir contre la nature des choses. La » sûreté de la capitale était sous la garde du )> Parlement; son devoir était d'en assurer la )» tranquillité , et ce devoir supposait le droit )» de prendre connaissance des impôts sup- » portés par les habitans ; de s'assurer que ces » impôts ne passaient pas leurs facultés : car » quel moyen de maintenir l'ordre dans une M grande ville , si les citoyens étaient ré- I) duits au désespoir par la rigueur des exac- » tions? »

Cette manière de raisonner, en remontant aux principes des institutions, les menaçait d'un examen redoutable, que rarement elles sont

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assez fortes pour supporter. Le cardinal Mazarin n"'essaya pas cependant de rejeter la question dans les voies de la petite chicane; il soumit à rassemblée les raisons qui nécessitaient la continuation de la guerre ; Timpossibilité de suffire aux besoins de PÉtat par les moyens ordinaires :en finissant, il dit aux commissaires « qu^on avait établi Tiinpôt du » tarif, parce qu'ion l'avait cru meilleur que » tout autre; mais que, sMls ne le jugeaient » pas tel, et qu'ils en eussent de préférables, il » était prêt à les adopter et à abandonner » celui du tarif. »

Le Parlement obtenait ainsi chaque jour de nouveaux avantages; ces conférences l'initiaient dans l'administration dont ses chefs devenaient les régulateurs. Le contrôleur-général d'Emery leur soumit l'état des recettes et des dépenses, et leur exposa « quejusqu'a- )» lors on avait fait face aux besoins extraor- » dinaires de l'Etat par trois moyens , savoir: Ml" par des augmentations dans les tailles; )) 2" par des taxes sur les traitans et sur les » aisés ; 3* par des créations d'offices de » finance et de judicature.

)> La désolation des campagnes, la misère

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