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CHAPITRE III. 1647. l

)) du peuple , ne permettaient plus de penser )» à augmenter les tailles '.

» Les taxes sur les traitans et sur les aisés , » arbitrairement distribuées suivant le ca- )» price et la malveillance des commissaires » chargés de les répartir , étaient des man- » quemens à la foi publique. Si elles frap- » paient d'honnêtes commerçans, elles étaient . » décourageantes pour le commerce et Fin- » dustrie ; si elles frappaient sur les trai- » tans, toujours surchargés dans la réparti- » tion de ces taxes, sous prétexte des gros bé- » néfices qu'ils faisaient dans les affaires, elles » devenaient pour PEtat une nouvelle cause » de ruine : car le crédit public et l'économie » qu'il produit ne pouvait s'obtenir que par la » fidélité envers ceux avec lesquels on avait » contracté, et il était impossible de rencon- » trer des traitans probes , qui se contentassent » de bénéfices modérés , tant qu'on leur lais-

* A la mort d'Henri IV, les tailles ne s'élevaient qu'à quatorze millions; pendant le règne de Louis XIII elles avaient été portées à quarante-quatre millions : cet impôt ; dont la noblesse , le clergé et toutes les personnes privi- { légiées étaient exemptes , pesait de tout son poids sur le I peuple. {Voir la note page 189 de ce vo/u/ne.^

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». serait craindre de telles mesures dans Ta- » venir.

» Enfin, la création des offices de judica- )j turc et de finance exagérait le nombre de » ces offices avec un égal préjudice pour les n officiers déjà pourvus et pour FEtat qui res- )> tait grevé du paiement de gros gages. »

Ces principes nous font connaître d'Emery comme un administrateur habile, fort supérieur à ceux qui Pavaient précédé. Il voulait substituer aux vieilles routines, à des expédiens empreints de tous les vices de Tordre social du moyen âge ', un plan de finances en harmonie avec Tétat et les besoins de la société nouvelle. L''édit du tarif établissant aux entrées de Paris un droit payé par tous les consommateurs, sans distinction de rangs et de privilèges, était une grande et belle innovation. Les finances, entrant dans cette voie, suivaient les progrès de la civilisation , et obéissaient à son impulsion. Une seule objection plausible pouvait être opposée à d'Émery : il n"'était pas juste que la ville de Paris payât seule un impôt dont les autres villes demeu-

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